
Le vendredi 10 avril 2026, une lycéenne de 15 ans était grièvement poignardée par un camarade de classe dans une cage d’escalier du lycée Joubert-Maillard d’Ancenis-Saint-Géréon. Son agresseur, lui aussi âgé de 15 ans, avait pourtant déjà alerté les services : en mars dernier, sa mère avait signalé sa fugue accompagnée d’intentions suicidaires et demandé son hospitalisation psychiatrique. Une détresse qui n’avait pas trouvé de réponse suffisante.
Jean-Claude Raux, député de la 6ème circonscription de Loire-Atlantique, a été enseignant d’anglais à Redon et ancien maire de Saffré, s’est rendu sur place le jour même.
Dans une Tribune Libre, le député refuse d’en rester aux condoléances et nomme ce que ce drame révèle : l’effondrement silencieux de la santé mentale des jeunes, faute de moyens.
« Ce drame douloureux ne peut pas nous laisser sans réaction, un an après que Lorène a été mortellement poignardée à Nantes. Il nous oblige à regarder en face une réalité que nous connaissons mais que nous tardons trop souvent à traiter : la crise profonde de la santé mentale des jeunes, et le manque criant de moyens alloués à la prévention. En France, les chiffres sont accablants : un médecin scolaire pour 13 000 élèves. Un psychologue pour 1 500. Un infirmier pour 1 300. »
En Loire-Atlantique, le tableau n’est pas moins alarmant. « La pédopsychiatrie reste largement sous-dotée : on ne compte que 14 autres lits de pédopsychiatrie, alors qu’il en faudrait au moins quatre fois plus. Les délais d’attente dans les Centres Médico-Psychologiques (CMP) s’étendent de 6 mois à 2 ans. Deux ans pendant lesquels l’état psychologique d’un enfant, d’un adolescent, peut basculer. »
Face à l’urgence, le député appelle à une mobilisation immédiate : « La violence dans nos établissements scolaires n’est pas un phénomène isolé. Elle est souvent le signe d’une détresse non détectée, non accompagnée, non traitée. Chaque drame doit être un signal d’alarme. Il est temps d’y répondre à la hauteur de l’urgence. »




