Trois cloches de 5 mètres de haut et 4 mètres de diamètre ont remonté le quai Jean-Pierre-Fougerat, à Couëron, sur quatre convois exceptionnels. Vingt-cinq tonnes de matériel en tout. Elles composent le nouveau four de recuit de Lambert Manufil, en service depuis cette année dans l’usine de fil d’acier des bords de Loire.
L’ancien équipement ne suivait plus
Chez ce tréfileur, le fil est d’abord étiré à froid pour atteindre le diamètre voulu. Il passe ensuite au four, où la chaleur lui rend souplesse et tenue mécanique : sans cette étape, pas d’allongement ni de malléabilité suffisants pour les clients, qu’ils travaillent dans la menuiserie, le bâtiment, l’automobile ou la galvanisation.
Le nouveau accepte jusqu’à 15 tonnes par cycle, trois fois plus qu’auparavant d’après l’entreprise, qui table sur 1 000 tonnes de fil recuit supplémentaires chaque année. Côté consommation d’énergie et conditions de travail, elle annonce des progrès sans avancer de chiffres.
Deux ans de préparation
Le projet a occupé plus de deux ans le responsable industriel du site et un constructeur européen dont le nom n’a pas été communiqué. L’atelier a dû être réorganisé autour de la machine, pendant que la production continuait. Les opérateurs sont aujourd’hui formés à son pilotage.
Carine Chesneau préside le Groupe Lambert. Son arrière-grand-père a fondé l’entreprise en 1924, elle en représente la quatrième génération. « C’est un projet stratégique, un investissement majeur pour la pérennité de nos activités industrielles, que je suis fière de voir se réaliser », dit-elle.
De la clef ouvre-boîte à la pointe
Tout est parti d’une clef ouvre-boîte. L’usine en produit encore, ces petites clefs qu’on trouve sur les boîtes de corned beef, mais son catalogue s’est élargi aux pointes, aux agrafes pour toiles de paillage, aux arceaux de maraîchage et aux fils pour l’agriculture ou le bâtiment. Tréfilerie, traitement thermique, dressage, pliage et pointerie se répartissent dans cinq ateliers, où travaillent une quarantaine de personnes.

Le groupe familial, qui revendique 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et 95 salariés, possède une seconde activité avec Lambert Clôtures, fournisseur des paysagistes de l’Ouest et d’Île-de-France.
Sur l’origine de l’acier, les chiffres varient selon les documents. Le communiqué parle de fil entièrement issu du recyclage ; la présentation de l’entreprise évoque plus de 90 % d’un acier refondu en four électrique, produit en Europe, au plus loin à Hambourg.
Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant et membre de La French Fab depuis 2018, la société compte sur sa nouvelle capacité pour démarcher des clients à l’étranger.
Visuels : © Lambert Manufil



