Nantes

Marion Rampal sur la scène nautique des Rendez-vous de l’Erdre

Artiste fil rouge des Rendez-vous de l'Erdre 2025, Marion Rampal conclut sa résidence nantaise par un concert exceptionnel samedi soir sur la scène nautique du quai Ceineray. La chanteuse, auteure et compositrice y présentera "Song for Abbey", un hommage sensible à la figure méconnue d'Abbey Lincoln, grande dame du jazz américain. Dans cette interview vidéo, Marion Rampal revient sur son parcours artistique et le "matrimoine" musical, révélant sa démarche créative entre tradition populaire et arrangements jazz contemporains.

Marion Rampal sur la scène nautique des Rendez-vous de l’Erdre. La chanteuse, auteure, compositrice se produira samedi soir quai Ceineray à Nantes devant quelques milliers de spectateurs. Elle donnera Song for Abbey, une évocation autour de la chanteuse méconnue Abbey Lincoln.

Elle conclut ainsi une semaine où elle s’est produite, en tant que fil rouge des Rendez-Vous de l’Erdre 2025. Depuis Guenrouët, en duo avec Pierre-François Blanchard, à Blain, pour Oizel, accompagnée d’un trio de musiciens, puis au théâtre de verdure de Saffré avec la Suédoise Isabel Sörling, Marion Rampal a rencontré un public simple et populaire comme elle affectionne. Elle a également fait une incursion dans un EHPAD, le temps de ravir de ses chansons, les résidents. Auparavant, elle a animé des ateliers à l’école de musique de Pontchâteau.

Marion Rampal sur la scène nautique. Un hommage à Abbey Lincoln.

« Être invitée par les rendez-vous de l’Erdre à être l’artiste fil rouge de cette édition, c’est une vraie chance parce qu’on me renvoie souvent le fait que je fais plusieurs choses. C’est vrai que j’ai travaillé dans plusieurs répertoires et j’essaie de faire une sorte de de patchwork comme ça mais avec beaucoup de liens d’un répertoire à l’autre. Et là, c’est la chance de pouvoir présenter une actualité mais aussi des à côtés. »

Marion Rampal est généreuse. Elle donne, elle partage. Elle ouvre grand les bras. Elle se définit comme une songwriter. Elle écrit, elle compose pour elle, parfois pour d’autres.
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Marion Rampal nous a accordé une interview vidéo que Jean-François Mousseau a finement captée.

Son inspiration ? Marion Rampal la puise dans la vie quotidienne, dans le chant d’un oiseau, présent partout dans son univers, mais également dans les chansons anciennes du patrimoine oral, du folklore bas-normand, de l’Acadie, du Québec, de Louisiane ou du Nouveau-Brunswick.

Marion Rampal aime à pétrir les mots, à en faire des collages. Des mots dits, des mots, qui prononcés, font du bien à ses lèvres. Des mots, qui entendus font du bien à nos oreilles et à notre cœur.

Marion Rampal recrée une chanson populaire

Une chanson populaire faite de jolis mots et des arrangements de jazz finement ciselés.

L’eau est très présente dans l’univers de l’artisane chanteuse compositrice. Pour présenter Canards, elle explique au public, combien de fois, elle a pratiqué la plongée sous-marine, le plus sérieusement du monde dans la baignoire familiale. Avec son frère. Ils mettaient tous deux la tête sous l’eau, les fesses en l’air : concours d’apnée. Marion Rampal a une belle mémoire. Canards et cormorans,… sur les fonds marins de nos dix ans.

« Oizel, ça été le désir de fabriquer un album de chansons vraiment. Notamment en français, enfin en français un peu particulier, un peu malaxé. C’est vraiment ma langue que je m’invente mais aux confins de formes françaises qui datent un peu qui viennent d’ici ou de Normandie, qui traversent l’Atlantique …Donc je suis très intéressée par ces mélanges de langues et puis d’histoires. Voilà et j’essaie de fabriquer des chansons à moi avec tout ça. »

En septembre, Marion Rampal ira au-delà de l’eau, dans les contrées lointaines d’Amérique du Nord et de Québec. La chanteuse compositrice francophone, anglophone a une profonde fraternité avec ces populations.

Samedi soir, Marion Rampal donnera Song for Abbey, sa dernière création qu’elle a seulement donnée à Marciac et à Coutances.

« Ce projet autour d’Abbey Lincoln, il me trotte dans la tête depuis longtemps. D’abord, c’est une voix que j’ai écoutée depuis même avant mes 20 ans. Donc elle m’a toujours accompagnée.

J’avais envie de faire une sorte d’hommage complet à cette femme, à la figure qu’elle représente : une femme noire américaine qui a eu un parcours qu’on pourrait dire chaotique, mais avant tout, elle a eu un parcours indépendant, autonome, farouche. C’est quelqu’un qui avait à cœur de profiter du temps qui lui était donné sur terre pour faire les chansons les plus honnêtes, les plus intègres selon elle. Il se trouve que moi, je les trouve très intègres, ces chansons-là, et elles sont merveilleuses à reprendre aujourd’hui, à partager avec le public. Et puis aussi parce qu’il est temps de faire une place à ce qu’on peut appeler le matrimoine du jazz, c’est-à-dire de remettre en lumière des femmes qui ont fait cette musique, qui l’ont créée.

Abbey Lincoln, quand elle crée cette musique, qu’elle écrit ses chansons, elle a entre 50 et 80 ans. Ce n’est pas une nymphette, ce n’est pas une diva du jazz, ce n’est pas une scatteuse. En fait, elle échappe à tout ce qu’on attend de la chanteuse de jazz dans les clichés qu’on peut s’en faire. C’est ça que j’aime chez elle et c’est ça qui m’a influencée. »

Sur la scène nautique des Rendez-vous de l’Erdre, elle s’entoure des meilleurs. Matthis Pascaud à la guitare, Raphaël Chassin à la batterie, Thibault Gomez au piano et Simon Tailleu à la contrebasse.

Marion Rampal sur la scène nautique des Rendez-vous de l’Erdre

Samedi 30 août 2025 – Gratuit. Toute la programmation des RDV de l’Erdre.

Photographies : Alain Moreau. Vidéo : Jean-François Mousseau.