
Instauré le 8 avril 2022, le couvre-feu interdit tout décollage et tout atterrissage à Nantes-Atlantique entre minuit et 6 heures du matin. Une interdiction renforcée pour les avions les plus bruyants, exclus du tarmac dès 22 heures.
La première année avait été chaotique : les compagnies aériennes, contraintes de réorganiser leurs programmes, avaient multiplié les écarts. Mais la tendance s’est inversée dès l’automne 2022, pour s’accélérer fin 2023. En 2025, le nombre de vols nocturnes a encore reculé de 30 % par rapport à 2024, et les trois premiers mois de 2026 confirment cette dynamique avec une nouvelle baisse de 30 % sur un an.
En données concrètes : on comptait en moyenne 27,2 vols par semaine entre minuit et 6 heures avant le couvre-feu. Ce chiffre est tombé à 1,4 vol par semaine aujourd’hui.
Un comité de suivi pour ne pas relâcher la pression
La préfecture ne compte pas s’arrêter là. Dans le cadre du Plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) 2025-2029, adopté en août dernier, 54 mesures ont été actées pour réduire les nuisances sonores liées à la plateforme, dont 28 engagements volontaires pris par les compagnies aériennes.
Parmi les dispositifs phares : un comité de suivi des vols de nuit, inspiré des modèles de Paris-Charles de Gaulle et Toulouse-Blagnac. Réuni deux fois en 2025 et une fois en 2026, ce comité analyse les causes des dépassements horaires et travaille à rendre les programmes de vols plus fiables. Une nouvelle session est prévue avant la fin de l’année.
Par ailleurs, une procédure d’atterrissage par le nord baptisée RNAV-AR est en cours de déploiement. Elle vise à mieux gérer les situations météorologiques difficiles, souvent à l’origine des débordements nocturnes.
375 vols sanctionnés, 8,5 millions d’euros d’amendes
Le respect du couvre-feu n’est pas qu’une question de bonne volonté. Depuis 2022, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) a sanctionné 375 vols en infraction, pour un total de 8,5 millions d’euros d’amendes, soit environ 23 000 euros par vol en moyenne.
Les contrevenants s’exposent à des pénalités pouvant atteindre 40 000 euros par manquement, un montant délibérément dissuasif car supérieur au chiffre d’affaires moyen d’un vol commercial. En 2025, le nombre de procès-verbaux émis a encore reculé de 44 %.
Et la suite ?
La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a engagé une étude d’impact socio-économique du couvre-feu, dont les conclusions sont attendues en 2027. Elle mesurera les effets des restrictions nocturnes sur l’activité aéroportuaire et les populations riveraines depuis 2022.
Pour suivre l’avancement du réaménagement de l’aéroport : reamenagement-nantes-atlantique.fr




