
Les forces de l’ordre ont évacué le bâtiment Censive, sur le campus Tertre de Nantes Université, ce samedi 10 octobre au matin. Il était occupé depuis plus de trois jours par plusieurs centaines de personnes, indique l’Université.
L’occupation avait débuté le mercredi 7 octobre 2026, à l’issue d’une assemblée générale réunissant des étudiants. Le mouvement entendait soutenir la mobilisation des lycéens de la région. Face à l’ampleur du blocus, la direction avait d’abord prononcé la fermeture administrative de la majorité des bâtiments du campus.
La veille, la situation s’était fortement dégradée. L’établissement fait état de menaces au couteau, de comportements à risques, de dégradations massives et d’un appel à une mobilisation violente.
L’intervention a été décidée par le préfet de la Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, à la demande de la présidence de l’Université.
Un important dispositif a été déployé. L’évacuation s’est déroulée dans le calme, sans heurts d’après la préfecture. Quatre occupants ont été interpellés.
Des bureaux lourdement vandalisés
Les premières constatations décrivent un bâtiment très délabré : tags, matériel détourné, murs souillés, matériel informatique cassé. Les bureaux des syndicats étudiants et des personnels ont été lourdement vandalisés, précise l’Université. Sur les photos diffusées par la préfecture, on voit aussi des pavés entassés dans des caisses et sur des tables.
Présente sur place, Carine Bernault, présidente de Nantes Université, a fait part de son « écœurement ». « Je condamne avec la plus grande fermeté les dégradations et les actes de vandalisme constatés dans nos locaux. Rien ne peut justifier de tels agissements, qui portent atteinte à notre université, à ses missions et aux personnels et étudiants qui la font vivre au quotidien. L’université c’est un lieu ouvert, c’est un lieu de débat, de discussion, de contradiction, ce n’est pas un lieu qu’on ferme, ce n’est pas un lieu qu’on massacre. »
Le préfet condamne lui aussi fermement des dégradations « très importantes » et félicite les forces de l’ordre pour leur professionnalisme et leur efficacité.
La maire de Nantes, Johanna Rolland, réagit à son tour. « Les dégradations qu’a subies l’Université sont inacceptables. Les auteurs doivent être identifiés et sanctionnés », affirme-t-elle. Alors que les bureaux des syndicats étudiants figurent parmi les locaux saccagés, l’élue adresse son soutien « aux étudiants, à leurs élus syndicaux, à la communauté enseignante et administrative qui se mobilisent pour faire de l’université un lieu de savoir et de démocratie ». Elle s’adresse aussi aux jeunes : « Faites entendre votre voix avec détermination, dans la force d’un mouvement pacifique. »
Le campus Tertre fermé jusqu’à mardi
Le bâtiment Censive restera fermé le temps d’évaluer la situation et de procéder aux travaux de remise en état. L’ensemble du campus Tertre est fermé jusqu’au mardi 13 octobre. Sont concernés les bâtiments Censive, FLCE, Igarun, IAE, Droit, Tertre, le Pôle étudiant et la BU Lettres et droit. L’Université communiquera ultérieurement sur les modalités de reprise.
Ailleurs, le campus Lombarderie, Polytech, l’IUT de Nantes, STAPS, l’INSPE, le SUAPS et la Maison des services universitaires rouvriront lundi 12 octobre. La version des occupants n’est pas connue à cette heure.
Visuel de Une : @Pref44



