Clisson

Vignoble nantais : deux communes s’organisent face au radon

Le radon est un gaz invisible avec une radioactivité néfaste pour l'homme.

Vignoble nantais : deux communes s’organisent face au radon, ce gaz radioactif méconnu.

Clisson et Gétigné multiplient les actions de sensibilisation contre ce polluant naturel classé deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Un enjeu de santé publique ignoré sur un territoire à haut risque.

Les sols granitiques du vignoble nantais recèlent un danger invisible. Le radon, gaz radioactif naturel sans odeur ni couleur, s’accumule dans les habitations de ce territoire classé à « potentiel radon élevé » par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Face à ce risque sanitaire méconnu, les municipalités de Clisson et Gétigné organisent en janvier 2026 une nouvelle campagne de prévention, en partenariat avec l’UFC Que Choisir.

Un territoire particulièrement exposé au radon

La géologie locale explique cette vulnérabilité. Le radon provient de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans les roches granitiques du sous-sol. Si ce gaz se dilue rapidement en plein air, il peut atteindre des concentrations préoccupantes lorsqu’il s’infiltre dans les bâtiments par les fissures, les joints ou les passages de canalisations.

Le secteur du vignoble nantais cumule plusieurs facteurs aggravants : la nature granitique des sols, la présence d’une ancienne mine d’uranium à Gétigné et la dissémination de stériles miniers sur le territoire. L’exposition prolongée au radon constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France, après le tabagisme, selon les données de santé publique.

Des mesures révélatrices

Depuis 2020, Clisson mène une politique volontariste sur ce sujet. La première réunion publique, organisée avec l’UFC Que Choisir de Nantes, avait rassemblé plus de cent participants. Les éditions suivantes en 2022, 2023 et 2025 ont permis de distribuer 161 dosimètres gratuits aux habitants. Ces dispositifs mesurent la concentration de radon dans l’air intérieur pendant deux mois.

Les résultats se sont révélés préoccupants : 40 % des mesures effectuées dépassaient le seuil recommandé nécessitant des interventions dans l’habitat. Les foyers concernés ont reçu des conseils personnalisés par courrier ou téléphone pour réduire leur exposition.

Des solutions souvent simples

Contrairement aux idées reçues, réduire la concentration de radon ne nécessite pas systématiquement de travaux coûteux. Dans plus de trois quarts des cas, des mesures simples suffisent : améliorer la ventilation naturelle, colmater les fissures du sol et des murs en contact avec la terre, aérer quotidiennement les pièces, particulièrement celles situées au rez-de-chaussée ou en sous-sol.

Deux permanences en janvier

Les habitants sont invités à participer aux permanences organisées dans chaque commune. Le jeudi 8 janvier, de 15 heures à 19 heures, le Cercle Olivier de Clisson, situé 1 place Jacques Demy, accueillera les Clissonnais. Le lundi 12 janvier, de 14 heures à 17 heures, ce sera au tour de la salle de la Butte, 4 rue du Pont Jean Vay à Gétigné, de recevoir les habitants.

Ces permanences proposent des échanges d’environ trente minutes avec des intervenants de l’UFC Que Choisir. Au programme : explication des voies de pénétration du gaz dans les habitations, démonstration des méthodes de mesure et remise gratuite de dosimètres aux résidents volontaires sur présentation d’un justificatif de domicile. Les participants recevront ensuite un accompagnement personnalisé selon les résultats obtenus.

Cette démarche de santé environnementale illustre la prise de conscience progressive des collectivités locales face aux pollutions intérieures, longtemps négligées au profit des risques extérieurs. Reste à espérer que l’initiative de ces deux communes du vignoble inspire d’autres territoires confrontés à la même problématique géologique.

Visuel de Une : © Franck Horst.