
Nantes : L214 fait de la cause animale un enjeu électoral.
À quatre semaines du scrutin municipal, l’association de défense des animaux déploie son « compteur humain » place Royale pour sensibiliser les candidats à la réduction de la consommation carnée.
La place Royale s’apprête à accueillir samedi après-midi une manifestation peu ordinaire. Entre 15 h et 17 h, des bénévoles de L214 défileront en formation, incarnant un compteur géant qui égrenera en temps réel un chiffre vertigineux : celui des animaux abattus pour nourrir les Nantais.
Quarante par minute. Tel serait le rythme auquel vaches, cochons, poulets et poissons finissent à l’abattoir pour satisfaire l’appétit des habitants de la cité des Ducs. Depuis 2020, début du mandat de Johanna Rolland, L214 comptabilise 131 millions de bêtes sacrifiées – un calcul que l’association avait déjà porté à la connaissance de la maire sortante l’automne dernier.
Une charte pour diviser la classe politique
Cette fois, l’association ne se contente pas d’alerter. Elle propose une charte baptisée « Sauvetage du siècle » qui détaille huit mesures concrètes : deux repas végétariens hebdomadaires dans les écoles, exclusion progressive des produits d’élevage intensif des achats publics, options végétales systématiques lors des réceptions officielles.
Si trois candidats ont déjà paraphé tout ou partie du document début février – Margot Medkour, Mounir Belhamiti et William Aucant -, cinq autres prétendants à la mairie demeurent muets : Johanna Rolland, Foulques Chombart de Lauwe, Jean-Claude Hulot, Nicolas Bazille et Alexandre Gauvin. Un silence que L214 entend bien rendre assourdissant.
« Impossible de faire l’impasse », prévient Mila Sanchez, responsable de campagne. Son argument ? Les sondages d’opinion : 65% des Français jugeraient « pertinent et souhaitable » de diviser par deux le nombre d’animaux tués pour l’alimentation.
Quatre électeurs sur cinq réclameraient même l’interdiction de l’élevage intensif, tous bords politiques confondus.
Reste à voir si ces statistiques se traduiront en bulletins de vote le 9 mars prochain – et si les candidats estimeront le risque électoral suffisamment élevé pour s’engager publiquement sur un terrain encore marginal dans les débats municipaux traditionnels.