
Il y a des baptêmes qui résonnent au-delà du bassin où ils se tiennent. Celui de l’Orient Express Corinthian, ce mercredi 29 avril 2026 dans la forme Joubert de Saint-Nazaire, est de ceux-là. Le lieu lui-même impose le silence : c’est ici que fut mis à flot le Normandie, en 1932, paquebot mythique qui fit rayonner le génie industriel et artistique français dans le monde entier. Près d’un siècle plus tard, Chantiers de l’Atlantique récidive avec un navire qui entend, à sa façon, marquer son époque.
Une prouesse née en Pays de la Loire
L’Orient Express Corinthian est long de 220 mètres, large de 25 mètres, et pèse 15 000 tonnes. Il est équipé de trois voiles rigides SolidSail de 1 500 m² chacune, culminant à plus de 100 mètres, conçues, développées et fabriquées en régions Bretagne et Pays de la Loire. Ces voiles orientables à 360 degrés, inclinables jusqu’à 70 degrés, permettent une propulsion 100 % vélique par conditions favorables — une première absolue pour un navire de cette taille.
Les essais en mer conduits en février 2026 ont confirmé les performances : par 20 nœuds de vent, le navire a atteint 12 nœuds par la seule force du vent. Une performance qui valide dix ans de recherche et développement menés par les équipes nazairiennes.
Ce système révolutionnaire est complété par une propulsion hybride au gaz naturel liquéfié et de nombreux dispositifs d’efficacité énergétique, lui valant le meilleur indice EEDI de sa catégorie. Un système de détection assisté par intelligence artificielle surveille en continu la présence de mammifères marins. La technologie de positionnement dynamique préserve les fonds marins en s’affranchissant du mouillage.
Le navire est entièrement réalisé en France, par près de 200 entreprises conduites par Chantiers de l’Atlantique, selon la vision de l’architecte Maxime d’Angeac, Directeur artistique d’Orient Express.
Une cérémonie chargée d’histoire
La cérémonie s’est ouverte par un salut aérien de quatre Fouga Magister aux couleurs bleu, blanc, rouge — rappel de l’histoire industrielle de Saint-Nazaire, dont les chantiers navals étendent leur expertise à l’aéronautique depuis les années 1920. Les trois voiles rigides SolidSail ont ensuite été hissées en prélude aux discours.
Catherine Chabaud, Ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, a officiellement remis le pavillon tricolore à Laurent Castaing, Directeur général de Chantiers de l’Atlantique, autorisant ce navire à battre pavillon français. Laurent Castaing a alors remis le navire à Sébastien Bazin, Président-Directeur général d’Accor, et Philippe Heltland Brault, Président d’Orient Express Sailing Yachts.
Philippe Heltland Brault a confié le commandement à son commandant Éric Saint-Plancat, qui a ordonné le hissage du pavillon français et de la flamme Orient Express, aux accents de la Marseillaise. La cérémonie s’est conclue par la bénédiction du navire par Monseigneur Nicolas, Archevêque orthodoxe, et le cassage traditionnel d’un Balthazar.
Un écrin de l’art de vivre français
À bord, 54 suites réparties sur quatre ponts, dont les surfaces varient de 45 à 230 m², toutes dotées de fenêtres panoramiques. Les matériaux nobles — cuirs, essences de bois précieux, marbres — composent des intérieurs qui convoquent l’âge d’or du voyage, celui du train Orient Express et des grands paquebots, dans une modernité épurée. Un majordome est dédié à chaque cabine.
Cinq restaurants et salles à manger privées sont placés sous la direction culinaire du chef multi-étoilé Yannick Alléno. Huit bars, dont un speakeasy Art déco, un théâtre de 115 places, un studio d’enregistrement, un spa Guerlain, un couloir de nage de 16,5 mètres et une marina complètent l’offre, proposée en formule tout-inclus. L’équipage compte 170 personnes pour 110 passagers.
Cap sur la Méditerranée
L’Orient Express Corinthian appareillera de Saint-Nazaire le 2 mai 2026 pour rejoindre la Côte d’Azur avant d’entamer sa saison inaugurale. De mai à octobre 2026, il sillonnera la Méditerranée et la mer Adriatique, avant de traverser l’Atlantique à l’automne pour rejoindre les Caraïbes. En 2027, de nouveaux itinéraires étendront son sillage vers la Méditerranée orientale et l’Europe du Nord.
À quelques mètres du lieu de la cérémonie, au quai de Penhoët, son sistership l’Orient Express Olympian est déjà en cours d’armement après sa mise à flot le 17 avril 2026.




