La ville de Nantes très remontée contre les « dark stores »

La ville de Nantes très remontée contre les « dark stores ». Élus et commerçants n’apprécient pas leur implantation au cœur de la cité. Ils le font savoir haut et fort en interpellant le Gouvernement, en pleine préparation d’une loi.

Ces magasins, qui n’en sont pas

Des lieux de stockage éphémère où viennent se ravitailler des coursiers uberisés, travaillant pour de nouvelles plateformes qui vous promettent de vous livrer en deux clics et en moins de 15 minutes. Ces magasins ou cuisines travaillent uniquement en ligne et n’utilisent un local que pour la livraison du dernier kilomètre.

Cette nouvelle forme de commerce tente de s’imposer en centre-ville où la densité de population est la plus forte.

Après Lyon, Paris et Toulouse, ces plateformes tentent d’envahir la cité des Ducs. Commerçants et élus ne comptent pas se laisser imposer ce mode de commerce déshumanisé.

Pour Gildas Salaün, adjoint à la maire de Nantes, en charge du commerce et de la ville la nuit :

« Les dark stores et dark kitchens vont totalement à l’encontre de notre soutien à l’économie de proximité et des actions que nous mettons en place, au quotidien et sur le terrain, avec nos partenaires acteurs économiques. À l’inverse de ce que propose aujourd’hui le Gouvernement, il doit renforcer les leviers juridiques permettant à la Ville de Nantes comme à toutes les villes de France de réglementer ces activités. »

Les élus nantais et les associations de commerçants sont inquiets. Ils interpellent le Gouvernement qui compte déréglementer. Le Gouvernement prépare plusieurs textes visant à modifier le contexte réglementaire relatif à
l’implantation des dark stores et dark kitchens. Les élus nantais et leurs partenaires commerciaux demandent des gardes-fous.

Le quick commerce, une concurrence déloyale

Ces textes gouvernementaux, s’ils étaient adoptés, permettraient aux dark stores et dark kitchens de s’affranchir plus facilement des contraintes légales (urbanisme, espace public, commerce) dès lors qu’ils disposeraient d’une surface de vente, aussi réduite soit-elle. Cela aurait pour conséquence de simplifier l’implantation et le développement à Nantes de ce nouveau type de pratiques.

En termes environnementaux, économiques, comme en termes d’emploi (conditions de travail et précarisation des livreurs), ou de qualité de vie, chacune, chacun est défavorisé.

Pour Laurence Quiblier, vice-présidente du Club immobilier Nantes Atlantique (CINA) en charge du commerce :

« L’implantation d’entrepôts sans vitrines et sans clients, prenant ainsi la place des boutiques, en plein cœur d’un centre-ville ou d’un quartier de proximité, ne répond pas à l’aménagement d’un territoire durablement. L’usage de ces commerces “de la flemme”, ne devrait pas avoir une place en centre urbain, déjà bien pourvu pour répondre à la demande. Avec des commerçants engagés apportant du service, du conseil, un accès aménagé pour tous, des
solutions de clique & collecte et de livraison à domicile plus responsables et organisées, nous devons poursuivre vers un développement éthique. C’est un enjeu majeur de société, d’environnement et de vivre ensemble. »

Reste à savoir si le consommateur nantais saura dire non aux sirènes de l’ultra libéralisme. Il a aussi son rôle à jouer.

Visuel : Olli Bioret.

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