L’Assemblée nationale ne siégera finalement pas ce week-end : le député Jean-Claude Raux dénonce une « manœuvre antidémocratique ».
Les députés seront donc au repos forcé ou du moins pas au Palais-Bourbon. L’Assemblée nationale, qui vient tout juste de reprendre l’examen du projet de loi de finances, ne siégera finalement pas ce week-end comme prévu, a annoncé le gouvernement ce jeudi soir, raccourcissant ainsi les débats sur un texte pourtant discuté dans des délais serrés.
Dans une tribune libre publiée ce vendredi, le député écologiste de la 6e circonscription de Loire-Atlantique, Jean-Claude Raux, exprime sa vive indignation face à cette décision gouvernementale qu’il qualifie d’antidémocratique.
Un calendrier déjà contraint
Le parlementaire rappelle le contexte : « Il nous faut un budget ! » Pour y parvenir, « et au vu des contraintes du calendrier – le projet du gouvernement ayant été transmis anormalement tard à la présidence de l’Assemblée nationale – il était prévu que nous siégerions samedi et dimanche de 9 h à minuit, pour terminer l’examen du projet de loi de finances pour 2026 avant l’échéance, fixée au 23 novembre. »
Le député de la 6è circonscription de Loire-Atlantique_Châteaubriant-Ancenis_souligne que de nombreux dossiers cruciaux restent en suspens : « la taxation sur le transport aérien, les niches fiscales sur les carburants fossiles, les moyens des associations et des collectivités territoriales – que nous voulions restaurés. » Et de constater avec amertume : « Nous ne pourrons pas le faire. »
Une décision unilatérale dénoncée
Jean-Claude Raux révèle les conditions dans lesquelles cette annulation a été décidée : « Dans la nuit de jeudi à vendredi, le gouvernement a décidé sans concertation avec le bureau de l’Assemblée d’annuler les séances prévues ce week-end, reportant les débats à lundi matin. »
Pour le député, il s’agit d’un double affront. D’abord, « c’est une manifestation de mépris pour les députés, qui se sont organisés pour ne pas prendre d’engagements en circonscription et assurer leur présence dans l’Hémicycle. »
Mais surtout, « c’est une manœuvre antidémocratique : en restreignant volontairement le temps de débat, l’exécutif cherche à empêcher l’Assemblée de se prononcer sur la première partie du budget. »
L’accusation d’hypocrisie
Le parlementaire n’hésite pas à pointer les contradictions du gouvernement : « Quelle hypocrisie de la part du gouvernement qui affirme vouloir « respecter le parlementarisme » tout en organisant en sous-main les conditions de son échec. »
Répondant à l’argument de la fatigue des députés, Jean-Claude Raux rétorque : « Les députés sont fatigués ? Oui, car le travail est organisé en dépit du sens commun. Le calendrier d’examen est restreint, la France doit avoir un budget au 1er janvier 2026. Mais les députés demandent à faire leur travail c’est-à-dire corriger le budget proposé par le gouvernement. Supprimer ces deux jours, c’est réduire la capacité d’amendements des députés, une nouvelle fois. »
Un appel à la responsabilité parlementaire
En conclusion, le député du groupe Écologiste et Social lance un appel solennel : « Le Parlement ne doit pas se laisser déposséder de sa mission première : donner un budget à la Nation. Et nous ne voulons pas laisser croire qu’il refuserait d’assumer cette responsabilité ! »
Cette prise de position illustre les tensions persistantes entre l’exécutif et le Parlement dans l’examen d’un texte budgétaire dont l’adoption reste incertaine à quelques jours de l’échéance du 23 novembre.
Visuel de Une : © Assemblée nationale.
