Loire-Atlantique

Eau potable : des agriculteurs de Loire-Atlantique soutiennent l’interdiction des pesticides

La proposition de loi sur la protection des points de captage passe jeudi 12 février devant les députés.

Eau potable : les agriculteurs de Loire-Atlantique soutiennent l’interdiction des pesticides, sous condition.

La Confédération paysanne FDSEA-TP de Loire-Atlantique a pris position een faveur de la proposition de loi visant à protéger l’eau potable, qui sera débattue le 12 février 2026 à l’Assemblée nationale. Le syndicat agricole réclame toutefois des compensations financières à la hauteur des contraintes imposées aux agriculteurs.

Dans un communiqué, la Confédération paysanne FDSEA-TP de Loire-Atlantique a exprimé son soutien à la proposition de loi pour protéger l’eau potable. Ce texte, qui sera examiné à l’Assemblée nationale jeudi 12 février, prévoit l’instauration d’un plan d’action pluriannuel avant l’interdiction, dès 2030, de l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse et d’engrais azotés minéraux sur les périmètres des aires d’alimentation de captage d’eau potable.

Une reconnaissance des dangers pour la santé

Le syndicat agricole reconnaît sans ambiguïté les risques sanitaires liés à la pollution de l’eau potable par les produits phytosanitaires. Conformément au consensus scientifique , précise le communiqué, la Confédération paysanne FDSEA-TP reconnait évidemment la dangerosité pour la santé humaine de la pollution de l’eau potable par ces produits .

Le syndicat estime que cette transition est techniquement réalisable. Considérant que les aires d’alimentation de captage représentent une part minime de la surface agricole et qu’il n’y a pas de freins techniques majeurs à cette interdiction, comme le démontre depuis des décennies les agriculteurs biologiques , affirme-t-il, avant de conclure que l’agriculture peut et doit réaliser cet effort au service de l’intérêt général .

Des compensations réclamées

Toutefois, la Confédération paysanne pose ses conditions. Le syndicat souligne que ces changements de pratiques auront un coût pour les exploitants concernés. Les changements de pratiques, voire de systèmes d’exploitation, peuvent entrainer une augmentation de charges, parfois de l’investissement, un surcroit de travail et une hausse de la charge mentale pour les agriculteurs concernés , explique le communiqué.

Pour le syndicat, ces contraintes doivent être compensées financièrement. Ils doivent être compensés à la hauteur des contraintes engendrées et dans la durée , insiste le texte.

Le financement des MAEC en question

Au-delà de cette proposition de loi ciblée, la Confédération paysanne FDSEA-TP pointe un problème plus large : le sous-financement des Mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC)*. Selon le syndicat, de nombreux agriculteurs du département souhaitant s’engager volontairement dans la réduction des intrants n’ont pas pu le faire faute de crédit suffisant .

Le communiqué met en perspective le coût de la dépollution de l’eau, qui oscille dès aujourd’hui autour du milliard d’euro et pourrait rapidement dépasser les 5 milliards d’euros** , selon une étude du Cercle Français de l’Eau publiée en novembre 2024.

Face à ces chiffres, l’organisation demande de mettre en regard ces sommes avec celles manquantes pour assurer le financement des MAEC pour tous ceux qui en font la demande, et encourager partout sur le territoire les démarches volontaires .

Un enjeu de santé publique

Cette prise de position intervient alors que la qualité de l’eau potable est devenue un enjeu majeur de santé publique. Si le syndicat soutient l’interdiction sur les aires d’alimentation de captage, il rappelle que cette mesure doit s’inscrire dans une politique plus globale d’accompagnement des agriculteurs vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, à condition d’y consacrer les moyens financiers nécessaires.

*MAEC : Mesures agroenvironnementales et Climatiques
** « Panorama du financement global de la politique de l’eau en France métropolitaine », Le Cercle Français de l’Eau, avec l’appui du ministère de la Transition écologique et en partenariat avec AMORCE, l’ANEB et Intercommunalités de France, novembre 2024.

Visuel de Une : CC- Valentin Petko.