
Violences sexistes et sexuelles : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher au Sénat.
La députée de Loire-Atlantique a rencontré mercredi le président du Sénat pour évoquer la lutte contre les VSS. Si des avancées sont espérées, plusieurs questions restent sans réponse.
Sandrine Josso a été reçue mercredi 11 février par Gérard Larcher au palais du Luxembourg, faisant suite à sa lettre ouverte du 29 janvier dernier. L’entretien, qui a duré une heure, s’inscrit dans le contexte du procès de l’ancien sénateur Joël Guerriau, dont la députée fut la victime.
Des zones d’ombre persistantes
Malgré une rencontre qualifiée de « très cordiale », Sandrine Josso déplore l’absence de réponses claires sur certains points cruciaux. Concernant le silence du président du Sénat à son égard et la non-saisine du comité de déontologie en novembre 2023, elle confie : « je n’ai eu lors de ce rendez-vous ni excuses ni réponses claires. Aujourd’hui, cela reste toujours profondément incompréhensible pour moi. »
La députée s’inquiète également du « double langage » de Gérard Larcher sur les révélations concernant les pratiques de certains sénateurs, déclarant : « je ne suis pas rassurée sur les agissements qui pourraient perdurer au Sénat. »
Formation des parlementaires : un engagement du Sénat
L’entretien a néanmoins permis des avancées concrètes. Sandrine Josso a évoqué la nécessité de formations sur les violences sexistes et sexuelles pour l’ensemble des parlementaires, leurs collaborateurs et agents. Sur ce point, Gérard Larcher « m’a assuré de son soutien immédiat plein et entier pour que la même démarche soit engagée concomitamment au Sénat », une position que la députée salue.
La soumission chimique au cœur des discussions
Une large partie de l’entretien a porté sur le rapport remis le 12 mai 2025 concernant la mission gouvernementale sur la soumission chimique, menée avec la sénatrice Véronique Guillotin. Sandrine Josso a abordé de nombreux enjeux : le psychotrauma, la victimisation secondaire, le contrôle coercitif, ou encore la vulnérabilité chimique.
La députée a recommandé à Gérard Larcher de rencontrer les magistrats Gwenola Joly-Coz et Éric Corbaux, ainsi que le Dr Leila Chaouachi, spécialiste des agressions facilitées par les substances. Elle déplore le retard français sur ces questions et affirme : « La France dans toutes ses composantes doit faire preuve de plus d’empathie avec les victimes. »
Une loi-cadre attendue
L’entretien s’est conclu sur la nécessité d’une grande loi-cadre contre les violences sexistes et sexuelles. Gérard Larcher a proposé de collaborer avec la présidente de l’Assemblée nationale pour accélérer l’examen du projet de loi porté par la ministre Aurore Bergé. Le président du Sénat souhaiterait attendre septembre 2026, mais Sandrine Josso a insisté pour une adoption « au cours du second trimestre 2026 », estimant que ce projet « doit ne pas être à nouveau repoussée par les échéances électorales de 2027. »
La députée conclut avec un message d’espoir, saluant toutes les victimes « qui ont l’immense courage de parler » et qui « sont de plus en plus nombreuses tous les jours à briser le silence. »