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Le fioul domestique résiste encore dans les campagnes

Une étude de l'INSEE souligne que l'usage du fuel persiste comme mode de chauffage dands notre région.

Le fioul domestique résiste encore dans les campagnes des Pays de la Loire.

Une énergie fossile en déclin progressif mais inégal selon les territoires.

Alors que la France s’engage dans la transition énergétique, le chauffage au fioul persiste dans certains foyers de la région Pays de la Loire. Selon les dernières données de l’Insee publiées en janvier 2026, « 8% des résidences principales sont chauffées au fioul » en 2022, représentant 141 150 ménages ligériens.

Un héritage des chocs pétroliers

L’histoire du chauffage domestique dans la région témoigne d’une transformation radicale. « En 1975, les deux tiers des ménages se chauffent au fioul dans les Pays de la Loire (65%) », rappelle l’Insee Flash n°159. Les crises pétrolières successives ont amorcé un basculement vers l’électricité, désormais privilégiée dans « 45,5% » des logements récemment occupés.

La fracture urbain-rural

Le contraste géographique est saisissant. Les zones rurales affichent un taux de « 13,7% » de logements chauffés au fioul, contre seulement « 3,2% » dans les territoires urbains. Cette répartition dessine une carte où « les communautés de communes du Bocage Mayennais ou du Mont des Avaloirs » concentrent jusqu’à un quart des résidences équipées de chaudières au fioul.

La Mayenne et la Vendée, départements les plus ruraux avec respectivement « 64% et 65% des habitants » vivant en zone rurale, enregistrent logiquement les taux les plus élevés (13,6% et 12%). À l’opposé, la Loire-Atlantique ne compte que « 4,2% » de logements concernés.

Profil sociologique des utilisateurs

L’étude révèle un portrait type de l’utilisateur de fioul : « les propriétaires utilisent plus souvent le fioul pour se chauffer que les locataires (respectivement 10,6% contre 3,3%) », note l’Insee. L’âge joue également un rôle déterminant, puisque « 15,5% des ménages composés d’au moins une personne de plus de 75 ans l’utilisent ».

Fait remarquable, « un retraité sur huit se chauffe au fioul », tandis que « 20,8% » des agriculteurs actifs maintiennent ce mode de chauffage, contre « 4,8% des cadres ».

L’impératif environnemental

Le secteur résidentiel pèse lourdement dans le bilan carbone régional. « L’usage de produits pétroliers, dont le fioul, engendre l’émission de 29% des GES du secteur résidentiel », souligne l’analyse. Face à cet enjeu climatique, la loi climat et résilience a frappé fort en interdisant « l’installation de nouvelles chaudières au fioul depuis le 1er juillet 2022 ».

Des logements anciens et spacieux

Le parc immobilier chauffé au fioul présente des caractéristiques spécifiques : « 13,1% des logements ligériens construits avant 1970 », contre « 1,5% de ceux construits en 2006 ou après ». Ces habitations sont majoritairement de grande taille, avec « 11,8% des logements de plus de 120 m² » encore équipés.

Une transition lente mais inexorable

Entre 2006 et 2022, la diminution est nette mais inégale selon les catégories : « -71% » pour les locataires du parc social, « -52% » pour le parc privé, et « -45% » pour les propriétaires. Cette évolution, bien que constante, demeure « plus lente » pour les personnes âgées, avec « -7,7 points entre 2006 et 2022, contre -10,9 points pour les autres ménages ».

La disparition progressive du chauffage au fioul dans les Pays de la Loire illustre les défis de la transition énergétique : concilier urgence climatique et réalités socio-économiques d’une population rurale et vieillissante, tout en accompagnant la mutation d’un parc immobilier ancien.

Source : Insee Flash Pays de la Loire n°159, janvier 2026 – « Le fioul, un mode de chauffage en diminution, mais encore répandu en milieu rural ».