
Démantèlement d’un groupe d’agresseurs visant des hommes homosexuels à Nantes. Quatre jeunes hommes ont été interpellés le 27 août 2025 pour une série d’agressions à caractère homophobe commises dans l’agglomération nantaise. Les faits, particulièrement graves, ont donné lieu à des déferrements devant la justice.
Une série d’agressions ciblées
Entre mai et août 2025, trois hommes ont été victimes d’agressions violentes sur des lieux de rencontres homosexuelles dans l’agglomération nantaise :
30 mai 2025 – Parc de Praud à Rezé : Après avoir échangé sur un site de rencontres, un homme se rend sur place pour une éventuelle rencontre. Il est alors agressé par 4 à 5 individus qui le frappent, lui extorquent sa carte bancaire et son code secret. Pendant qu’un retrait d’argent est effectué, la victime est maintenue sur place et ses effets personnels sont dispersés dans le parc.
31 juillet 2025 – Même lieu : Un autre homme, ayant également pris rendez-vous via un site de rencontres, est agressé par 4 individus armés d’un marteau et d’un maillet. Les agresseurs fouillent son véhicule et son téléphone, effectuent un retrait de 500 euros et passent une commande Uber Eats de 182 euros.
7 août 2025 – Même scénario pour une troisième victime, toujours avec les mêmes armes. Le téléphone est dérobé et les affaires dispersées dans le parc.
Un mode opératoire orchestré
Lors de chaque agression, les mis en cause consultent les téléphones des victimes, photographient leurs contacts et filment parfois les victimes, tout en proférant de nombreuses insultes à caractère homophobe.
Le groupe opère selon un schéma bien rodé : contact via les réseaux sociaux avec des hommes cherchant une relation homosexuelle, rendez-vous dans un parc sombre, complices cachés, cagoulés et armés. Certains surveillent les victimes après les avoir frappées, tandis que d’autres partent effectuer les retraits bancaires.
L’enquête et les interpellations
Le groupe « violences aux personnes » du service local de la police judiciaire du commissariat de Nantes a mené l’enquête sur ces trois faits. Grâce à de nombreuses investigations techniques, notamment l’exploitation de vidéos et de données téléphoniques, les enquêteurs ont pu identifier les suspects.
Le 27 août 2025, quatre individus ont été interpellés : trois tout juste majeurs et un mineur de 17 ans. La fouille de leur véhicule a permis de découvrir les armes utilisées (un maillet de charpentier de grande taille et un marteau), ainsi que le téléphone volé à l’une des victimes lors d’une perquisition.
Aveux et autres faits
Bien que minimisant certaines violences, les quatre suspects ont reconnu les faits dans leur globalité. Ils ont également évoqué d’autres agressions dans lesquelles ils sont impliqués, révélant une organisation criminelle bien structurée visant principalement à obtenir de l’argent.
Poursuites judiciaires
Les mis en cause ont été déférés au parquet, qui a saisi un juge d’instruction pour : Extorsions commises avec arme et en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Extorsions avec violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours, commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Escroqueries par usage frauduleux de cartes bancaires.
Des réquisitions de placement en détention provisoire ont été prises
Les investigations se poursuivent sous l’autorité du juge d’instruction, notamment concernant les autres faits avoués par les suspects. Le parquet a également ouvert une enquête parallèle pour mieux comprendre les circonstances des premiers contacts entre victimes et agresseurs.
« Je ne peux que saluer le travail particulièrement efficace des services de la police nationale du commissariat de Nantes, aussi bien dans le cadre des investigations qui ont précédé l’identification des mis en cause, que lors des auditions en garde à vue. L’enquête a permis de mettre un terme à une série de faits particulièrement graves, que la loi pénale française réprime par la peine la plus lourde qui soit, en l’occurrence la réclusion criminelle à perpétuité », a déclaré Antoine Leroy, procureur de la République à Nantes.
Visuel de Une : Alexander Gey.