
La Grigonnais : l’après-midi d’un Foehn, Vendredi 27 mars 2026, à 19 h.
Il suffit d’un souffle. Il y a des spectacles qui vous demandent de vous assoir. Celui-ci vous demande de vous taire — et même, à demi-mot, de vous oublier. Henri Calet disait : » La Vie, ce souffle d’une seul syllabe « .
À La Grigonnais, dans la salle Mil’Lieu, le vendredi 27 mars à dix-neuf heures, Phia Ménard va vous montrer ce que fait le vent à un sac plastique. Et ce que vous allez ressentir, vous ne saurez pas tout à fait comment le nommer après.
Revenons à 2008. Phia Ménard lance un cycle qu’elle appelle Les Pièces du vent — un projet démesurément simple dans son titre, démesurément ambitieux dans ce qu’il prétend toucher. Elle s’interroge sur ce que nous ressentons devant les éléments : ce mélange ancien de peur, de fascination, d’humilité. Et elle décide de ne pas en parler. Elle préfère le montrer.
L’après-midi d’un foehn, Version 1 naît de cette volonté. Une turbine. Des sacs plastiques. Debussy.
C’est tout. C’est vraiment tout
Et pourtant.
Sur la musique de L’après-midi d’un faune — cette œuvre qui a mis Nijinsky en scandale en 1912 parce qu’elle montrait un corps nu en train de rêver — Phia Ménard, elle, montre des corps sans corps. Des formes sans chair, sans regard, sans intentionnalité aucune. Des nymphes qui ne savent pas qu’elles dansent.
Le dispositif est à 360 degrés : le public est entouré. Petits, grands, enfants à partir de cinq ans. Tous regardent la même chose : de l’air qui prend forme.
Il y a quelque chose de troublant là-dedans. Pas de peur. Plutôt cette sensation qu’on a parfois dans un rêve — que les objets les plus banaux suddenly se comportent comme s’ils avaient une vie intérieure. Que le plastique, cette matière que nous jetions ce matin sans y penser, puisse devenir, sous un bon angle, une chose presque sacrée.
C’est le don de Phia Ménard : elle ne vous invite pas à admirer un numéro. Elle vous invite à regarder autrement. À vous rendre compte que l’émerveillement n’est pas réservé aux choses extraordinaires. Il suffit parfois d’un souffle, d’une turbine, d’un bon angle.
Sans paroles. Sans scène. Sans filet.
Juste le vent, la musique, et votre propre attention.
La Grigonnais : l’après-midi d’un Foehn
Salle Mil’Lieu, rue de la Scierie,
Vendredi 27 mars 2026, à 19 h
Tarifs : 8 € (plein) — 5 € (réduit)
À partir de : 5 ans
Réservation : en ligne ou billetterie sur place.