
Vendredi 8 mai 2026, la Loire-Atlantique commémore le 81e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie. Un département particulièrement marqué par les années d’Occupation et par les sacrifices qui ont rendu possible cette victoire.
Saint-Nazaire, les Saint-cyriens de Coëtquidan
À Saint-Nazaire, la cérémonie se déroule à 11 h devant le Monument aux morts, boulevard du Président Wilson. La ville porte une mémoire de guerre singulière : détruite à plus de 85 % par les bombardements alliés, elle a été le dernier territoire français libéré. Le bombardement du 9 novembre 1942 reste gravé dans la mémoire collective nazairienne, où 134 apprentis des Chantiers de l’Atlantique et dix de leurs contremaîtres avaient péri.
La cérémonie est présidée par Éric de Wispelaere, sous-préfet de Saint-Nazaire, en présence d’un piquet d’honneur de l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, d’un détachement de la Préparation Militaire Marine et des marins de l’Escouade de Réserve Côtière Saint-Nazaire/Piriac. Les porte-drapeaux et les autorités arrivent au son du Chant des partisans interprété par les Amis de la Chanson. Les élèves du Pôle Insertion Arrivants du lycée Aristide Briand liront la biographie d’Addi Bâ, le tirailleur guinéen devenu figure de la Résistance. L’ordre du jour n°9 du général de Lattre de Tassigny, daté du 9 mai 1945, sera lu par Michel Vaillant, vice-président de l’Union Nationale des Combattants.
Le sous-préfet donnera ensuite lecture du message d’Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants. La cérémonie se conclut par un dépôt de gerbes, un jet d’une couronne en mer, la sonnerie aux morts, une minute de silence et la Marseillaise. Les autorités repartent au son du Chant des marais.
Châteaubriant, terre de mémoire
À Châteaubriant, la Ville et le Groupement d’associations d’anciens combattants et patriotiques organisent une messe à 10 h en l’église Saint-Nicolas, suivie d’une cérémonie à 11 h au Monument aux morts, sur l’Esplanade des Terrasses, en présence du Conseil Municipal des Jeunes.

À Nantes, la journée commémorative commence à 10 h 45 par un dépôt de gerbes au monument des 50 Otages, cours des 50-Otages, suivi des Tables Mémoriales à 11 h. Le cortège part ensuite de la Mairie, la cérémonie militaire se tenant au cimetière du 11-Novembre à 11 h 15, avant un vin d’honneur à l’espace Adine-Riom à 11 h 45.
Les deux villes portent une mémoire commune et indissociable. Le 22 octobre 1941, en représailles à l’assassinat du lieutenant-colonel Karl Hotz par des résistants communistes deux jours plus tôt, 48 otages furent fusillés le même jour, à la même heure, en trois lieux : 27 détenus du camp de Choisel tombèrent à la carrière de la Sablière de Châteaubriant, dont Guy Môquet, 17 ans, 16 hommes furent exécutés au champ de tir du Bêle à Nantes, et 5 autres au Mont-Valérien à Paris. Ce massacre du 22 octobre 1941 fait de la Loire-Atlantique l’un des hauts lieux de la mémoire résistante en France.
À Ancenis-Saint-Géréon, la commémoration se tient à 10 h à l’esplanade de la Mémoire, quartier Rohan, organisée par la commune et les associations patriotiques locales, l’Union Nationale des Combattants et le Souvenir Français. Ce sera la première cérémonie commémorative pour Charbel Gautier, nouveau président du Souvenir Français cantonal. Les élèves de la classe Défense des lycées Saint-Joseph-Saint-Thomas d’Aquin participeront également à la cérémonie. La population est invitée.
À Carquefou, la commémoration prend une forme différente : la ville propose du 4 au 18 mai une exposition, un spectacle-documentaire et une cérémonie avec véhicules militaires d’époque. Un programme sur deux semaines autour du devoir de mémoire.
Que commémore-t’on le huit mai ?
Le 8 mai 1945, à 23 h 01, le cessez-le-feu entre en vigueur sur tous les fronts européens. L’Allemagne nazie a capitulé sans condition. La Seconde Guerre mondiale, qui aura duré près de six ans et coûté la vie à plus de 70 millions de personnes dans le monde, prend fin sur le théâtre européen.
La capitulation a en réalité été signée deux fois. Une première fois le 7 mai 1945 à Reims, au quartier général du général américain Eisenhower, par le général Alfred Jodl au nom du Reich. Staline, estimant que la reddition devait se tenir sur le sol allemand et en présence des Soviétiques, exige une seconde cérémonie. Elle a lieu le 8 mai à Berlin-Karlshorst, en présence du maréchal Joukov pour l’URSS, du général de Lattre de Tassigny pour la France, du général Spaatz pour les États-Unis et du maréchal Tedder pour le Royaume-Uni. C’est cette seconde signature que la France retient comme date officielle de la victoire. La Russie, elle, commémore le 9 mai.
À 15 heures ce jour-là, le général de Gaulle s’adresse à la nation depuis le ministère de la Guerre. Sa voix résonne à la radio en même temps que les cloches des églises sonnent à toute volée dans tout le pays. Il annonce simplement : la guerre est gagnée.
Le 8 mai n’a pourtant pas toujours été férié. Institué jour chômé en 1953, il est supprimé en 1959 par de Gaulle lui-même, devenu président, soucieux de ne pas entraver la réconciliation franco-allemande. Valéry Giscard d’Estaing le déplace ensuite au deuxième dimanche de mai en 1975. C’est François Mitterrand qui rétablit définitivement le 8 mai comme jour férié par la loi du 23 septembre 1981.
Chaque année depuis, dans toutes les communes de France, les maires, les anciens combattants et souvent des écoliers se réunissent devant les monuments aux morts pour honorer celles et ceux qui ont donné leur vie pour que l’Europe retrouve la paix.




