
Châteaubriant : un village pour que les frères et sœurs ne soient plus déchirés.
En Loire-Atlantique, la fondation Action Enfance a ouvert son premier Village d’Enfants en juillet. Un pied de nez à la séparation systématique des fratries placées.
Au 200è jour de fonctionnement, une visite Action Enfance et le Département organisait une visite du lieu de vie des enfants. Sur le site de l’ancienne compagnie de Gendarmerie de Châteaubriant, au 3, rue de Verdun, C’est une évidence qui ne va pas de soi : les frères et sœurs devraient pouvoir grandir ensemble, même quand l’État leur retire leurs parents. Pourtant, en Loire-Atlantique, des centaines de fratries relevant de la protection de l’enfance sont aujourd’hui éparpillées aux quatre vents, faute de places adaptées. Le département compte 7 500 enfants protégés, mais jusqu’à présent, aucune structure n’était pensée pour maintenir ces liens fraternels.
Le premier de trois villages en Loire-Atlantique
Ce vendredi 30 janvier 2026, Action Enfance inaugurait son premier Village d’Enfants et d’Adolescents à Châteaubriant. Cinq maisons, trente places, vingt-deux éducateurs familiaux. Une goutte d’eau ? Sans doute. Mais une goutte qui compte pour les fratries qui y vivent déjà depuis juillet dernier, et qui ne connaîtront pas l’arrachement supplémentaire d’être séparées de leurs frères et sœurs.
Depuis près de soixante-dix ans, la fondation défend ce principe simple : un enfant placé a déjà tout perdu, ne lui prenez pas aussi sa fratrie. Dans ses dix-neuf Villages répartis en France, plus de mille jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance partagent un quotidien de type familial, loin du ballet des foyers collectifs. Ici, on mise sur la stabilité, la durée, l’ancrage. Des éducateurs formés, présents vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans des maisons à taille humaine.
L’investissement du Département de Loire-Atlantique est conséquent : 2,8 millions d’euros pour ce premier Village, et deux autres suivront d’ici 2027 à Saint-Nazaire et dans la région nantaise, créant au total cent dix nouvelles places. Un effort rare quand les budgets de la protection de l’enfance sont constamment sous tension.
« Au-delà des chiffres, ce qui compte, ce sont les trente enfants qui vivent ici aujourd’hui », insiste Jamel Senhadji, directeur du Village de Châteaubriant. Derrière les statistiques, il y a des prénoms, des histoires fracassées, et surtout des liens fraternels préservés. Parce qu’un grand frère qui tient la main de sa petite sœur, ça n’a pas de prix. Même quand on a six ans et qu’on a déjà tout perdu.
Maeva Marques, éducatrice
Maeva a fait sa scolarité à Châteaubriant. Elle est aujourd’hui éducatrice spécialisée auprès d’enfants. Charge pour elle de veiller au bien êtres des jeunes résidents d’une maison. Claire, spacieuse, un coin cuisine, un beau salon pour la partie jour et un couloir distribuant les chambres. A l’Ouest un jardin spacieux, transformé en pelouse pour l’instant.

Maeva Marques travaille huit jours d’affilée 24/24. Puis ce sera six jours de repos. Elle s’occupe de tout, la journée, les enfants sont scolarisés, il y a le ménage à faire, la cuisine, tous les repas sont réalisés sur place » avec des légumes et un exception un plateau télé, une fois par semaine ». Pour Maeva, il est important d’être en immersion complète, de se lever, de manger, de vivre avec, afin de répondre au mieux à leurs attentes.
Angélique d’enfant placée à éducatrice
Angélique a un beau sourire, elle raconte son parcours un peu particulier : » Je suis une enfant placée et aujourd’hui e, je suis stagiaire « J’ai vécu à Amboise en maison d’enfants, puis à Chinon » » J’ai compris que je suis mieux ici que partout ailleurs. » Aujourd’hui à quelques jours de ses dix-huit ans, elle a décidé de consacrer sa vie professionnelle à la protection de l’enfance.
Visuels : © Alain Moreau