Nantes

Collège Chantenay à Nantes : SUD éducation dénonce un « danger grave et imminent .»

Faute de moyens suffisants, l'établissement fonctionne en mode dégradé. Les personnels alertent sur une situation devenue intenable.

Collège Chantenay à Nantes : SUD éducation dénonce un « danger grave et imminent ».

L’alerte est lancée. Vendredi 12 décembre au matin, deux membres de la Formation Spécialisée en Santé, Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) ont franchi les grilles du collège Chantenay, dans l’ouest nantais. Leur mission : constater de visu ce qu’ils dénoncent comme un danger grave et imminent pour l’établissement scolaire.

En cause : trois assistants d’éducation en arrêt maladie. Trois absences qui ont suffi à faire basculer le collège dans le rouge. Mardi 9 décembre, impossible d’assurer les conditions de sécurité minimales. L’établissement passe en mode « dégradé », euphémisme pudique pour désigner un fonctionnement au ralenti.

Une rustine en guise de réponse

La réaction du rectorat ne s’est pas fait attendre. En guise de renfort, une assistante d’éducation à mi-temps. Aussitôt, l’administration somme le collège de reprendre un fonctionnement normal. « De la communication plutôt qu’une réelle prise en compte des besoins », tranche le syndicat SUD éducation dans un communiqué au vitriol.

Car derrière l’urgence du moment, c’est tout un système à bout de souffle que révèle l’enquête menée vendredi par les représentants syndicaux. Des salles de permanence trop peu nombreuses, obligeant les élèves à patienter dans la cour. Une infirmerie dont le temps de présence a été réduit à 80 %, reportant la charge sur la vie scolaire quand elle ferme ses portes. Un adjoint supplémentaire annoncé en renfort cette semaine, dont l’essentiel du temps était déjà prévu.

« Obligés de pallier les manques »

Résultat : nombre de personnels se retrouvent à faire le travail des autres, enchaînant les tâches qui ne sont pas les leurs, voyant la surcharge s’accumuler. « Les dysfonctionnements structurels liés à une dotation insuffisante du service de vie scolaire se répercutent sur l’ensemble de l’établissement : personnels, direction, élèves et parents », martèle le syndicat.

Pendant que les militants de SUD éducation passaient la journée de vendredi à enquêter, l’administration, elle, n’a délégué personne. Elle devra se rendre au collège en début de semaine prochaine. Un rendez-vous qui promet d’être tendu. Jeudi 18 décembre, la rectrice recevra les représentants des personnels et des parents.

« Le danger qui pèse sur le collège Chantenay est réel et il ne tient qu’à l’administration d’éviter le drame », prévient SUD éducation. Une mise en garde sans appel : « Les moyens doivent permettre d’assurer l’éducation et la sécurité de toutes et tous ! ». Entre les lignes, la menace d’une dégradation du climat scolaire et des conditions de travail qui mettent en péril la continuité du service public d’éducation, mais aussi la santé et la sécurité des personnels.

À Chantenay comme ailleurs, le compte n’y est pas.