Abbaretz

Abbaretz : mobilisation massive contre une école intégriste

Entre 700 et 1000 personnes ont manifesté samedi à Abbaretz (Loire-Atlantique) contre l'implantation d'une école sédévacantiste prévue début 2026. Élus, parents et citoyens dénoncent un projet « ultra-réactionnaire » porté par un mouvement catholique traditionaliste qui rejette l'autorité du pape. Une mobilisation qui transcende les clivages politiques et annonce d'autres actions.

Abbaretz : mobilisation massive contre une école intégriste, ce samedi 15  novembre 2025, en matinée.

Entre 700 et 1000 manifestants ont défilé samedi dans cette commune de Loire-Atlantique pour s’opposer à l’implantation d’une école sédévacantiste. Un rassemblement qui dépasse les clivages.

Ils sont venus avec leurs pancartes, leurs tambours, leurs enfants. Samedi 15 novembre, la petite commune d’Abbaretz, 18 kilomètres au sud-ouest de Châteaubriant, s’est transformée en lieu de résistance citoyenne. Entre 700 et 1000 personnes – un chiffre considérable pour ce territoire rural – ont marché contre un projet qui les révulse : l’ouverture prévue début 2026 d’une école hors contrat portée par le mouvement sédévacantiste.

Abbaretz : mobilisation massive contre une école intégriste
Karine Daniel, sénatrice, lors de son intervention.

Sur la place de la mairie, toutes les générations se côtoient. Des élus de la communauté de communes, la sénatrice de Loire-Atlantique Mme Karinre Daniel, des parents d’élèves, des habitants des villages alentours. Le député Jean-Claude Raux, excusé, a fait parvenir son soutien. Sabine Lalande, conseillère régionale, était dans les rangs des manifestants. L’unanimité est rare en politique ; elle s’impose ici naturellement.

Un catholicisme plus radical que le radicalisme

Le projet émane de l’association Montfort d’Abbaretz, fidèle à la doctrine sédévacantiste – cette branche ultra-traditionaliste du catholicisme qui ne reconnaît même plus la légitimité du pape et rejette l’Église officielle depuis Vatican II. Une chapelle, Saint-Étienne, est active dans la commune depuis 2010. Jean-Claude Pons, l’un des porteurs du projet, avait tenté de rassurer lors d’une réunion publique le 10 octobre. Sans succès.

Abbaretz : mobilisation massive contre une école intégriste
Le bluesman, Philippe Ménard venu en voisin, manifester © Emma Peraldi

Car le collectif citoyen qui s’est constitué ne mâche pas ses mots. Il dénonce un projet « ultra-réactionnaire d’un autre âge, empreint d’autoritarisme », des « consignes sexistes à l’égard des femmes », le risque de voir des enfants « formatés » loin des valeurs républicaines. Les opposants invoquent le « principe de précaution » en matière de protection de l’enfance, rappelant les scandales de Betharram, de l’école Saint-Louis à Issé, de Saint-Stanislas à Nantes – « qui ont détruit bien des vies ».

« Ni ici, ni ailleurs »

La mobilisation a dépassé le cadre local. Le collectif, joignable à collectifabbaretz@orange.fr, prépare déjà une nouvelle manifestation pour le 30 novembre, dont la forme reste à définir.

« On va marcher, faire du bruit, rire et peut-être manger ensemble », promettait le tract de mobilisation. Mission accomplie. Mais derrière la convivialité revendiquée, la détermination est intacte. Le mot d’ordre reste : « Ni ici, ni ailleurs. » À Abbaretz, la vigilance citoyenne a trouvé son terrain de lutte.

Visuel de Une : © Sabine Lalande.

Merci à Olivier Clénet du collectif.