Nantes : Lutte ouvrière présente « le camp des travailleurs » pour les municipales de mars 2026.
La formation d’extrême gauche entre en campagne avec un discours radical de rupture. Un cheminot et une enseignante retraitée mèneront la liste aux élections de mars 2026.
C’est une entrée en campagne sans surprise mais assumée. Lutte ouvrière a officialisé mercredi la présentation d’une liste aux municipales nantaises de mars 2026, baptisée « Lutte ouvrière – le camp des travailleurs ». À sa tête : Nicolas Bazille, cheminot, et Hélène Defrance, enseignante retraitée. Deux visages emblématiques du monde du travail pour porter une parole qui ne s’embarrasse guère de nuances.
« Ce n’est pas par les élections que nos vies peuvent changer », préviennent d’emblée les candidats dans leur motion de présentation. Alors pourquoi se présenter ? Pour « se faire entendre », répondent-ils, et marteler un message radical : le refus du recul des conditions de vie et de travail, le rejet de « l’évolution réactionnaire de la société », de la montée du nationalisme et du racisme.
Une ligne de classe sans concession
Le discours est d’une netteté tranchante. Lutte ouvrière entend rassembler « celles et ceux qui font tourner la société, qui tentent de vivre de leur travail sans exploiter personne ». Pas de distinction entre travailleurs avec ou sans papiers, en activité, privés d’emploi ou retraités : tous formeraient « une seule et même classe sociale ». Face à eux, un ennemi clairement désigné : « le grand patronat et les dirigeants politiques qui le servent ».
La charge est particulièrement virulente contre l’ensemble des forces politiques représentées à l’Assemblée nationale, accusées sans distinction d’être « des défenseurs d’un ordre social dominé par la bourgeoisie » et de conduire la société vers « des catastrophes économiques, écologiques et guerrières ». Une attaque qui vise autant la macronie que le Rassemblement national, mais aussi la gauche institutionnelle, NFP compris.
Un pari électoral modeste
À Nantes, où la gauche s’est maintenue au pouvoir lors des dernières élections, Lutte ouvrière n’a jamais pesé électoralement. La formation trotskiste le sait et l’assume : son objectif n’est pas la conquête du pouvoir municipal mais la diffusion d’un message de classe, l’affirmation qu’« il existe une autre voie que celle du capitalisme », comme elle le répète depuis des décennies.
Reste à savoir si cette voix trouvera un écho dans une ville où les enjeux de logement, de mobilité et d’écologie dominent les débats préélectoraux. Et si le « camp des travailleurs » parviendra à exister dans un paysage politique local déjà fragmenté.
