Municipales à Nantes : Johanna Rolland sort l’artillerie lourde de la gauche plurielle. La maire sortante, entourée de 68 femmes et hommes présentaient la liste « la Gauche unie pour Nantes », ce vendredi après-midi, 9 février 2026.
Onze partis, 69 candidats et un storytelling bien rodé : la maire sortante dévoile sa machine de guerre électorale. Entre renouvellement affiché et continuité assumée, décryptage d’une liste où chaque chiffre raconte une stratégie.
Johanna Rolland ne fait pas dans la demi-mesure. Pour se représenter en mars 2026, la maire PS de Nantes a sorti le grand jeu : une liste « largement renouvelée » (comprenez : 54% de nouveaux), « expérimentée » (46% de sortants quand même), « diverse » (on y reviendra) et « fière de ses valeurs de gauche ». Le tout emballé dans un communiqué de presse qui coche toutes les cases du parfait storytelling municipal.

L’opération com’ bat son plein : « société civile » répété ad libitum (19 personnes, soit à peine plus d’un quart de la liste), « ouverture aux quartiers populaires » (6 personnes), « jeunesse » (8 candidats de moins de 30 ans sur 69). Les chiffres claquent comme autant de preuves d’une prétendue rupture. Sauf qu’avec 32 sortants, on reste dans une logique de continuité assumée, voire revendiquée.
L’auberge espagnole de la gauche
Le plus spectaculaire reste cette coalition à onze formations : du PS aux Écologistes, du PCF au Parti Animaliste en passant par l’Union Démocratique Bretonne et autres Génération Écologie. Un arc-en-ciel politique qui va de la social-démocratie classique à l’écologie radicale, censé incarner « l’union de la gauche ». Reste à savoir comment tout ce beau monde gouvernera ensemble au-delà des effets d’annonce.
Johanna Rolland, maire sortante de la sixième ville de France elle, préfère taper sur son adversaire – qu’elle ne nomme pas mais qualifie de « candidat de droite grossier et rétrograde qui veut abîmer Nantes » Le programme ? « Juste, écologique et solidaire », évidemment. Avec en vedette la gratuité des transports le week-end – qu’elle présente comme une révolution alors qu’elle est déjà en place.
Le name-dropping des bonnes causes
Dans la galerie de portraits, on trouve tout le gratin de l’engagement citoyen nantais : de l’ancienne co-présidente d’assos LGBTQIA+ au spécialiste de la finance-climat ex-ONU, du chorégraphe au militant anticolonialiste. Chaque profil semble avoir été choisi pour incarner une cause, un territoire, un segment électoral. C’est mathématique, c’est rodé, c’est peut-être même sincère. Mais ça sent surtout le bureau d’études et la stratégie électorale millimétrée.
Moyenne d’âge : 45 ans. Parité quasi-respectée (35 femmes, 34 hommes). Tous les quartiers représentés. Le CV collectif est impeccable. Trop, peut-être ? À force de cocher toutes les cases de la diversité, on finit par se demander si la liste n’est pas devenue elle-même un exercice de comm’ grandeur nature.

En attendant, l’équipe fait du porte-à-porte et a investi une péniche baptisée Lola comme QG de campagne. Symbolique fluviale obligatoire pour une ville qui a fait de son fleuve un argument marketing. Les élections, c’est les dimanches 15 et 22 mars prochains. Le suspense reste entier sur l’identité de ce fameux candidat « grossier » que Johanna Rolland se refuse à nommer.
La liste « la Gauche unie pour Nantes »
1. Johanna Rolland, 46 ans, PS
2. Olivier Chateau, 52 ans, PS
3. Marie Vitoux, 37 ans, Les Écologistes
4. Simon Citeau, 38 ans, Les Écologistes
5. Mahaut Bertu, 30 ans, PS
6. Bassem Asseh, 51 ans, PS
7. Edith James, 46 ans, société civile
8. Elhadi Azzi, 66 ans, Génération Ecologie
9. Aicha Bassal, 51 ans, société civile
10. Robin Salecroix, 35 ans, PCF
11. Aziliz Gouez, 46 ans, Territoires 44
12. Franckie Trichet, 55 ans, société civile
13. Delphine Bonamy, 47 ans, société civile
14. Jamal Ouggourni, 61 ans, société civile
15. Marlène Collineau, 40 ans, L’Après
16. Aurélien Boule Fournier, 41 ans, UDB
17. Cécile Bir, 56 ans, société civile
18. Romain Boutholeau, 39 ans, PS
19. Mahel Coppey, 44 ans, Les Écologistes
20. Guillaume Benet, 30 ans, Les Écologistes
21. Myriam Nael, 48 ans, PS
22. Ronan Dantec, 62 ans, Territoires 44
23. Pauline Langlois, 35 ans, PS
24. Aymeric Seassau, 48 ans, PCF
25. Anne-Lise Ceran, 37 ans, société civile
26. Christophe Jouin, 32 ans, société civile
27. Melissa Helary, 29 ans, PCF
28. Gildas Salaun, 48 ans, PRG
29. Cassandra Chaluleau, 32 ans, Les Écologistes
30. Thomas Quero, 50 ans, PS
31. Radia Essassi, 51 ans, société civile
32. Adam Brassart, 32 ans, Les Écologistes
33. Cécilia Blumental, 64 ans, PCF
34. Denis Talledec, 55 ans, société civile
35. Agathe Bergel, 36 ans, Place publique
36. Philippe Legrand, 66 ans, PCF
37. Nadine Lucas, 50 ans, PS
38. Thibaut Guine, 33 ans, PS
39. Séverine Figuls, 46 ans, Parti animaliste
40. Hervé Fournier, 55 ans, société civile
41. Chloé Girardot-Moitie, 41 ans, Les Écologistes
42. Geoffroy Verdier, 51 ans, PS
43. Laurence Brosseau, 54 ans, PS
44. Corentin Gautrault, 23 ans, Les Écologistes
45. Valérie Coussinet-Ndiaye, 57 ans, UDB
46. Mathias Mary, 47 ans, société civile
47. Yseult Arnal, 38 ans, société civile
48. Yannick Glemarec, 63 ans, société civile
49. Karine Nevers, 42 ans, société civile
50. Gaëtan Laot, 36 ans, Les Écologistes
51. Emilie Bourdon, 29 ans, PS
52. Michel Cocotier, 69 ans, société civile
53. Nadège Boisrame, 52 ans, L’Après
54. Gaspard Florin-Camagna, 20 ans, Debout !
55. Pauline Roy, 37 ans, société civile
56. Clément Deixonne, 22 ans, PS
57. Sophie Lucas, 55 ans, UDB
58. Antonin Rambault, 31 ans, Les Écologistes
59. Jade Ait-Ouakil, 21 ans, PS
60. Cyril Roussel, 33 ans, Les Écologistes
61. Anouck Juraver, 38 ans, PS
62. Romain Lemaitre-Guenot, 36 ans, PS
63. Séverine Papot, 53 ans, PRG
64. Hervé Maigret, 53 ans, Place publique
65. Joëlle Fonteneau, 44 ans, Génération Ecologie
66. Frédéric Polat, 39 ans, Debout !
67. Soufia Habbita, 40 ans, société civile
68. Christian André, 68 ans, PS
69. Marie-Hélène Nivollet, 71 ans, société civile.
Visuel de Une : Yannick Glemarec et Radia Essassi, deux entrants à des places éligibles sur la liste « la Gauche unie pour Nantes » © Alain Moreau.
