Loire-Atlantique

La lutte contre la prostitution en Loire-Atlantique, une approche globale

Nantes, rue Paul Bellamy, rond-point de Rennes, place Victor Mangin ou encore quai de la Fosse. Chaque soir, c’est le même rituel. De jeunes femmes, pour la plupart Nigérianes arpentent le trottoir dans l’attente du client. Ceci est la prostitution visible. Le marché du sexe s’est déplacé sur la toile. Dans les bars à hotesses, les salons de massage, ou les sex-tour. La prostitution cachée ou pratiquée occasionnellement. Notamment par des étudiantes, des femmes demandeuses d’emploi, ou en situation de précarité. On ne compte pas moins de 30 000 personnes prostituées en France. 85 % sont des femmes ; 80 à 90 % d’entre elles sont d’origine étrangère(*).

Et 95 % des clients sont des hommes.

Si le phénomène prostitutionnel est peu visible sur l’ensemble du département, il l’est particulièrement à Nantes. Certaines rues de la ville connaissent une activité nocturne intense et problématique. Tant pour les riverains, que pour les personnes victimes de la prostitution elles-mêmes.

Ce lundi Mme Nicole Klein, préfète des Pays de la Loire a convié les services de police et de gendarmerie. Mais également de l’éducation nationale, les services de justice de Nantes et de St Nazaire. Ainsi que le mouvement le Nid, association d’assistance aux prostituées, qui œuvre sur Nantes. Nicole Klein installait la commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle.

La lutte contre la prostitution en Loire-Atlantique, une approche globale

Grâce à une approche globale et concertée avec l’ensemble des acteurs associatif et judiciaire.  » Des actions étaient menées auparavant pour lutter contre ce fléau. Sans véritablement qu’il y ait de coordination et d’échanges entre eux. Notre objectif est que chacun des acteurs que ce soient les associations, l’autorité judiciaire ou les forces de l’ordre puissent coordonner leur action. Afin de gagner en efficacité afin de travailler sur tous les aspects. La prévention, l’accompagnement et la répression. «  explique Nicole Klein, préfète de la région des Pays de la Loire.

Cette commission, placée sous l’autorité de Mme la Préfète a pour mission :
– de coordonner l’action en faveur des personnes prostituées au niveau du département de Loire-Atlantique. De favoriser la cohérence et le développement des actions menées en faveur des victimes de la prostitution. Mais aussi de la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.
– d’émettre un avis sur les demandes de mise en place et de renouvellement des parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle. Elle est composée d’un magistrat, des représentants de l’État, de Pôle emploi, du conseil départemental. Tout comme les villes de Nantes et Saint-Nazaire, d’une médecin désignée par le conseil de l’ordre des médecins. Ainsi que des associations œuvrant dans le champ de l’accompagnement de l’insertion des victimes de la prostitution.

Le mouvement le Nid, un outil de la lutte contre la prostitution en Loire-Atlantique

Le Mouvement du Nid, association agréée par l’État. Pierre angulaire du parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle. Afin de garantir la qualité de l’accompagnement et de sécuriser le parcours de sortie. En Loire-Atlantique, l’association agréée depuis le 18 mai 2017 est le Mouvement du Nid.

Concrètement, cette association instruit les demandes de parcours de sortie. Elle va à la rencontre des personnes prostituées et élaborera avec elles, les dossiers de sorties, avant de les accompagner, en lien avec de nombreux partenaires. Par ailleurs, elle est en mesure de dispenser des formations sur le phénomène prostitutionnel, notamment en direction des professionnels en charge d’accompagner les femmes victimes de la prostitution.

Toute personne victime de prostitution, de proxénétisme et d’exploitation sexuelle peut en effet demander à bénéficier d’un accompagnement et d’une prise en charge globale ayant pour finalité l’accès à des alternatives à la prostitution.

Autorisé pour une durée de 6 mois renouvelable, sans que sa durée totale n’excède 24 mois, ce parcours permet à une personne, engagée dans ce parcours de sortie, de bénéficier d’un accompagnement global en fonction de ses besoins (logement, hébergement, accès aux soins, accès aux droits, action d’insertion sociale et professionnel) qui s’appuie sur des actions de droits commun. L’autorisation ou le renouvellement du parcours conditionne l’ouverture de droits spécifiques en matière d’autorisation provisoire de séjour d’une durée minimale de 6 mois ouvrant droit à l’exercice d’une activité professionnelle et la perception d’une aide financière spécifique.

Le Mouvement du Nid agit sur les causes et les conséquences de la prostitution.

Chaque année ses militants rencontrent 6000 personnes prostituées sur les lieux de prostitution et lors des permanences d’accueil. Avec ses partenaires, le Mouvement du Nid accompagne les personnes prostituées dans leurs démarches d’accès à la justice, aux soins ou encore à la sécurité sociale. Et lorsque les personnes prostituées entreprennent des démarches pour quitter la prostitution, le mouvement le Nid est à leurs côtés.

A Nantes le Mouvement du Nid est situé 21, allée Baco et joignable au 06 32 57 66 41. paysdelaloire-44@mouvementdunid.org

Le 6 avril 2016 le Parlement a adopté la loi condamnant les clients des prostituées. La France rejoint ainsi les pays abolitionnistes. Pas moins de deux ans et demi ont été nécessaires. Le Sénat freinait des quatre fers.

La loi prévoit d’améliorer la prise en charge des personnes victimes de prostitution, de proxénétisme ou de traite des êtres humains à de fins d’exploitation sexuelle, par la création d’un parcours de sortie de la prostitution proposé à toute personne qui souhaite accéder à ses alternatives. De prévenir l’achat d’acte sexuel par la responsabilisation des clients de la prostitution. Notamment par la pénalisation et l’achat d’acte sexuel. Et par un changement de regard sur la prostitution via des mesures de sensibilisation du grand public et de prévention en direction des jeunes. De renforcer la lutte contre les réseaux de proxénétisme et de traites des êtres humains. En prévoyant notamment un dispositif de signalement des contenus illicites sur internet. Ainsi qu’en renforçant les mesures de protection des personnes témoignant à l’encontre des réseaux criminels.

La pénalisation des clients de prostituées

« L’achat d’acte sexuel » sera sanctionné par une amende de 1 500 euros maximum. En cas de récidive, celle-ci pourra s’élever à 3 750 euros.

Le texte prévoit une peine complémentaire. Il s’agit d’un stage de sensibilisation aux conditions de la prostitution.

La France devient, après la Suède, la Norvège et l’Islande, et l’Irlande du Nord le cinquième pays européen à pénaliser les clients de personnes prostituées.

La lutte contre la prostitution en Loire-Atlantique

L’action combinée du Parquet et des services de police et de gendarmerie ont permis le démantèlement en zone police, d’une dizaine de réseaux. Plus précisément au cours des deux derniers mois écoulés. La lutte contre le proxénétisme a conduit à quatre démantèlements. Un salon de massage, une réseau de proxénètes chinois dont les victimes de la prostitution travaillaient en hôtel. Également un réseau arménien à ramification nationale. Ainsi qu’un réseau roumain, dans le cadre de prostitution de rue à proximité de la gare. Pour la zone gendarmerie, deux procédures de proxénétismes en 2015.  Et quatre en 2016 ont été initiées, principalement par le biais d’internet.

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