Nantes

« Démocratie verrouillée » : des militantes s’enchaînent à la préfecture

À Nantes, des activistes d'Extinction Rebellion se sont enchaînées lundi matin aux grilles de la préfecture. En Marianne cadenassée, ils et elles dénoncent une démocratie « verrouillée » face à l'urgence climatique. L'action s'est soldée par plusieurs interpellations.

« Démocraie verrouillée » : Des militantes s’enchaînent à la préfecture de Nantes, Quai Céneray.

À Nantes, des activistes d’Extinction Rebellion ont dénoncé ce lundi 10 novembre 2025, l’inertie politique face aux urgences sociales et climatiques. Une action symbolique qui s’est soldée par une quinzaine d’interpellations.

Marianne enchaînée

Ce lundi matin, 10 novembre 2025, aux alentours de 8 h 15 , la façade de la préfecture de Nantes a servi de décor à une mise en scène assez spectaculaire. Trois militantes d’Extinction Rebellion, drapées dans les couleurs de la République – bonnet phrygien vissé sur la tête, tunique bleue et rouge –, se sont enchaînées aux grilles du bâtiment. Un cadenas autour du cou, comme pour mieux incarner leur message : la démocratie française serait verrouillée, sourde aux revendications populaires sur les questions sociales et environnementales.

« Démocratie verrouillée » : des militantes s'enchaînent à la préfecture

L’action, coordonnée avec trois autres villes – Annecy, Chambéry et Auxerre –, s’inscrit dans le mouvement « Bloquons tout » lancé par le collectif de désobéissance civile. Une vingtaine d’activistes réunis quai Ceneray ont déployé banderoles et slogans dénonçant « le décalage entre ce que souhaite le peuple et l’inaction des plus hautes responsables politiques ».

Face aux Marianne enchaînées réclamant à être entendues, la préfecture a choisi la fermeté. Une cinquantaine de policiers ont été déployés pour mettre fin à l’action. Les trois militantes ont été « désincarcérées » – le terme technique pour cette opération – au moyen d’une cisaille pneumatique. Sous le regard du préfet Fabrice Rigoulet-Roze, présent en personne, elles se sont laissées glisser à terre avant d’être relevées et interpellées.

Sans justification, dénonce Extinction Rebellion, qui exige leur « libération immédiate ».

« Nous préférerions être ailleurs »

Les activistes revendiquent cet acte de désobéissance civile comme un ultime recours. « Nous sommes de simples citoyens, et nous préférerions être ailleurs ». Pétitions, manifestations, actions de sensibilisation : tout aurait été tenté sans résultat.

Le collectif pointe un « gouvernement qui multiplie les reculs environnementaux malgré les alertes unanimes » de la communauté scientifique internationale et de la Cour des Comptes, qui affirmait en septembre dernier que « le coût de l’inaction est supérieur à celui de la transition ».

Extinction Rebellion Préfecture Nantes

Les militants s’appuient sur un paradoxe : 89% des Français se déclarent inquiets face au changement climatique, selon un récent sondage Ipsos. « Ce décalage entre ce que souhaite le peuple et l’inaction des plus hautes responsables politiques est le signe incontestable que notre démocratie est aujourd’hui verrouillée », martèlent-ils.

Leurs revendications ? L’arrêt des projets « écocidaires » comme l’A69 ou, localement, le champ de Manœuvres et Doulon Gohards à Nantes. Mais aussi des mesures de justice sociale : taxation des plus fortunés, remise à plat des 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises versées « sans contrôle ». Et surtout, la création d’assemblées citoyennes « réellement décisionnaires ».

« Nos dirigeants ont littéralement les clés de nos chaînes », concluent les activistes. Les clés des cadenas, ils les ont d’ailleurs envoyées au préfet. Un geste symbolique pour une démocratie qu’ils estiment, eux, définitivement cadenassée.