
Le verdict est tombé jeudi 4 juin peu après 21 h, à l’issue de plus de cinq heures de délibéré. La cour d’assises de Loire-Atlantique, composée de trois juges professionnels et six jurés populaires, a reconnu Martin Ney coupable de l’enlèvement, de la séquestration et du meurtre de Jonathan Coulom. Le ressortissant allemand de 55 ans, ancien éducateur originaire de Brême, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans et d’une interdiction définitive du territoire français.
Un enfant enlevé en pleine nuit
Jonathan Coulom avait 10 ans lorsqu’il a été enlevé dans la nuit du 6 au 7 avril 2004, alors qu’il participait à une classe de mer dans un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins. Originaire d’Orval, dans le Cher, le garçon était surnommé « Titi », « Jo » ou encore « Cowboy » par ses proches. Son corps, ligoté, déshabillé et lesté d’un parpaing, avait été retrouvé 43 jours plus tard dans un étang situé à une trentaine de kilomètres du lieu de sa disparition, à Guérande.
Un faisceau d’indices face à l’absence d’aveux
Le procès avait débuté le 19 mai. Pendant près de trois semaines, enquêteurs, témoins et experts s’étaient relayés à la barre pour tenter d’éclaircir une affaire hors norme. Jamais l’ADN de Martin Ney n’avait pu être formellement relié aux faits, jamais il n’avait avoué.
L’avocate générale Sophie Husson avait requis la perpétuité en s’appuyant sur un faisceau d’indices : des messages publiés sur des forums pédophiles faisant écho à Jonathan, le témoignage d’un agriculteur ayant repéré un véhicule immatriculé en Allemagne à Guérande à l’époque des faits, les confidences d’un ancien codétenu affirmant avoir recueilli des aveux en 2017, et surtout la « signature criminelle » de l’accusé, déjà condamné en Allemagne à la perpétuité pour le meurtre de trois garçons entre 1992 et 2001.
La défense avait plaidé l’acquittement, rappelant l’absence de preuve matérielle et invitant la cour à ne pas faire de Martin Ney le « coupable idéal ». Les jurés ont tranché à la majorité de sept voix au moins.
« Un combat en sa mémoire qui doit continuer »
À la sortie de l’audience, le beau-père de Jonathan, Stéphane Coulom, a exprimé un soulagement mêlé d’une douleur que rien, selon lui, ne pourra jamais effacer. Soulagé que justice ait enfin été rendue, il a néanmoins rappelé que la disparition de son fils laisse une plaie irréparable, et que la famille entend désormais poursuivre le combat en mémoire de Jonathan.
Le procureur de la République à Nantes, Antoine Leroy, a salué dans un communiqué « une décision qui intervient au terme d’une procédure qui a duré 22 années, que les services d’enquête de la gendarmerie nationale ont portée sans relâche ». Il a également souligné la « très grande qualité des débats », chaque partie ayant tenu son rôle « avec dignité, conviction et respect », ainsi que l’importance de la coopération judiciaire franco-allemande dans l’aboutissement de cette affaire.
Martin Ney dispose de dix jours pour faire appel.




