Pornichet

Collision entre une trottinette et une piétonne à Pornichet : deux blessés graves

Un adolescent de 13 ans à trottinette et une femme de 84 ans traversant sur un passage piéton : le choc, vendredi matin à Pornichet, a fait deux blessés graves. Un accident qui illustre avec brutalité les dangers d'un engin dont la mortalité a quadruplé en France en quatre ans, et dont la réglementation reste trop souvent ignorée, y compris sur l'âge légal minimum de conduite.

Collision entre une trottinette et une piétonne à Pornichet : deux blessés graves.

Pornichet (Loire-Atlantique), vendredi 20 mars 2025. Un accident d’une particulière violence s’est produit en matinée dans le centre-ville de Pornichet, mettant en lumière, une fois de plus, les risques que représentent les engins de déplacement personnel motorisés en milieu urbain et piétonnier.

Le déroulé des faits

Peu avant 11 heures, avenue du Général de Gaulle, artère longeant le quartier des halles, parallèle au front de mer, une trottinette a percuté une femme qui traversait sur un passage piéton. Le choc a été d’une telle brutalité que les services de secours l’ont qualifié de forte cinétique.

L’adolescent de 13 ans qui pilotait l’engin et la piétonne, âgée de 84 ans, ont tous deux été pris en charge par les équipes médicales avant d’être transportés au centre hospitalier de Saint-Nazaire, où leur état est considéré comme grave. L’ampleur du dispositif d’intervention témoigne de la gravité de la situation : 12 sapeurs-pompiers et 5 engins ont été engagés, aux côtés du SMUR, de la police municipale et du maire de la commune, présent sur les lieux.

Un accident qui pose une question juridique immédiate : la minorité du conducteur

Le conducteur de la trottinette est âgé de 13 ans. Or, depuis le 1er septembre 2023 et la publication du décret 2023-848, l’âge minimum requis est de 14 ans pour conduire une trottinette électrique sur la voie publique. En circulant sur la voie publique à cet âge, le jeune se trouvait donc en situation d’infraction, ce qui soulève des questions de responsabilité pour ses parents ou tuteurs légaux.

La réglementation française est pourtant claire. Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) doivent respecter les panneaux de signalisation routière, les feux tricolores, et la circulation sur trottoir est strictement interdite sauf autorisation municipale expresse. La vitesse maximale par construction des trottinettes électriques est fixée à 25 km/h sur l’ensemble du territoire français, et une assurance responsabilité civile est obligatoire.

Les sanctions prévues en cas d’infraction sont significatives : une amende de 135 € s’applique pour toute circulation sur une voie interdite, et le défaut d’assurance peut entraîner une amende grimpant jusqu’à 3 750 €.

Des chiffres nationaux alarmants

L’accident de Pornichet n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une tendance nationale préoccupante, documentée par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

En 2023, 42 personnes ont perdu la vie au guidon d’une trottinette électrique, contre 35 en 2022, soit une hausse de 20 %, tandis que le nombre de blessés graves a atteint 640 victimes. Pour mettre ce chiffre en perspective, la mortalité globale sur les routes françaises était, elle, en baisse de 3 % la même année — ce qui rend la surmortalité des utilisateurs d’EDPM encore plus frappante, avec un décès tous les 8 à 9 jours lié à l’usage d’une trottinette électrique.

La trajectoire sur plusieurs années est vertigineuse. La mortalité liée aux trottinettes a quadruplé en quatre ans, passant de 10 décès en 2019 à 42 en 2023. Et en 2025, ce sont 80 personnes qui ont trouvé la mort, soit 35 de plus qu’en 2024,  une progression d’une brutalité inédite selon l’ONISR.

Les blessés graves, eux, ont explosé : on est passé de 158 blessés graves par an en 2019 à 604 en 2022, avec seulement 20 % des victimes portant un casque au moment de l’accident.

La situation des mineurs constitue un signal d’alarme particulier, les décès dans la tranche des 14-17 ans ayant fortement progressé, les adolescents figurant parmi les principaux utilisateurs de trottinettes, souvent sans équipement de protection.

Piétons et personnes âgées, victimes trop souvent oubliées

L’accident de Pornichet met en lumière une réalité trop peu évoquée dans les statistiques : les victimes tierces, et notamment les piétons, paient un lourd tribut à l’essor anarchique de ces engins. Une personne de 84 ans traversant sur un passage protégé ne disposait d’aucune défense face à l’impact.

Les accidents de trottinette représentent en France 20 % des blessés graves de la route, un niveau jamais atteint auparavant par un seul mode de transport urbain. Les traumatismes les plus fréquents incluent fractures, luxations et, dans les chocs à forte cinétique, des traumatismes crâniens pouvant engager le pronostic vital, particulièrement dévastateurs pour les personnes âgées dont la fragilité osseuse est accrue.

Ce que dit la loi, ce que fait la réalité

Malgré un cadre réglementaire renforcé depuis 2019 et régulièrement mis à jour, entre 2019 et 2023, le nombre d’accidents impliquant une trottinette électrique a été multiplié par quatre. Le fossé entre la législation et les comportements réels reste immense : absence de casque, circulation sur les trottoirs, non-respect des feux, usage par des mineurs en dessous de l’âge légal.

Les trottinettes électriques, omniprésentes dans les centres-villes, sont impliquées dans des accidents d’une violence extrême, parfois mortels même à faible vitesse, en raison d’une méconnaissance persistante des règles de circulation.

L’accident de Pornichet, survenu dans un quartier commerçant animé, en pleine journée, à quelques mètres d’un passage piéton, devrait inciter élus locaux, familles et utilisateurs à prendre l

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