Nantes

Nantes : l’État intensifie les opérations de police face aux fusillades

Nantes : l’État intensifie les opérations de police face aux fusillades.

Les quartiers de Pirmil et Port-Boyer, nouvellement touchés par les violences liées au trafic de stupéfiants, font l’objet d’une intervention renforcée des forces de l’ordre.

Les 16 et 17 décembre, près de 500 policiers ont été déployés dans plusieurs quartiers sensibles de Nantes, dans le cadre d’une opération de grande ampleur destinée à endiguer la spirale de violence qui touche la métropole ligérienne. Cette intervention s’inscrit dans la continuité du dispositif « Ville de Sécurité Renforcée » (VSR), mis en place par les autorités face à une situation sécuritaire préoccupante.

Une escalade des violences par armes à feu

Les chiffres témoignent d’une dégradation marquée : cinquante-neuf séquences de tirs ont été recensées à Nantes depuis le début de l’année 2025, contre quarante-trois sur l’ensemble de l’année 2024. Le mois de novembre a été particulièrement meurtri, avec quatorze épisodes de ce type. Plus inquiétant encore, ces violences, traditionnellement concentrées dans certains secteurs, se sont étendues à de nouveaux quartiers. Pirmil a ainsi connu sept séquences de tirs, tandis que Port-Boyer en a enregistré quatre.

Face à cette évolution, la préfecture de Loire-Atlantique a élaboré un plan d’action reposant sur « une présence policière massive, visible et continue », des contrôles systématiques et « une pression constante sur les points de deal ». Cette stratégie s’appuie également sur une coordination étroite entre la police nationale, la police municipale, le parquet et les bailleurs sociaux.

Un déploiement exceptionnel de moyens

Les opérations des 16 et 17 décembre ont mobilisé 465 effectifs, dont trois unités de forces mobiles présentes à Nantes et deux unités supplémentaires dépêchées sur décision du ministre de l’Intérieur. Les secteurs de Pirmil-Clos Toreau, Port-Boyer, Bottière, Bellevue et le quartier du Château à Rezé ont fait l’objet d’interventions ciblées. Les forces de l’ordre ont eu recours à des équipes cynophiles spécialisées et à des drones pour sécuriser leurs opérations.

Nantes : l'État intensifie les opérations de police face aux fusillades

Le bilan de ces deux journées fait état de 386 personnes contrôlées et 38 interpellations. Quatre-vingt-deux immeubles ont été inspectés, tandis que 50 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées. Les saisies ont porté sur de la cocaïne, du cannabis et 2 760 euros en espèces. Une opération judiciaire distincte, le 16 décembre, a permis l’interpellation de cinq individus et la saisie d’une arme de poing et de stupéfiants.

Un dispositif au long cours

Depuis le début de l’année, le dispositif VSR a donné lieu à 1 489 opérations dans les quartiers sensibles de Nantes, mobilisant plus de 1 200 policiers. Ces interventions ont conduit à 1 721 interpellations, dont 702 placements en garde à vue et 221 déferrements devant la justice. Les forces de l’ordre ont saisi 89 armes à feu, 653 armes blanches et plus de 585 kilogrammes de stupéfiants, dont 90 % de cannabis.

Les autorités s’appuient également sur les nouveaux outils offerts par la loi du 13 juin 2025 relative à la lutte contre le narcotrafic. Trente-quatre interdictions administratives de paraître ont été prononcées à Nantes, 23 commerces ont fait l’objet de fermetures administratives, et six procédures d’expulsion locative ont été engagées pour des faits liés au trafic.

Le préfet de Loire-Atlantique a assuré que « la présence sur le terrain restera durable, dans le cadre de ce plan d’action, autant que nécessaire », affirmant la mobilisation de l’État « aux côtés des habitants pour garantir durablement leur sécurité et leur tranquillité ». Les prochaines semaines diront si cette démonstration de force permettra d’inverser une tendance particulièrement préoccupante dans la métropole nantaise.