
Un cas de chikungunya déclenche une opération nocturne contre les moustiques tigres à Nantes dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 septembre 2025.
Les habitants du quartier Santos Dumont, au nord de Nantes, sont invités à rester calfeutrés chez eux dans la nuit de vendredi à samedi prochain. Entre 22 h et 1 h du matin, une opération de démoustication d’urgence se déroulera dans leurs rues après qu’une personne de retour de voyage a été confirmée positive au chikungunya.
Une course contre la montre sanitaire
L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire n’a pas perdu de temps. Dès la confirmation du diagnostic, les équipes ont lancé une double enquête épidémiologique et entomologique pour retracer les déplacements du patient durant sa période de virémie – cette fenêtre critique où le virus circule dans le sang et peut infecter tout moustique tigre qui pique.
Le verdict est tombé rapidement : le quartier Santos Dumont grouillait de moustiques tigres adultes et de larves dans un rayon de 150 mètres autour des lieux fréquentés par la personne malade. Une situation à risque qui a immédiatement déclenché le protocole d’urgence.
Pulvérisation ciblée dans l’obscurité
L’intervention, menée par la société Rentokil pour le compte d’Inovalys, se concentrera sur une pulvérisation ciblée d’Aqua K-Othrine, un insecticide à base de pyréthrinoïdes spécialement autorisé pour ce type d’opération.
L’objectif est d’ éliminer les moustiques adultes potentiellement porteurs du virus avant qu’ils ne propagent la maladie.
Le choix de la nuit n’est pas anodin. “C’est le moment où le moustique tigre se repose”, expliquent les autorités sanitaires. Cette stratégie permet non seulement de limiter l’exposition des habitants au produit, mais aussi de préserver la biodiversité locale, notamment les précieux insectes pollinisateurs actifs en journée.
Précautions maximales pour les riverains
Les habitants du périmètre ont reçu consignes strictes par affichage et distribution de flyers : rester à l’intérieur, fermer portes et fenêtres, rentrer animaux domestiques et leurs gamelles, protéger bassins et piscines, couvrir le mobilier de jardin. Après l’intervention, un nettoyage minutieux des surfaces extérieures et un lavage des fruits et légumes du potager s’imposent.
La circulation dans la zone sera totalement interdite pendant les trois heures d’intervention, forçant les riverains à réorganiser leurs déplacements nocturnes.
Le chikungunya, cette menace tropicale
Cette maladie virale, transmise exclusivement par le moustique tigre infecté, reste encore largement méconnue du grand public français. Pourtant, ses symptômes sont particulièrement invalidants : fièvre brutale dépassant 38,5°C, douleurs articulaires aiguës aux extrémités, gonflements, fatigue intense et parfois éruptions cutanées.
Si la plupart des patients guérissent en une dizaine de jours, certains développent une forme chronique avec des douleurs articulaires persistantes. Plus préoccupant encore : il n’existe à ce jour ni traitement spécifique ni vaccin contre cette infection qui touche principalement les zones intertropicales.
Une vigilance collective nécessaire
Au-delà de cette intervention d’urgence, l’ARS rappelle que chaque citoyen peut agir contre la prolifération du moustique tigre. Les gestes sont simples mais cruciaux : éliminer toute eau stagnante, même en petite quantité (coupelles, gamelles, seaux), et signaler la présence de l’insecte sur le site national dédié.
Cette opération exceptionnelle illustre la réalité d’une menace sanitaire émergente. Avec le réchauffement climatique et l’intensification des voyages internationaux, les maladies tropicales franchissent désormais régulièrement nos frontières, transformant chaque retour de voyage en zone à risque en potentielle alerte sanitaire.