Loire-Atlantique

Maaar : trois femmes, trois océans, un seul souffle

Trois femmes, trois continents, trois voix qui n'ont pas peur de se bousculer. Le 6 mai, Maaar investit le Théâtre Quartier Libre d'Ancenis pour un concert de musiques du monde aussi physique qu'hypnotique.

Concert le mercredi 6 mai à 20h30, Théâtre Quartier Libre, Ancenis-Saint-Géréon.

Imaginez trois femmes qui se retrouvent au croisement de continents, de langues et de mémoires. L’une vient des rivages de Douarnenez, où les sardinières chantaient à l’unisson pour tenir debout leurs journées de travail. L’autre a grandi sous le soleil du Quercy, bercée par les valses de ses grands-parents et les musettes des bals de campagne. La troisième porte en elle la chaleur du Venezuela, un tempérament de feu et une voix capable de passer sans ciller du chant traditionnel au lyrique. Ensemble, Elsa Corre, Charlotte Espieussas et Rebecca Roger Cruz forment Maaar, trois voyelles pour trois voix, une mer à elles seules.

La mer comme patrie commune

Le nom du trio n’est pas anodin. Maaar, avec ses trois « a » comme autant de vagues, évoque en espagnol la mer, ce territoire sans frontières qui relie les côtes finistériennes à celles d’Andalousie et aux plages vénézuéliennes. Mais c’est aussi, dans le vocabulaire volcanique, le cratère formé par une éruption : image saisissante de ce que ces trois artistes fabriquent ensemble, une collision créatrice où les traditions ne se côtoient pas sagement, elles fusionnent.
Le projet est né d’une résidence de création, lors de laquelle les trois musiciennes ont plongé dans un répertoire fédérateur : l’eau. Du chant des pêcheuses bretonnes aux complaintes des tisseuses vénézuéliennes, en passant par la muneira de Galice ou les polyphonies occitanes, chaque chanson raconte un rapport au monde, une façon d’habiter la terre et les éléments.

Trois voix, zéro compromis

Ce qui frappe dans Maaar, ce n’est pas la sagesse du mélange, c’est son audace. Le trio ne cherche pas le dénominateur commun : il cultive le choc des timbres. Elsa Corre, nourrie au chant breton et galicien, apporte une clarté vocale presque minérale. Charlotte Espieussas, anthropologue de formation, accordéoniste par passion et voyageuse par nature, tisse entre les voix une ligne harmonique qui danse autant qu’elle soutient. Rebecca Roger Cruz, elle, est une force de la nature : sa voix caméléon traverse les registres sans effort apparent, du grave terreux aux aigus lumineux, portée par un sens du rythme qu’elle a forgé entre Caracas, la Colombie et l’Andalousie.

Ensemble, elles ont bâti un répertoire qui mêle chants anciens et compositions originales, Ur Geriadenn e Foñs ar Mor, Río Abajo, ou encore des hommages à la poète occitane Marcelle Delpastre. Et si les textes changent de langue à chaque pièce, breton, galicien, occitan, espagnol, c’est la pulsation qui reste le fil conducteur.

Un arsenal au service de la transe

Car Maaar, c’est aussi du corps, des mains, des pieds. La scène se peuple d’instruments qu’on n’attendait pas forcément ensemble : le pandeiro brésilien, le bendir maghrébin, les maracas et quitiplas vénézuéliennes, le kayamb réunionnais, la pandeireta galicienne… Un arsenal percussif impressionnant qui transforme le concert en quelque chose qui oscille entre performance ethnomusicale et rituel collectif.

Les pieds frappent le sol. Les voix s’élèvent. Le public hésite entre l’envie de danser et celle de fermer les yeux pour mieux écouter. C’est précisément là que Maaar opère : à cette frontière entre la danse, la transe et la contemplation.

Un concert à ne pas manquer

Accessibles dès 10 ans, ces 1h10 de musique sont une invitation rare à traverser le monde sans quitter sa chaise, ou plutôt, à quitter sa chaise sans quitter la salle. Le Théâtre Quartier Libre accueille le trio dans le cadre de sa saison 25/26, avec des places à partir de 5€.

Maaar, mercredi 6 mai à 20h30
Théâtre Quartier Libre, 02 51 14 17 17
theatre-quartier-libre.fr
Tarifs : de 5€ à 16€ | À partir de 10 ans | Durée : 1 h 10
Billetterie et renseignements : mardi et vendredi de 16 h à 18 h, mercredi de 10 h à 12 h et de 16 h à 18 h.

L’affaire est suivie en temps réel par la rédaction d’actu44.fr.

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