La Bernerie-en-Retz

Renforcer la sécurité sanitaire des huitres en Loire-Atlantique

Un indicateur précurseur novateur pour prémunir les conchyliculteurs des problèmes de contamination des produits au norovirus.

Renforcer la sécurité sanitaire des huitres en Loire-Atlantique afin de valoriser le travail des ostréiculteurs et garantir un produit de qualité au consommateur et le but d’une expérimentation prochaine menée avec les professionnels de la filière.

La hantise pour un ostréiculteur est l’interdiction de mise en vente de ses produits pour une période donnée. Les contrôle de la salubrité des coquillages se fait constamment pour la sécurité des consommateurs. Les conchyliculteurs se donnent pourtant beaucoup de travail pour arriver à fournir des produits de qualité.

Renforcer la sécurité sanitaire des huitres en Loire-Atlantique
Les représentants es conchyliculteurs et le directeur du GERS autour de M.Fabrice-Rigoulet-Roze lors de la signature de la convention.

Les professionnels de la conchyliculture en Loire-Atlantique et Vendée font face depuis plusieurs années à un problème récurrent : la contamination des eaux par le norovirus. Cette pollution, principalement causée par les épidémies hivernales de gastro-entérite et les rejets d’eaux usées dans les zones d’élevage, menace directement la salubrité des coquillages produits. Les conchyliculteurs ont par le passé, déposé plainte contre la SAUR et contre X.

Une nouvelle approche de surveillance sanitaire pour la conchyliculture

Ce mercredi 30 juillet, Fabrice Rigoulet-Roze réunissait les acteurs de la filière pour la signature d’un accord préparatoire, chez Frédéric Moulin des Mille et une huitres à la Bernerie-en-Retz. Philippe Le Gal président du Comité national de la conchyliculture, GERS DATA, les services de l’État et l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire. Cette collaboration inédite vise à développer un système de surveillance renforcé pour protéger les consommateurs et préserver la qualité des produits conchylicoles.

Un défi sanitaire persistant

Face aux défis posés par les pics épidémiques hivernaux, les partenaires explorent une approche préventive originale. Le principe est simple : suivre de près les ventes de médicaments antidiarrhéiques dans les pharmacies.

Dès qu’une hausse notable est détectée, des mesures seraient immédiatement prises pour protéger l’approvisionnement en eau des exploitations conchylicoles.

Pour mettre en œuvre cette surveillance, GERS DATA, une société francilienne qui collecte les données de vente de 82 % des pharmacies françaises, s’est associée au Comité national de la conchyliculture. Ensemble, ils vont tester ce système pendant six mois, à partir du 15 novembre 2025. David Syr, directeur général de GERS DATA, exprime son engagement : « Nous sommes fiers de participer à cette démarche ‘Une Seule Santé’ et de concevoir avec le secteur conchylicole des indicateurs sanitaires avancés. Les données de GERS DATA constituent un langage vivant qui doit être exploitable. Elles n’ont de valeur que si elles trouvent une application concrète et quotidienne. »

Un soutien institutionnel fort

Les autorités régionales apportent leur plein soutien à cette initiative. Fabrice Rigoulet-Roze, préfet des Pays de la Loire, salue cette mobilisation collective : « Une fois encore, nous observons cette capacité de mobilisation collective qui caractérise les Pays de la Loire. Face aux difficultés, les acteurs territoriaux savent unir leurs forces. Il convient de saluer l’engagement du Comité national et régional de la conchyliculture, des professionnels de Loire-Atlantique et de Vendée, ainsi que de GERS DATA, qui ont su identifier leurs besoins communs et construire un partenariat permettant une expérimentation en conditions réelles. Si les résultats sont concluants, nous pourrons pérenniser et étendre cette action à l’échelle nationale. »

Vers une approche « Une Seule Santé »

Cette initiative dépasse le cadre strictement conchylicole pour s’inscrire dans une vision interministérielle des politiques de santé environnementale. L’approche « Une Seule Santé » reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et celle des écosystèmes. Le plan régional santé-environnement des Pays de la Loire a fait de cette démarche un axe stratégique transversal, et l’expérimentation qui s’annonce en constitue une application concrète.

La convention du 30 juillet 2025 ouvre la voie à l’élaboration d’un protocole expérimental, avec pour objectif de lancer le suivi en temps réel de la consommation médicamenteuse dès le 15 novembre 2025.

Les eaux de Loire-Atlantique sont surveillées en permanence

Les zones de production de coquillages sont régulièrement contrôlées afin de s’assurer de la qualité des coquillages qui en sont issus et de la pérennité du classement sanitaire. En Loire-Atlantique, le littoral est découpé en quinze zones de surveillance.

Les contaminants suivants bénéficient d’un suivi dans ce cadre :
• Contaminants microbiologiques, via le réseau de surveillance REMI ;
• Contaminants phycotoxiniques, via le réseau de surveillance REPHY ;
• Contaminants chimiques, via le réseau de surveillance ROCCH.

L’Ifremer coordonne la mise en œuvre des réseaux d’observation et de surveillance de la mer côtière. Il publie un rapport chaque année disponible.

Chaque zone de production de coquillage, cartographie disponible, dispose de plusieurs points de surveillances.

Le fréquence des prélèvements est variable. La surveillance est organisée en deux volets :
Surveillance régulière avec un échantillonnage bimensuel, mensuel, bimestriel ou adapté pour les exploitations saisonnières.

Surveillance en alerte avec une surveillance renforcée jusqu’à la levée du dispositif d’alerte avec réalisation de prélèvements et d’analyses supplémentaires.