Bestiaire électrique : Alice Jousset libère ses créatures au Café-sur-Cour, place Daubenton, à Nantes, jusqu’à la fin février
Animal, on est mal, chantait Gérard Manset. Chez Alice Jousset, animal, on est vivant. Terriblement vivant.
Oubliez les gentils Safari de votre enfance et les aquarelles mièvres qu’on accroche dans les chambres d’enfants. Du 5 janvier au 27 février au Café-sur-Cour, la peintre nantaise déploie sa « Ménagerie Fantaisiste » comme on ouvre les cages d’un zoo interdit. Trente tableaux. Trente mondes. Une faune qui ne demande pas la permission d’exister.
Ici, les baleines ne nagent pas dans le bleu Ikea. Les oiseaux n’ont pas peur de crever l’écran de leurs couleurs acides. Les coquillages gardent leurs secrets et les poissons vous fixent droit dans les yeux. C’est beau à vous foutre le vertige, beau comme une nature qui refuse de se laisser domestiquer par nos petits goûts formatés.
Alice Jousset peint comme on respire – à pleins poumons. Ses bestiaires ne décorent pas, ils habitent. Ils grouillent, ils pulsent, ils existent avec une intensité qui rappelle qu’avant d’être jolis, les animaux sont d’abord étranges, fascinants, inquiétants parfois. Magnifiques toujours.
Le lieu fait l’événement
Et pour accueillir cette débauche chromatique, il fallait un écrin à la hauteur. Le Café-sur-Cour, place Louis Daubenton dans le quartier Mellinet, est exactement le genre d’endroit qui comprend que l’art n’a pas besoin de cimaises blanches et de gardiens en costume pour exister. C’est un bistrot, un vrai, avec son comptoir, ses habitués, son âme de lieu vivant. Nicolas, Pauline ou Florence vous y accueillent.

À quelques foulées de la butte Sainte-Anne et de ses ruelles qui grimpent, à deux pas des Machines de l’Île et de leur mécanique onirique, à portée de main de l’hypercentre sans ses néons agressifs – le Café-sur-Cour est planté là comme une évidence. Un point d’ancrage dans Nantes, un de ces repaires où l’on vient autant pour boire un coup que pour vivre quelque chose.
Ici, l’expo ne sera pas un truc qu’on visite en silence respectueux avant de filer. Elle sera là, dans le bruit des tasses, les conversations, la vie qui passe. Les créatures d’Alice Jousset vont cohabiter avec les clients du midi, les rendez-vous du soir, le brouhaha du quotidien. Et c’est exactement comme ça que ça doit se passer.
Deux mois pour affronter ces créatures qui n’ont rien de sage. Deux mois pour se rappeler que l’art, le vrai, celui qui vous secoue, ne se contemple pas poliment un verre à la main. Il vous regarde autant que vous le regardez.
Rendez-vous au Café-sur-Cour. La ménagerie vous attend. Et elle a faim.
« Ménagerie Fantaisiste » – Alice Jousset
5 janvier – 27 février 2026
Café-sur-Cour,
9 place Louis Daubenton. 44100 Nantes, 02.40.73.10.62
Entrée libre.
