Justice

Gros coup de pompe judiciaire pour un jeune Nantais surpris en plein « débat sexuel » par les policiers

[Chambre de l'instruction] La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes a confirmé, ce vendredi 12 janvier 2024, la révocation du placement sous bracelet électronique d'un jeune du quartier Bellevue qui avait été retrouvé en plein "ébat sexuel" dans une voiture à Nantes (Loire-Atlantique) alors qu'il avait pourtant interdiction de revenir dans la ville.

Gros coup de pompe judiciaire pour un jeune Nantais surpris en plein « débat sexuel » par les policiers.

Rennes, vendredi 12 janvier 2024 – La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a confirmé, ce vendredi 12 janvier 2024, la révocation du placement sous bracelet électronique d’un jeune du quartier Bellevue qui avait été retrouvé en plein « ébat sexuel » dans une voiture à Nantes (Loire-Atlantique) alors qu’il avait pourtant interdiction de revenir dans la ville.

Souleyman XXX, 22 ans, est en fait mis en examen dans une affaire d’agression « particulièrement violente » survenue dans la nuit du 29 au 30 décembre 2020, selon la justice. Une famille avait été réveillée en pleine nuit par des « bruits » à l’intérieur de leur appartement : quatre hommes avaient pénétré dans les lieux pour « obtenir la clé d’un coffre-fort ». Leur principale victime avait été laissée dans un état gravissime : ce jeune homme avait été placé dans un coma artificiel pendant deux mois et s’est vu prescrire six mois d’interruption totale de travail (ITT).

Souleyman XXX fait donc partie des mis en cause de ce dossier, mais le juge des libertés et de la détention (JLD) lui avait accordé sa confiance, en juin 2023, en le plaçant sous simple bracelet électronique chez une proche, à Saint-Nazaire, plutôt que de l’incarcérer.

Mais après « plusieurs incidents » liés au non-respect des horaires, sa logeuse lui avait fait savoir qu’elle n’était plus d’accord pour qu’il continue à vivre chez elle. Le jeune avait dans un premier temps tenté de prévenir le juge d’instruction, mais avait fini par « paniquer » et « couper la sangle » de son bracelet le 2 décembre 2023…. Il était considéré à partir de ce moment en « évasion », évasion qui n’aura toutefois pas duré longtemps.

Les policiers passaient « inopinément » par là

Alors qu’il avait interdiction formelle de paraître à Nantes, il avait en effet été découvert par les policiers passant « inopinément » près d’une voiture : une jeune femme était en train de lui faire une fellation. Des stupéfiants avaient aussi été découverts dans le véhicule.

Réincarcéré dans la foulée, Souleyman XXX était donc convoqué ce jeudi 11 janvier 2024 devant la chambre de l’instruction pour être remis en liberté à Saint-Étienne (Loire), sous les yeux de sa compagne officielle, présente lors de l’audience publique à la cour d’appel de Rennes.

Arrivé tout sourire dans le box à la vue de sa petite amie, le jeune homme s’était ainsi d’emblée fait reprendre par les magistrats. Mais ladite « petite amie » n’était toutefois pas au courant des détails du dossier, manifestement : elle a découvert les conditions rocambolesques de l’interpellation de son compagnon lors du résumé de l’affaire par le magistrat, qui avait sobrement fait état de « l’ébat sexuel » interrompu.

« A aucun moment j’étais dans un débat sexuel [sic] : j’étais juste avec une personne de sexe féminin », a donc tenté de corriger le jeune homme. Les magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel lui ont alors proposé « la lecture du procès-verbal » qui avait été rédigé par les policiers – et donc le détail de l’adultère, au vu de la réaction de sa compagne officielle – mais il ne l’a finalement pas jugée nécessaire…

« Il a l’air de profiter de la vie »

Sur le fond du dossier, l’avocat de Souleyman XXX a fait état du « traumatisme » infligé par la justice à ce jeune Nantais, dont les deux frères aînés sont tout aussi connus de l’institution : son aîné Ossama est mis en examen dans l’affaire de la fusillade du bar à chicha de la rue du Maréchal-Joffre, Le Moonlight, survenue à Nantes en 2019. Il avait d’ailleurs lui-même cassé son bracelet électronique il y a quelques mois.

Leur mère a entre-temps déménagé à Saint-Étienne (Loire), où Souleyman XXX souhaitait donc s’installer, loin de « l’environnement familial » de ses aînés.

« Quand il est sorti de prison après deux ans, il passait son permis, travaillait en intérim », a rappelé Me Sami Khankan pour souligner les efforts de ce « gamin de 19 ans » qui s’est retrouvé « trente mois en prison », « traumatisé » d’avoir été « réincarcéré » pour des faits antérieurs, trois jours après une première remise en liberté.

Mais « des solutions légales, il en existe toujours », lui a rétorqué l’avocate générale, inquiète de voir Souleyman XXX « de nouveau en fuite ». De plus, « il est pris en flagrant délit de relation sexuelle dans une voiture, avec sa compagne ou une autre, il a l’air de profiter de la vie ! », avait-elle grincé pour réclamer la confirmation de sa réincarcération. La chambre de l’instruction s’est rangée à son avis./CB (PressPepper). Visuel de Une : Jean-Pierre Dalbéra.

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