Loire-Atlantique

Pourquoi le tablier du pont Anne-de-Bretagne tarde-t-il à arriver ?

Nos lecteurs nous posent des questions à propos du retard du tablier du Pont Anne-de-Bretagne : explications.

Parti d’Italie fin octobre 2025, le tablier du pont Anne-de-Bretagne n’est toujours pas arrivé à Nantes. Ce que Nantes Métropole présentait comme un voyage maritime et fluvial de quatre semaines s’est transformé en odyssée : barge initiale inadaptée à l’Atlantique, escales forcées à Cadix puis Almeria, remplacement par un navire semi-submersible… Et désormais, le Trustee et sa précieuse cargaison patientent au large de Belle-Île-en-Mer, dans l’attente d’une fenêtre météorologique et hydrologique favorable. Crues de la Loire, tempêtes Nils et Pedro : les obstacles s’accumulent. On fait le point sur les raisons de ce retard et sur ce qu’il reste à accomplir avant que le tablier puisse rejoindre Nantes.

Q — Pourquoi le Trustee ne peut-il pas entrer dans l’estuaire de la Loire ?

Trois facteurs doivent s’aligner simultanément pour que la manœuvre soit possible : des vents faibles et stables sur une fenêtre d’au moins trois à quatre jours, un débit de la Loire revenu à un niveau compatible avec la navigation d’une barge de 2 200 tonnes, et des coefficients de marée suffisamment modérés. En ce mois de février 2026, la crue de la Loire et les tempêtes successives — Nils puis Pedro — rendent cette conjonction impossible à obtenir. Le navire se met à l’abri au large de Belle-Île-en-Mer dans l’attente d’une fenêtre favorable.

Pourquoi le tablier du pont Anne-de-Bretagne tarde-t-il à arriver ?

Q — Quand le tablier du pont Anne-de-Bretagne arrivera-t-il à Nantes ?

Aucune date précise n’a été communiquée par Nantes Métropole ni par le groupement GTM Ouest / Dodin Campenon Bernard / Cimolai. L’arrivée dépend directement de la décrue de la Loire, de l’accalmie météorologique et des conditions de marée dans l’estuaire. Une fois ces conditions réunies, il faudra encore compter trois jours pour désolidariser la barge du Trustee, puis environ huit heures de remontée fluviale depuis Saint-Nazaire jusqu’au port de Cheviré, aux portes de Nantes.

Q — Pourquoi avoir remplacé la barge d’origine par le navire Trustee ?

La barge initiale, tractée par deux remorqueurs depuis le port de Monfalcone en Italie, n’était pas dimensionnée pour affronter une houle atlantique formée. Bloquée d’abord à Cadix puis repliée à Almeria face aux conditions en mer, elle a dû être relevée par un navire semi-submersible de transport lourd. Le Trustee, appartenant au groupe néerlandais Boskalis, mesure 216 mètres de longueur et peut porter jusqu’à 54 000 tonnes. Sa capacité à naviguer dans des conditions météorologiques difficiles le rendait bien plus adapté à la portion atlantique du trajet.

Q — À quoi sert le port de Cheviré dans l’acheminement du tablier ?

Le port de Cheviré, situé à l’ouest de Nantes, constitue l’étape intermédiaire entre Saint-Nazaire et le site de pose définitive. C’est là que la barge sera amarrée plusieurs jours pour les derniers préparatifs techniques avant la manœuvre finale. Elle remontera ensuite le bras de la Madeleine à marée haute pour venir se positionner au droit du pont Anne-de-Bretagne actuel, dans une opération d’une précision extrême.

Q — Le retard du tablier va-t-il décaler la fin du chantier du pont Anne-de-Bretagne ?

Non, selon les informations communiquées par Nantes Métropole et le groupement de construction. La date de livraison du futur pont reste fixée à fin 2027. Pendant l’attente du tablier, les équipes ont anticipé certains travaux initialement prévus après sa pose, permettant de compenser une partie du retard accumulé. Aucun surcoût n’a par ailleurs été répercuté sur la métropole nantaise.