Nantes

Julien Bainvel tire sa révérence : après 18 ans au conseil municipal de Nantes

Le conseiller municipal et métropolitain ne repart pas au combat après mars 2026. Il reste conseiller régional.

Julien Bainvel tire sa révérence : après 18 ans au conseil municipal de Nantes, l’élu annonce son retrait. Après trois mandats consacrés à la défense des Nantais, Julien Bainvel a annoncé qu’il ne sera plus conseiller municipal après le 22 mars 2026. Une décision mûrement réfléchie qui met fin à une carrière politique municipale marquée par l’exigence et le travail de terrain.

La fin d’un engagement de près de deux décennies

À 45 ans, Julien Bainvel tourne une page importante de sa vie politique. Conseiller municipal depuis 2008, il a consacré 18 années de ses week-ends à défendre les intérêts des Nantais. Membre du groupe « Mieux Vivre à Nantes », cet élu d’opposition s’est particulièrement investi dans les questions de finances, de mobilités et dans le quartier Breil-Barberie. Également conseiller régional des Pays de la Loire depuis 2021, où il est en charge des mobilités régionales en Loire-Atlantique, il a multiplié les casquettes au service du collectif.

L’échec de la primaire, tournant d’une ambition

Le parcours vers cette décision de retrait trouve ses racines dans les événements de l’année 2025. En avril, adoubé par la sénatrice Laurence Garnier qui avait renoncé à se présenter, Julien Bainvel avait officialisé sa candidature aux élections municipales de 2026. Son projet était clair : rassembler la droite et le centre dans une union dès le premier tour pour « réenchanter Nantes » et « mettre un terme au déclassement de la ville ».

Cependant, face à la candidature dissidente de Foulques Chombart de Lauwe, déclarée dès octobre 2023, une primaire LR a été organisée en août 2025. Julien Bainvel, qui s’opposait à cette primaire et prônait le dialogue et la concertation, a été battu avec 38% des voix contre 62% pour son adversaire. Un revers qui a marqué un tournant dans son engagement politique municipal.

Une proposition d’union jugée inacceptable

Dans sa lettre d’annonce, Julien Bainvel explique que la proposition d’union qui a été faite après la primaire ne lui permettait pas de mettre ses compétences et son expérience au service du collectif. En effet, l’alliance finalement scellée en novembre 2025 entre Foulques Chombart de Lauwe et Sarah El Haïry, ancienne ministre et vice-présidente du Modem, a profondément divisé l’opposition nantaise.

Cette union a notamment provoqué le départ de certains macronistes, comme Mounir Belhamiti, qui a démissionné de son poste de président de Renaissance en Loire-Atlantique et a déclaré sa propre candidature en janvier 2026. Julien Bainvel, lui, a choisi une autre voie : celle du retrait, sans faire de commentaires sur la campagne en cours.

« À 45 ans, je veux choisir avec qui je travaille »

Dans son communiqué, l’élu sortant revendique son droit de choisir ses partenaires politiques. Fort d’une ligne claire défendue pendant 18 ans – celle du travail sérieux, de l’exigence, de la vérification des faits et de l’honnêteté intellectuelle – il affirme détester « l’outrance, le mensonge et le sectarisme ». Des valeurs qui semblent avoir guidé sa décision de ne pas rejoindre une alliance qu’il ne jugeait pas conforme à ses convictions.

L’élu se dit avoir toujours imposé « la pédagogie » dans ses désaccords, formulant des propositions alternatives crédibles et saluant les décisions de la majorité qui allaient dans le bon sens. Un sérieux qui lui a été unanimement reconnu, même par ses adversaires politiques.

Un engagement politique qui continue autrement

Si Julien Bainvel quitte le conseil municipal de Nantes, il ne se retire pas pour autant de la vie politique. Son engagement se poursuit avec force au Conseil régional des Pays de la Loire, où il porte des projets essentiels pour l’avenir des transports : aéroport, infrastructures, TER. C’est dans ce contexte plus large qu’il entend désormais défendre « des solutions utiles et concrètes qui améliorent la vie quotidienne des citoyens ».

« Mon engagement local prendra d’autres formes, comme le font des milliers de Nantais », précise-t-il dans sa lettre. Un message qui témoigne d’une volonté de rester actif dans la vie locale, mais autrement.

Un bilan revendiqué et des vœux pour l’avenir de Nantes

Au terme de ses trois mandats, Julien Bainvel affirme quitter ses fonctions municipales « avec le sentiment du devoir accompli ». Il a rencontré avec passion des centaines de Nantais, fait de son mieux pour répondre aux sollicitations, aider à dénouer des situations et trouver des solutions aux problèmes des concitoyens.

Son vœu pour la ville qu’il a servie pendant près de deux décennies est simple mais ambitieux : « Je souhaite à Nantes de retrouver son image, sa réputation et son attractivité. Je forme le vœu que la prochaine majorité saura, loin des accords d’appareils et des logiques partisanes, offrir aux Nantais une ville sûre, accessible, solidaire et entreprenante. Car Nantes mérite qu’on se batte pour elle. »

Réactions et perspectives

Cette annonce intervient à moins de deux mois du premier tour des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars 2026. Elle illustre les tensions qui traversent l’opposition de droite et du centre à Nantes, partagée entre plusieurs lignes et plusieurs candidatures.
Huit listes sont actuellement en lice pour ces municipales. La maire socialiste sortante Johanna Rolland, en quête d’un troisième mandat, fait face à une opposition fragmentée : la liste d’union LR-Modem-Renaissance-Horizons menée par Foulques Chombart de Lauwe et Sarah El Haïry, une liste dissidente macroniste conduite par Mounir Belhamiti, ainsi qu’une liste du Rassemblement national.

La réaction de Mounir Belhamiti

Le retrait de Julien Bainvel, figure respectée de l’opposition nantaise, prive le camp de la droite et du centre d’une voix modérée et expérimentée. Il témoigne également des difficultés à construire une union solide et durable face à une gauche qui, elle, se présente rassemblée autour de Johanna Rolland.

Julien Bainvel conclut sa lettre par ces mots : « Je remercie toutes celles et ceux qui m’ont soutenu, accompagné et encouragé. J’aurai grand plaisir à les retrouver dans d’autres instances et pour d’autres combats. À très bientôt ! »