Trignac

Eco-Centre de Trignac : sur l’ancienne usine RFS, les questions en suspens

Avant d'accueillir l'Eco-Centre voté mardi 29 septembre par la CARENE, le terrain de la rue de la Cité Netter à Trignac abritait l'usine RFS, fermée par Nokia en 2023. Retour sur un projet relancé depuis 2023 et sur les questions que la délibération laisse de côté.

Mardi 29 septembre 2026, les élus communautaires doivent donner le feu vert à l’Eco-Centre de Trignac, dont le programme et le montage financier sont détaillés dans notre compte rendu de l’ordre du jour. Au-delà de la délibération, les documents publics éclairent l’origine du projet et soulèvent plusieurs interrogations.

Une relance annoncée dès 2023

Le dossier chemine depuis plusieurs années. Dès son rapport 2023 consacré au service public des déchets, la CARENE annonçait vouloir remettre sur les rails ce projet d’équipement, désormais localisé à Trignac. Parler de relance suppose une première mouture, restée sans suite ou prévue sur un autre terrain. Les documents consultés n’en gardent aucune trace.

La machine s’est remise en route à l’automne 2025. Le 21 octobre, la SPL Sonadev Territoires Publics a publié un avis de marché pour recruter un programmiste, avec une remise des offres fixée au 19 novembre à 12 h. L’avis situait le chantier rue de la Cité Netter et prévoyait une mission d’un an, à partir de janvier 2026 à titre indicatif.

D’où une interrogation sur le calendrier. En théorie, la programmation courrait jusqu’au début de 2027. Les élus sont pourtant appelés à valider dès septembre un programme arrêté et une enveloppe chiffrée à l’euro près. Qui a été retenu pour cette mission, et pour quel montant ? Les pièces disponibles ne le précisent pas.

Une friche née d’un plan social

Avant les bennes, il y avait les antennes. Radio Frequency Systems, filiale de Nokia, produisait sur ce terrain des paraboles destinées aux réseaux de télécommunications. Annoncée en janvier 2023, la fermeture a coûté leur emploi à 117 salariés trignacais, sur 165 suppressions en France, sans qu’aucun repreneur ne se présente malgré la loi Florange. Pour le délégué CGT de l’époque, il s’agissait du dernier site européen fabriquant ce type d’antennes, avec 63 000 exemplaires sortis en 2022.

Le sol, grand absent de la délibération

Rien, dans le texte soumis au vote, ne renseigne sur l’état du terrain. Une étude d’impact commandée en 2018 par la CARENE, lors du projet de liaison routière entre Trignac et Montoir-de-Bretagne, signalait pourtant que l’ancienne usine figure dans BASIAS. Cette base recense les activités industrielles passées ayant pu laisser des traces dans les sols ; RFS y apparaît pour des traitements chimiques. Une telle mention ne prouve aucune pollution, mais elle rend un diagnostic indispensable.

L’expérience locale montre que la facture peut peser lourd. À quelques centaines de mètres, la reconversion des friches de Certé a englouti près de la moitié de son budget dans l’achat des terrains et le traitement des sols.

Ce qui reste à éclaircir

Plusieurs réponses manquent encore. Quel est le propriétaire actuel du terrain, et à quel prix l’agglomération l’a-t-elle acquis ou compte-t-elle l’acquérir ? Un diagnostic de sols a-t-il été réalisé, et avec quelles conclusions ? Quelle date d’ouverture est visée ? Reste enfin à savoir comment l’opérateur unique retenu s’articulera avec les acteurs du réemploi déjà implantés, à commencer par la recyclerie Au Bonheur des Bennes, présente à Cuneix, Pornichet et Saint-Malo-de-Guersac.

Visuel d’illustration : © Etienne Girardet

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