
Au cinéma cette semaine : le grand écart des fêtes
À l’approche des vacances de Noël, les écrans de Châteaubriant se transforment en terrain de jeu cinéphile XXL. Blockbusters démesurés, cinéma d’auteur exigeant, films familiaux et spectacles vivants filmés cohabitent dans une programmation qui assume pleinement le grand écart. Une semaine dense, pensée pour tous les âges et toutes les envies.
Tout le programme des séances à Émeraude Cinémas du 17 au 23 décembre 2025.
Avatar : le retour du feu sacré
Avec Avatar : De feu et de cendres, James Cameron poursuit son odyssée pandorienne et confirme qu’il reste l’un des derniers architectes du grand cinéma-spectacle. Plus sombre, plus frontal, ce nouvel opus explore les fractures internes du peuple Na’vi à travers l’apparition du redoutable Peuple des cendres. Derrière la débauche technologique – toujours aussi vertigineuse en 3D – Cameron interroge la transmission, la radicalisation et la guerre comme héritage. Trois heures de cinéma total, à la fois expérience sensorielle et manifeste politique.
La Femme de ménage : thriller sous haute tension
Changement radical de registre avec La Femme de ménage, thriller domestique aussi pervers que séduisant. Paul Feig troque la comédie pour un jeu de dupes vénéneux, porté par un trio d’acteurs au sommet. Sydney Sweeney impressionne par sa capacité à naviguer entre candeur et danger latent, tandis qu’Amanda Seyfried cultive une inquiétante ambiguïté. Derrière les murs d’un manoir trop parfait, le film dissèque les rapports de pouvoir et les illusions sociales avec une efficacité redoutable. Une avant-première à ne pas manquer.
Vie privée : Rebecca Zlotowski à l’os
Sélection art & essai de la semaine, Vie privée marque une nouvelle étape dans le cinéma précis et nerveux de Rebecca Zlotowski. Jodie Foster, impériale, incarne une psychiatre dont la certitude devient obsession. Le film avance à pas feutrés, préférant le trouble psychologique à l’esbroufe narrative. Daniel Auteuil et Virginie Efira complètent un casting d’une rare justesse. Un thriller mental élégant, qui refuse les réponses faciles et laisse planer un malaise persistant.
La Fille mal gardée : le classique réinventé
Événement à part, la diffusion en différé du Royal Opera House de Londres offre une respiration bienvenue. La Fille mal gardée, ballet mythique de Frederick Ashton, brille par sa légèreté et son humour intemporel. Francesca Hayward et Marcelino Sambé insufflent une énergie contagieuse à cette histoire d’amour contrariée. Une occasion rare de (re)découvrir un classique dans des conditions de projection idéales, à la croisée du cinéma et du spectacle vivant.

Des films pour petits… et grands
Les plus jeunes ne sont pas oubliés. Bob l’éponge – Un pour tous, tous pirates ! joue la carte de l’aventure déjantée et du rythme effréné, tandis que Heidi et le lynx des montagnes propose un récit plus contemplatif, sensible aux enjeux écologiques et à la relation entre l’enfant et le vivant. Mention spéciale à La petite fanfare de Noël, véritable parenthèse poétique, qui invite les tout-petits à écouter le monde autrement.
Comédie populaire et plaisir coupable
Enfin, Chasse gardée 2 assume son statut de comédie populaire, ancrée dans les tensions très françaises entre tradition et modernité. Didier Bourdon mène la danse avec un sens du timing intact, dans une suite qui privilégie l’efficacité et la connivence avec le public.
Entre superproductions ambitieuses, cinéma d’auteur exigeant et propositions familiales soignées, la semaine ciné à Châteaubriant ressemble à un menu de fêtes bien garni. Une programmation éclectique, généreuse et intelligente, qui rappelle que le cinéma reste avant tout une affaire de partage — surtout à l’approche de Noël.
Visuel de Une : © George Lechaptois.