La Semaine du Film Palestinien en Loire-Atlantique du 28 janvier au 8 février 2026.
Les salles obscures du Départements accueillent la neuvième édition de la Semaine du Film Palestinien, un événement culturel majeur qui rassemble 24 cinémas du département autour d’une programmation riche et engagée.
Un festival itinérant à travers tout le département
Cette année encore, la Semaine du Film Palestinien rayonne dans l’ensemble de la Loire-Atlantique, de Nantes à Pornic, de Châteaubriant à Saint-Brévin-les-Pins. Vingt-quatre salles de cinéma participent à cette édition, permettant au public de découvrir une sélection de films documentaires et de fictions qui témoignent de la réalité palestinienne contemporaine. Parmi les lieux participants figurent le Concorde et le Cinématographe à Nantes, le cinéma Lutétia à Saint-Herblain, Émeraude Cinémas à Châteaubriant, ou encore les Ciné Toiles de Retz à Pornic.
Une programmation exigeante et diversifiée
Le festival propose dix-sept films qui explorent différentes facettes de la Palestine, entre mémoire historique et urgence du présent. La programmation mêle documentaires engagés, fictions bouleversantes et courts-métrages sensibles, offrant une palette narrative variée qui va du récit intime à la fresque historique.
Parmi les temps forts de cette édition, plusieurs films bénéficieront de la présence de leurs réalisateurs. Le documentaire « Avant il n’y avait Rien » du cinéaste suisse d’origine palestinienne Yvann Yagchi sera présenté à quatre reprises en présence du réalisateur, notamment lors de la séance d’ouverture au Concorde à Nantes le 28 janvier. Ce film suit le parcours personnel du cinéaste qui se rend en Cisjordanie après qu’un ami d’enfance s’installe dans une colonie israélienne, l’amenant à interroger ses propres racines.
La séance de clôture, prévue le 8 février à 15 h au Capellia de La Chapelle-sur-Erdre, accueillera le réalisateur Iyad Alasttal pour la présentation de « Pour l’Honneur de Gaza », documentaire poignant sur la vie dans l’enclave depuis octobre 2023. Cette projection sera suivie d’un concert de Radio Gaza, moment musical qui promet d’être fort en émotions.
L’historienne de la Palestine Sandrine Mansour interviendra également à trois reprises pour enrichir les débats, notamment lors des projections de « La Terre Parle Arabe » au CinéCens d’Orvault le 4 février, au Saint-Paul de Rezé le 6 février, et pour « À la Rencontre d’un Pays Perdu » au Cinématographe de Nantes le 5 février.
Des œuvres qui témoignent d’une réalité complexe
La sélection 2026 accorde une place importante aux créations récentes. « La Voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania revient sur le drame vécu par une fillette de six ans piégée sous les tirs à Gaza en janvier 2024, transformant cet événement tragique en docu-fiction. « Put your Soul on your Hand and Walk » de Sepideh Farsi retrace les échanges entre la réalisatrice et Fatma Hassona, jeune photojournaliste de Gaza assassinée en avril 2025, offrant un témoignage bouleversant sur le travail des reporters dans la bande de Gaza.

Le festival propose également des fictions qui explorent la vie quotidienne palestinienne sous différents angles. « Once Upon a Time in Gaza » des frères Tarzan et Arab Nasser plonge dans le Gaza de 2007 à travers l’histoire d’un jeune étudiant rêveur et d’un dealer charismatique. « Chroniques d’Haïfa » de Scandar Copti explore les tensions au sein d’une famille palestinienne de Haïfa, entre conflits générationnels et tabous sociaux. « Vers un Pays Inconnu » de Mahdi Fleifel suit deux cousins palestiniens réfugiés à Athènes qui multiplient les combines pour obtenir de faux passeports.
D’autres œuvres remontent le fil de la mémoire palestinienne. « La Terre Parle Arabe » de Maryse Gargour éclaire les origines du mouvement sioniste et l’expulsion violente des Palestiniens. « Réminiscences » de Rashid Masharawi fait resurgir Jaffa d’avant 1948 à travers sources orales et archives. « From Ground Zero », également de Masharawi, rassemble vingt-deux courts-métrages réalisés depuis le début de la guerre actuelle, offrant une mosaïque de regards palestiniens sur la tragédie en cours.
Un événement soutenu par de nombreux partenaires
Cette neuvième édition bénéficie du soutien de l’Association Bouguenais Jumelage Coopération, des Amis d’Abu Dis Solidarité Palestine de Rezé, et du CCFD-Terre Solidaire 44, avec l’appui de la Plateforme 44 des ONG pour la Palestine. Toutes les séances sont suivies d’échanges avec le public, permettant d’approfondir les réflexions suscitées par les films.
Le festival s’inscrit dans une démarche de sensibilisation et de transmission, offrant au public ligérien l’opportunité de découvrir le cinéma palestinien dans toute sa diversité, entre urgence du témoignage et force de la création artistique. Comme le proclame le slogan du festival : « Filmer c’est résister! »
Informations pratiques : Retrouvez la programmation complète sur la page Facebook AFPS44. Les tarifs varient selon les cinémas participants.
Visuel de Une : « Avant, il n’y avait rien ».
