Orvault

Orvault : le maire, Sébastien Arrouët, s’ouvre à l’opposition

Élu avec 52 % des voix, le maire d'Orvault joue la carte de la générosité envers ses adversaires. Un geste républicain sincère ou un storytelling savamment orchestré ?

Il aurait pu ignorer ses adversaires, comme tant d’autres. Sébastien Arrouët, fraîchement installé dans le fauteuil de maire d’Orvault le 20 mars dernier, a choisi la voie opposée, et a parlé de cette ouverture dès le conseil d’installation.

Les Orvaltais ont tranché

Pour comprendre le contexte, il faut revenir au soir du 15 mars. Ce jour-là, les Orvaltais ont tranché. Sur 12 356 suffrages exprimés, la liste Un nouvel état d’esprit pour Orvault de Sébastien Arrouët l’emporte avec 52,55 % des voix, soit 6 493 bulletins. En face, la liste Orvault ensemble de Jean-Sébastien Guitton, maire sortant, réunit 47,45 % des suffrages, soit 5 863 voix. L’écart ? 630 bulletins. Une victoire nette dans les urnes, serrée dans les esprits.

Orvault : le maire, Sébastien Arrouët, s'ouvre à l’opposition

Cinq jours plus tard, le vendredi 20 mars à 18 h 30, la Canopée accueillait le conseil d’installation. Sébastien Arrouët est élu maire. La traduction en sièges est, elle, sans ambiguïté : 27 sièges au conseil municipal pour la majorité, 8 pour le groupe Guitton ; 3 sièges au conseil métropolitain contre 1. Jean-Sébastien Guitton, qui avait fait de la continuité son argument de campagne, se retrouve chef d’une opposition numériquement réduite mais politiquement vivace. Il avait tout de même convaincu près d’un Orvaltais sur deux.

« Je serai le maire de tous les Orvaltais,
qu’ils aient ou non voté pour notre liste. »

C’est précisément dans cet entre-deux, victoire indiscutable, adversaire pas si loin, que Sébastien Arrouët choisit de placer son premier geste politique. Et ce geste, il le destine à ses huit élus minoritaires.

Du concret, d’abord : un ordinateur portable par élu, deux heures hebdomadaires de secrétariat, deux titulaires plus un suppléant par commission. Du symbolique, ensuite : le chef de file de l’opposition sera reçu en tête-à-tête par le maire une heure avant chaque conseil municipal. Et de la visibilité, enfin : une vidéo de deux minutes diffusée sur les réseaux sociaux de la Ville à chaque parution du magazine municipal, produite par le service communication, sur le même format que la majorité.

Le tout assorti d’un droit d’inscription d’un sujet à l’ordre du jour de chaque commission. Autrement dit, une opposition qui peut mettre les pieds dans le plat, mais avec les couverts fournis par la maison.

Sébastien Arrouët assume l’oxymore

Être à la fois le champion de la démocratie directe, avec des conseils de quartier promis pour bientôt, et le garant d’une opposition qui fonctionne. « Je sais ce qui manque aux élus d’opposition », glisse-t-il, avec l’aplomb de celui qui mesure mieux que quiconque ce que 630 voix d’écart signifient dans la durée.

Reste la question que personne ne pose franchement : une opposition bien équipée, bien reçue et bien cadrée est-elle encore ?

Visuels : © Nicolas Patault.

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