Loire-Atlantique

Des herses robotisées pour mieux lutter contre les refus d’obtempérer en Loire-Atlantique

La Gendarmerie de Loire-Atlantique est désormais équipée d'une herse robotisée télécommandée pour faire face à la hausse des refus d'obtempérer : elle a été présentée ce mercredi 15 avril sur la D723 entre Nantes et Ancenis, en présence du préfet Fabrice Rigoulet-Roze et du général Laurent Le Gentil. Une centaine d'exemplaires de ce dispositif signé Shark Robotics est déjà déployée en zone gendarmerie, sur l'ensemble du territoire national.

Face à la recrudescence des refus d’obtempérer, la gendarmerie de Loire-Atlantique se dote d’un nouvel outil technologique : une herse robotisée télécommandée, capable de neutraliser à distance un véhicule en fuite en se déployant en seulement 2,5 secondes sur la chaussée.

Un dispositif compact, robuste et adaptable à tous les terrains

Côté technique, les nouvelles herses, peuvent se déployer entre 2 et 4,2 mètres. Le dispositif couvre efficacement la largeur d’une voie de circulation. Compact et transportable 75 × 52 × 18 cm pour 42 kg, ce système peut être acheminé à la main ou par véhicule, et mis en œuvre rapidement sur n’importe quel type de terrain. Un châssis en acier inoxydable, peut sortir par tous les temps (protection IP55) et fonctionne de -20 °C à +60 °C.

Des herses robotisées pour mieux lutter contre les refus d'obtempérer en Loire-Atlantique

La herse est commandée à distance par simple pression sur un bouton-poussoir, depuis une distance pouvant atteindre 300 mètres, en ligne de vue directe. Ce mode de commande à distance constitue l’un des atouts majeurs du système : les militaires n’ont plus à s’exposer physiquement lors des interceptions, réduisant considérablement les risques en situation de refus d’obtempérer qu’il pouvaient connaître avec le système Stop Stick. L’immobilisation des véhicules reste par ailleurs progressive et contrôlée. La herse est composée d’aiguilles creuses afin que les pneus des contrevenants se dégonflent sur plusieurs centaines de mètres et ainsi éviter un accident.

Les pointes sont, elles, réinitialisables directement sur le terrain, ce qui garantit une remise en service rapide après utilisation.

Un fléau en hausse : près de deux refus d’obtempérer par jour en Loire-Atlantique

Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de Loire-Atlantique, et le général Laurent Le Gentil, commandant la région de Gendarmerie des Pays de la Loire, se sont retrouvés ce mercredi 15 avril sur la D723, entre Nantes et Ancenis, au niveau de la Robinière, commune du Cellier. À l’occasion d’un contrôle routier, ils ont pu observer en conditions réelles les capacités opérationnelles du dispositif. Fabrice Rigoult-Roze explique la nécessité d’utiliser de tels moyens :

« Une augmentation assez significative des refus d’obtempérer cette année. C’est un fléau, hein, sur la route. Il y en a quasiment deux par jour en Loire-Atlantique. Deux par jour en Loire-Atlantique. Donc c’est évidemment pas anodin. Et en général, quand un chauffeur ou une chauffeuse refuse de s’arrêter, c’est pas pour de bonnes raisons. C’est en général parce qu’il y a des choses à cacher, ou il y a une volonté de se soustraire aux forces de l’ordre. Donc en soi, c’est une infraction. »

Sur la D723, le préfet et le général au contact du dispositif

«Ce dispositif permet une gestion à plus grande distance. Donc : sécurité des militaires et des forces de sécurité intérieure ; sécurité aussi de celui ou de celle qui refuse d’obtempérer, puisque ça permet, à distance et donc sur une certaine longueur, au véhicule de s’arrêter sans causer d’accident ; et enfin sécurité des tiers, parce que ça évite des courses-poursuites et surtout des sur-accidents impliquant des gens, sur la route, qui se retrouvent confrontés à des comportements pouvant causer de très graves dommages, à la fois corporels, à la fois aux militaires et aux autres usagers de la route. » insiste le Préfet.

Le département a reçu deux exemplaires du Shark Spike, et une centaine a été fournie en zone Gendarmerie, dans toute la France.

Le chef d’escadron Lionel Tanguy, pour sa part, explique que ce tout nouveau dispositif de herse motorisée ne sera pas utilisé à chaque contrôle systématiquement « mais dès que c’est un contrôle un petit peu dimensionné, où on emploie 7 à 8 militaires, c’est un dispositif qu’on emporte avec nous, parce que c’est très efficace et très dissuasif. »

Deux exemplaires en Loire-Atlantique, une centaine déployés en France

« Alors le côté dissuasif, c’est bien sûr la place que ça prend sur la chaussée. Donc les gens voient qu’il y a quelque chose de pas habituel à côté de nous. Et ce qui est efficace, c’est qu’en appuyant très rapidement, l’air se déploie jusqu’à une distance de 4,35 mètres. Donc ça vous couvre complètement une chaussée. Ça permet d’arrêter complètement le véhicule. »

« Alors, le nombre de refus d’obtempérer est en augmentation, effectivement, et évidemment la Loire-Atlantique ne fait pas exception. Nous avons aussi une augmentation du nombre de refus d’obtempérer. En chiffres, on est à plus 12 % par rapport à 2025, sur la même période bien sûr. Et je ne vous parle qu’en zone gendarmerie, hein, parce que je ne lis pas les chiffres de la police nationale. » poursuit Lionel Tanguy, commandant de l’escadron départemental de la sécurité routière de la Loire Atlantique (EDSR).

+12 % de refus d’obtempérer en zone gendarmerie

« En fait, dans beaucoup de cas, ce sont des délits routiers. Quand on arrive à intercepter la personne, c’est souvent une alcoolémie ou une conduite sous stupéfiants. Mais évidemment, pour lutter efficacement contre la criminalité organisée, ce dispositif permet aussi d’arrêter des trafiquants, des gens qui ont commis des délits un peu plus importants, comme des enlèvements d’enfants. Il ne faut pas oublier que c’est quand même un outil qui permettrait d’arrêter un véhicule dans le cadre du plan Alerte Enlèvement. Donc c’est quelque chose qu’on a, et qui va être appelé à remplacer nos anciens dispositifs, les stop sticks, qui étaient des bâtons triangulaires qu’on mettait sous les roues. Là, ça va permettre un emploi où l’utilisateur sera protégé, puisque la télécommande permet de déclencher à 300 mètres. C’est ce côté-là aussi qui est surtout intéressant pour nous et pour la sécurité de nos militaires. »

Sharks Robotics, une expertise française née à La Rochelle

C’est depuis La Rochelle que Sharks Robotics a mis au point la herse robotisée présentée ce jour. Cette PME française, fondée en 2016, s’est imposée comme un acteur reconnu dans le domaine des systèmes robotiques à usage opérationnel, des robots de lutte contre l’incendie aux engins de déminage, en passant par les équipements de sécurité et de défense. Toute la chaîne de conception et d’assemblage est réalisée en France, intégrant robotique, intelligence artificielle et motorisation autonome. C’est précisément cette expertise dans les environnements contraignants et les missions à hauts risques qui a conduit la gendarmerie à se tourner vers le savoir-faire rochelais pour équiper ses unités d’un outil capable de neutraliser un véhicule en fuite, à distance et sans mettre en danger ses militaires.

Désormais pleinement intégré aux moyens d’intervention de la gendarmerie, cet équipement illustre la volonté des forces de l’ordre de s’adapter aux nouvelles formes de danger auxquelles elles sont confrontées sur le terrain.

Visuels : © Alain Moreau et Shark Robotics.

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