Tribune Libre

Nantes populaire propose d’ouvrir des supermarchés municipaux

Tribune Libre – Alors que la campagne des municipales 2026 s'amorce, le mouvement Nantes Populaire propose la création de supermarchés municipaux pour répondre à la vie chère et aux inégalités alimentaires, s'inspirant d'initiatives françaises et internationales.

Nantes populaire propose d’ouvrir des supermarchés municipaux, c’est une proposition forte à l’occasion des Municipales 2026.

Alors que la campagne municipale démarre, Nantes populaire, mouvement d’habitant-es avance une proposition audacieuse : la création de supermarchés municipaux. Une initiative que le collectif décrit comme une « réponse concrète à la vie chère » et aux inégalités d’accès à une alimentation digne. Le mouvement s’inspire autant du socialisme municipal du XIXe siècle, que d’initiatives rurales plus récentes et de Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, qui prévoit d’ouvrir des épiceries publiques dans les cinq arrondissements de la ville.

Une action visible dans l’espace public

Samedi matin, plusieurs façades de boutiques commerciales vacantes ont été recouvertes par des affiches annonçant : « Ici bientôt votre supermarché municipal ».

Cette opération symbolique fait suite au lancement du mouvement les 10 et 11 octobre dernier, lors d’un rassemblement de plus de 350 personnes dans le quartier de Bellevue, organisé autour des « états généraux » de Nantes Populaire avec des invités de l’Assemblée des quartiers comme Dawari Horsfall, élu à Massy et acteur associatif, Almamy Kanouté du comité Adama et comédien, ainsi que Margot Medkour qui avait mené la liste Nantes en commun en 2020. L’objectif : recueillir les doléances des habitant·es, construire des propositions de fond et installer la question alimentaire dans le débat municipal.

Pourquoi des supermarchés municipaux ?

Selon Nantes Populaire, l’urgence est connue : l’insécurité alimentaire liée au coût de la vie gagne du terrain : « dès le 5 de chaque mois, se nourrir devient compliqué pour un bon nombre d’entre nous », rappelle le mouvement. À l’échelle nationale, huit millions de personnes déclarent devoir réduire la quantité et la qualité de leurs repas, souvent contraintes de recourir à l’aide alimentaire.
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Le collectif met aussi en cause la grande distribution, qu’il accuse de réaliser des marges élevées tout en imposant une forte pression sur les producteurs. À Nantes, il pointe particulièrement l’expansion rapide du groupe Carrefour, dont le nombre d’enseignes est passé de 4 en 2010 à 30 en 2025. Un « maillage » que Nantes Populaire juge délétère pour la diversité commerciale. Le mouvement dénonce également l’implication de Carrefour dans l’économie des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie et relaie les accusations de multiples mouvements de non-respect au droit international du groupe.

Comment fonctionneraient ces magasins ?

Nantes Populaire imagine des supermarchés sobres en termes de gamme, centrés sur les produits de base : alimentation courante, hygiène, entretien. Les prix seraient tirés vers le bas grâce à la capacité de la ville à acheter en grande quantité, comme elle le fait déjà pour ses cuisines centrales. Le mouvement met en avant l’idée d’implanter ces magasins en priorité dans les quartiers populaires ou dans les zones où l’offre de commerces est faible ou dominée par des enseignes coûteuses.

Le modèle repose sur un fort ancrage local : les supermarchés municipaux seraient approvisionnés en priorité par des producteurs et transformateurs du territoire, avec la volonté d’encourager la relocalisation de filières alimentaires. Nantes Populaire évoque aussi l’intégration d’un espace de convivialité — un café, une cantine ou un lieu d’entraide — afin de faire de ces magasins des lieux de vie et non de simples points de vente. Les emplois seraient créés directement par la ville ou par la régie, avec des conditions de travail jugées plus protectrices que celles pratiquées dans la grande distribution.

Comment financer et rendre cela viable ?

Nantes Populaire propose de s’appuyer sur la puissance d’achat de la ville, déjà mobilisée pour les cantines scolaires, les maisons de retraite, etc. En mutualisant ces achats, la collectivité pourrait négocier directement avec les producteurs sans recourir aux centrales d’achat privées. L’idée est de limiter les marges commerciales à environ 10 %, contre 20 à 30 % dans la grande distribution, ce qui permettrait des réductions de prix de l’ordre de 15 à 20 % sur certains produits.

Pour l’approvisionnement, le mouvement évoque la création d’une régie agricole municipale- associative : une structure pour stocker, conditionner et distribuer les produits alimentaires locaux.

Est-ce juridiquement possible ?

Selon le mouvement, la jurisprudence permet aux collectivités de créer un service public lorsqu’il répond à un besoin insuffisamment couvert par le secteur privé et que l’intérêt public est avéré. Nantes Populaire cite notamment l’exemple de Prémanon, dans le Jura, où la municipalité a repris en régie une épicerie en difficulté afin de maintenir un commerce de proximité. À l’étranger, New York et plusieurs villes européennes ont engagé des démarches similaires.

Municipales 2026 : Nantes Populaire s’invite dans le débat

Avec cette proposition, Nantes Populaire entend s’inviter pleinement dans le débat des municipales 2026. Le mouvement donne rendez-vous pour un meeting le vendredi 12 décembre à 19h30 à la salle festive Nantes Erdre, où d’autres mesures devraient être dévoilées.

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