Marie-Pierre Bessin-Guérin se veut sénatrice des territoires ruraux
Maire de La Meilleraye-de-Bretagne depuis 2018, elle succédera à Joël Guerriau au Sénat, le 6 octobre prochain. Elle entend défendre les territoires ruraux face aux enjeux écologiques, médicaux et énergétiques.
Marie-Pierre Bessin-Guérin se veut sénatrice des territoires ruraux de Loire-Atlantique.
La maire de La Meilleraye-de-Bretagne s’apprête à rejoindre la Haute Assemblée avec l’ambition de porter les préoccupations des petites communes.
Ce dimanche après-midi, le téléphone de Marie-Pierre Bessin-Guérin n’arrête pas de sonner. Depuis l’annonce de sa nomination au Sénat, les messages de félicitations affluent vers la maire de La Meilleraye-de-Bretagne. Une reconnaissance soudaine pour cette élue qui incarnera bientôt la voix des territoires ruraux au Palais du Luxembourg.
Marie-Pierre Bessin-Guérin – « Bessin, c’est mon nom de jeune fille et j’y tiens », précise-t-elle – prendra ses fonctions sénatoriales le 6 octobre prochain, succédant à Joël Guerriau après la démission de ce dernier. À la tête de cette commune rurale du nord de la Loire-Atlantique, située à 18 kilomètres au sud de Châteaubriant, elle a acquis une solide expérience des défis auxquels font face les petites collectivités qui maillent le territoire départemental. Vice-présidente des maires ruraux de Loire-Atlantique aux côtés de Roch Chéraud, maire de Saint-Viaud, elle connaît intimement les préoccupations de ces territoires.
Un accord respecté
Cette passation de pouvoir n’est pas le fruit du hasard. Marie-Pierre Bessin-Guérin et Joël Guerriau* avaient conclu un accord selon lequel l’ancien maire de Saint-Sébastien s’engageait à démissionner après deux ans dans ses fonctions. Ces derniers jours, ce dernier a adressé un courrier aux maires de Loire-Atlantique pour expliquer sa décision et officialiser cette transition préparée de longue date.
La nomination de Marie-Pierre Bessin-Guérin modifie sensiblement l’équilibre géographique de la représentation sénatoriale départementale. Alors que les quatre autres sénateurs de Loire-Atlantique – Karine Daniel, Ronan Dantec et Laurence Garnier à Nantes et Saint-Herblain, Philippe Grosvalet à Saint-Nazaire – sont domiciliés dans les grandes métropoles, elle apporte la perspective des territoires ruraux à cette représentation.
Des préoccupations ancrées dans le terrain
L’agenda politique de la future sénatrice s’articule autour de trois priorités majeures. La transition écologique constitue son premier cheval de bataille : « Elle se passe sur les territoires. Toutes les petites communes ont besoin d’être reconnues », souligne-t-elle. Un enjeu d’autant plus crucial que les collectivités rurales sont en première ligne des transformations environnementales.
La désertification médicale figure également au cœur de ses préoccupations. « Il serait bien qu’il y ait une présence médicale et qu’on puisse garder les pharmacies lorsqu’il y en a une », plaide-t-elle, pointant du doigt un fléau qui frappe particulièrement les zones rurales.
Son troisième axe de travail concerne les contradictions de la politique énergétique. « Nous avons des méthaniseurs dans nos campagnes et nous ne pouvons pas bénéficier du gaz produit qui est automatiquement renvoyé vers le réseau », déplore-t-elle. « D’un côté, on a droit à la pollution esthétique, mais de l’autre, on ne peut pas bénéficier du gaz produit sur le territoire. »
Un renouvellement démocratique
Cette nomination revêt une dimension politique particulière dans un département où la représentation sénatoriale se féminise : trois femmes siégeront désormais aux côtés de deux hommes. Plus largement, l’arrivée de Marie-Pierre Bessin-Guérin au Sénat pourrait bousculer les équilibres politiques locaux, notamment dans le nord du département où elle exerce des responsabilités de vice-présidente à la communauté de communes Châteaubriant-Derval.
Pour cette élue qui a gravi les échelons depuis son mandat municipal, cette nomination représente une transition majeure vers les responsabilités nationales. Son expérience à la tête d’une collectivité rurale pourrait s’avérer précieuse dans les débats sénatoriaux, particulièrement sur les enjeux territoriaux qui occupent une place centrale dans les préoccupations de la Haute Assemblée.
L’investiture de Marie-Pierre Bessin-Guérin s’inscrit dans un contexte où les questions rurales retrouvent une place importante dans le débat public national, entre transition écologique, maintien des services publics et développement économique des territoires.
*Le dossier judiciaire suivra néanmoins son cours : un procès devant le tribunal correctionnel de Paris a été programmé pour les 26 et 27 janvier 2026, dates qui marqueront une étape cruciale dans cette affaire.
