Châteaubriant

Bonnard, Pierre et Marthe à Émeraude Cinémas

Bonnard, Pierre et Marthe à Émeraude Cinémas, Châteaubriant.

Pierre Bonnard ne serait pas le peintre que tout le monde connaît sans l’énigmatique Marthe qui occupe à elle seule presque un tiers de son œuvre…

Martin Provost (« Séraphine »), « Bonnard, Pierre et Marthe » nous raconte la vie du peintre Pierre Bonnard…

Avec Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg.

Les horaires des séances à Émeraude Cinémas Châteaubriant.

Bonnard, Pierre et Marthe, naissance du projet

Après Séraphine (2008), Martin Provost a été approché par Pierrette Vernon, la petite nièce de Marthe Bonnard. Elle voulait convaincre le cinéaste de faire un film sur sa grand-tante dont elle sentait qu’on ne mesurait pas assez le rôle fondamental qu’elle avait tenu dans l’œuvre de son mari, Pierre Bonnard : « Marthe en était devenue l’emblème et le fétiche, les représentations de Marthe occupant presque un tiers de son œuvre.

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Financement difficile

Bonnard, Pierre et Marthe est un projet qui a été compliqué à mettre en œuvre, à tous points de vue. Toutefois, Martin Provost pense que ces difficultés ont servi le film : « Tout a bougé, en permanence. J’ai perdu tous mes chefs de postes ou presque, j’ai dû couper 15 pages du scénario en pleine préparation, il a fallu se réinventer tout le temps, aller à l’essentiel. Je crois que cela a contribué à la dimension quasi organique du film, à échapper à la reconstitution historique dans ce qu’elle peut avoir de pesant. »

Travail d’écriture

Martin Provost a pris beaucoup de libertés par rapport au parcours de Pierre et de Marthe, mais tout en respectant une certaine chronologie des événements et la réalité historique : « C’est impossible d’être entièrement fidèle à des événements qui ont été rapportés par d’autres, mais quand je suis dans mes recherches et que je prends mes notes, je laisse toujours libre cours à mon imagination en faisant tout de suite parler mes personnages. C’est par les dialogues que je cerne le mieux mes idées. »

« Le déjeuner avec Misia et son nouveau mari Alfred, les Monet et Vuillard, je l’ai inventé bien entendu, mais tout ce qui y est dit est vrai. Les Monet et les Bonnard aimaient se rendre les uns chez les autres en bateau. Alice aimait bien faire la cuisine. C’était une femme gaie, ce qui se voit sur certaines photos. Misia était une mondaine, elle connaissait tout Paris. C’est dans sa confrontation avec Marthe que j’arrive à exprimer qu’on ne peut pas cantonner celle-ci à un rôle strictement de muse ou d’égérie. »

« Comme il aurait été trompeur et tout aussi réducteur de la réduire à celui de la victime impuissante, dévorée par un génie prédateur, venant en cela rejoindre la longue liste des compagnes d’artistes célèbres, objectivées par un regard masculin dans des sociétés encore foncièrement patriarcales. Un jour, je suis tombé par hasard sur une photo du Salon des Indépendants et j’ai été frappé de voir que dans l’assistance il n’y avait presque pas de femmes », raconte le cinéaste.

Visuels : Carole Bethuel.

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