Châteaubriant : Les Alvéoles du Mémorial remises à neuf

Châteaubriant : Les Alvéoles du Mémorial remises à neuf sous la conduite de deux professionnels. L’Amicale a entrepris de rénover le monument des Fusillés. Ces dernières semaines, l’imposante oeuvre du sculpteur Rohal subissait un toilettage en règle. Un aérogommage à la surface de la pierre lui rendait son éclat. La base du monument est constituée de 183 alvéoles. Chacune renferme un peu de terre d’un lieu de mémoire de la dernière guerre mondiale. Ainsi, les camps, les lieux d’internement sont présents à Châteaubriant, à La Sablière.

Romain Barre fut professeur d’histoire au collège Schumann de Châteaubriant. Il enseigne à présent dans un lycée professionnel à Saumur. Il dirige ce projet pédagogique qui engage des élèves de toute la France. Cette année 2021, ce sont trois classes des Pays de la Loire, d’Île-de-France et de Nouvelle-Aquitaine qui étaient présentes à la commémoration du 80e anniversaire de l’exécution des 27 otages du camp de Choisel.

183 alvéoles à la base du monument

 « On se rend compte de l’état dans lequel était le monument il y a quasiment une dizaine d’années. Il y a des alvéoles qui sont très abimées. Certaines sont cassées, d’autres avec de la végétation qui se reproduit dedans. On s’était dit que ça ne rendait pas service à la mémoire des résistants. Donc, on a voulu y intéresser les nouvelles générations : les jeunes. Alors, on a lancé un projet pédagogique sur lequel on fait intervenir des établissements scolaires de toute la France.

Les élèves retournent sur les lieux qui ont déjà été collectés dans les années 50. Ils refont une collecte de terre, ils documentent leur collecte de terre et tous les ans au moment de la commémoration annuelle du 22 octobre 41,  eh bien on réinsère cette terre là dans le monument.  C’est une restauration qui s’échelonne déjà depuis l’année 2016. Donc on avait commencé en 2015 et le premier versement 2016. On en fait à peu près 10 à 12 par an. Pour l’instant, il y a 183 alvéoles dans le monument, 300 lieux qui sont référencés. On sait donc qu’on en a pour 30 ans. Et dans 30 ans,  il faudra recommencer à restaurer les premières qu’on a relancées là. Donc, c’est un projet qui est pérenne en réalité. Le but étant à chaque fois, d’intéresser les plus jeunes générations.

Auschwitz :  le plus éloigné géographiquement

Pour l’instant le plus loin ça va être Auschwitz*_ 1840 kilomètres de Châteaubriant NDLR_qu’on a fait la première année. C’est le lycée David d’Angers à Angers qui avait collecté la terre d’Auschwitz. On a fait Sachsenhausen aussi, et  Ravensbruck également, des lieux de mémoire qui sont situés à l’international. Cette année il y a un versement international aussi, c’est Milan. On a l’Italie qui participe. Le but étant de montrer que l’on a une résistance qui s’étale sur l’ensemble de la France mais pas que. Parce qu’on a des des camarades qui ont été déportés, qui se sont trouvés dans des camps de concentration, des camps de travail, des camps d’extermination.

L’autre côté de la Méditerranée

Parce qu’effectivement on a encore des lieux de détention ou d’internement qui se retrouvaient en Algérie. On a Oran, Constantine et Alger qui étaient déjà documentés. Mais on n’a pas réussi à faire aller de classe sur le lieu de résistance pour rapatrier de la terre. Nous sommes en discussion cette année avec Grenoble qui est jumelée avec Constantine. On compte sur le jumelage pour obtenir de la terre de Constantine dans le monument.

Par delà le devoir de mémoire,  c’est un projet pédagogique

« Le but c’est qu’on s’insère dans les programmes de l’éducation nationale »  insiste le jeune professeur d’histoire « autour justement du devoir de mémoire ou tout aussi de la thématique des conflits mondiaux donc là la 2nde guerre mondiale. Et ça permet surtout aux élèves de s’approprier ces sujets là de façon un peu plus ludique de ce qu’eux ils ont l’habitude de faire en cours. »

C’est AFTMP, une entreprise basée en zone du Bignon à Erbray, près de Châteaubriant, spécialisée dans le fraisage, qui a réalisé les cerclages. Hélène Charron, scénographe et architecte du patrimoine et Romain Barre supervisent les travaux. Des bénévoles de l’Amicale du Souvenir sont à pied d’œuvre.

*Auschwitz est situé en Petite Pologne. Ce fut un camp de travail forcé et d’extermination dès le 27 avril 1940. Il fut créé par Heinrich Himmler et dirigé par Rudolf Höss.
L’Armée rouge le ferma le 27 janvier 1945. Les détenus étaient Juifs (à 90 %), Bibelforscher (Témoins de Jéhovah) prisonniers de guerre, opposants politiques polonais et soviétiques ou Tziganes résistants. Ce camp est à l’origine de plus de 1,1 million de morts.

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