Manifestation à Châteaubriant : Le Budget 2026 sous le Signe de l’Austérité
Ce jeudi 6 novembre 2025, peu après 10 h 30, sous un beau soleil d’automne, une petite centaine de personnes, retraités et actifs, se sont rassemblées devant le Théâtre de Verre à l’appel de l’Union Locale de la CGT de Châteaubriant. La mobilisation visait à exprimer l’inquiétude grandissante face au Projet de Loi de Finances (PLF) et au PLFSS 2026 du gouvernement, dénoncés comme un budget d’austérité masqué.
Serge Adry, de la CGT, prenait la parole pour relayer les craintes des retraité.es, femmes et hommes devant les annonces du gouvernement. Ils et elles ne savent pas à quelle sauce ils seront mangé.es
Un Budget jugé inéquitable et austère
Le discours officiel, basé sur la nécessité de faire des économies et de limiter les dépenses publiques , masque selon le syndicat une « réalité brutale » : ce sont encore les salariés, les retraités, les privés d’emploi et les plus précaires qui vont payer la note.
L’analyse syndicale critique sévèrement les coupes envisagées dans les services publics :
►Santé et Éducation : Les hôpitaux et les écoles verront leurs moyens restreints, avec des coupes et des classes surchargées.
►Transports : Les investissements essentiels seront réduits (« rabotés »), malgré les hausses de tarifs et les services dégradés pour les usagers.
►Sécurité Sociale : La Sécu est « une nouvelle fois attaquée » par des mesures imposant des économies, fragilisant ses financements et « culpabilisant les assurés et les soignants ».
Les retraités, premières cibles du PLFSS
Les mesures contenues dans le PLFSS 2026 sont jugées particulièrement dures pour les retraités , s’ajoutant au gel des retraites complémentaires AGIRC-ARRCO. Elles comprennent :
►Le gel des pensions en 2026.
►Une sous-indexation des pensions, minorées de 0,9% jusqu’en 2030, puis de 0,4% sous l’inflation de 2027 à 2030.
►Le doublement des franchises médicales et de la participation forfaitaire annuelle, fixée à 100 euros.
►Des mesures fiscales telles que le gel des barèmes de l’impôt et la suppression des 10%.
Ces dispositions risquent de plonger les retraités « dans des difficultés financières » et de contraindre nombre d’entre eux à se priver de soins et de suivi médical.
L’Argent existe : un choix politique contesté
La CGT dénonce un traitement inéquitable où, à l’inverse, les multinationales et les hauts revenus bénéficient de « cadeaux fiscaux et d’exonérations de cotisations sociales ». Ces exonérations patronales sont pointées du doigt pour priver la Sécurité Sociale de « dizaines de milliards d’euros chaque année » , tout en n’empêchant ni les plans de licenciement ni les fermetures d’usine, et ne faisant qu’enrichir les actionnaires.
Face à ceux qui affirment qu’il n’y a pas d’argent , la réponse syndicale est simple : c’est faux. Les entreprises du CAC 40 ont versé plus de 98 milliards d’euros de dividendes en 2024, un « record historique », tandis que les salaires et pensions stagnent.
Les revendications
Pour l’Union Locale CGT et Retraités CGT , une autre répartition des richesses est indispensable. Les revendications sont claires:
Augmentation générale des salaires, retraites et minima sociaux. Renforcement de la Sécurité sociale et des services publics, financés par la solidarité nationale et les cotisations sociales. Fin des exonérations patronales et des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.
Abrogation de la réforme des retraites.
La journée du 6 novembre n’est pas seulement une protestation , mais l’occasion de montrer une détermination à refuser le sacrifice des droits pour « gaver les actionnaires ». La grève et la manifestation restent le moyen le plus efficace pour « imposer un rapport de force ».
Une délégation de trois personnes allaient ensuite déposer une motion à M.Makhlouf, sous-préfet de Châteaubriant-Ancenis.

