Société

La loi de séparation des Églises et de l’État souffle ses 120 bougies

Aujourd’hui, les Radicaux de Gauche (PRG) de Loire-Atlantique rappellent que nous vivons dans un pays laïc.

La loi de séparation des Églises et de l’État souffle ses 120 bougies. Un texte fondateur, un combat toujours d’actualité.

À l’heure où les tensions communautaires et les replis identitaires menacent le pacte républicain, la loi de 1905, portée par Aristide Briand, ce Nantais et Nazairien de cœur, rappelle une évidence : la laïcité n’est pas une opinion, mais le ciment de notre vivre-ensemble.

Briand, l’artisan d’une loi libérale

« Il a défriché un champ plein d’épines. » La formule est de Jaurès, mais elle résume à elle seule le travail titanesque d’Aristide Briand, rapporteur de la loi. Deux ans de débats, 48 séances houleuses à l’Assemblée, des oppositions farouches de tous bords. Pourtant, Briand, habile et patient, a su imposer une loi qui, selon ses propres mots, « aura généreusement accordé tout ce que raisonnablement pouvaient réclamer les consciences : la justice et la liberté. »

L’article 1er de la loi est sans ambiguïté : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Un texte de liberté, donc, qui ne cherche ni à écraser ni à privilégier, mais à garantir à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, sans que l’État ne s’en mêle.

La laïcité, socle de la République

120 ans plus tard, la laïcité reste la clef de voûte de l’édifice républicain. Elle n’est pas une opinion parmi d’autres, mais le principe politique qui permet à la société civile de s’épanouir dans sa diversité, tout en assurant la neutralité des services publics. Elle est le garant des libertés individuelles, de l’égalité des droits, et surtout, de l’unité nationale.

À Nantes comme à Saint-Nazaire, la laïcité est inscrite dans l’ADN local. Waldeck Rousseau, Henri Gautier, Gabriel Guist’hau, François Blancho… Toute une lignée de républicains a fait de ce principe une boussole pour l’action publique. Aujourd’hui encore, les Radicaux de Gauche (PRG) se revendiquent de cet héritage, veillant à ce que la laïcité ne soit pas vidée de son sens, ni instrumentalisée.

Un combat toujours d’actualité

Pourtant, la laïcité est régulièrement malmenée. Certains la brandissent comme un étendard contre les religions, d’autres cherchent à la contourner au nom du communautarisme. Mais la loi de 1905, elle, ne transige pas : elle protège la liberté de conscience, elle interdit à l’État de financer les cultes, elle assure la neutralité des espaces publics.

En Loire-Atlantique, comme ailleurs, la laïcité se vit au quotidien : dans les écoles, les hôpitaux, les mairies. Elle permet à chacun, quelles que soient ses convictions, de se sentir citoyen à part entière. Elle est notre bien commun, notre contrat social, notre rempart contre les divisions.

La laïcité, une idée neuve en 2025 ?

À l’heure des fractures sociales et des replis identitaires, la loi de 1905 sonne comme un rappel à l’ordre : la République ne se divise pas, elle rassemble. La laïcité n’est pas une arme, mais un pont. Elle ne nie pas les différences, elle les dépasse.

Alors, oui, célébrons ces 120 ans. Mais surtout, défendons-la. Car la laïcité n’est pas un acquis, c’est un combat permanent. Un combat pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité. Un combat pour la République.

Visuel : Gerlier et Stablo. « L’enlèvement des crucifix dans les écoles de la Ville de Paris ». Paris, musée Carnavalet.