
Entre la mi-juin et le début du mois de septembre 2026, la commune a dû faire face à cinq occupations illicites de terrains par des gens du voyage, une fréquence inédite qui a fini par user les nerfs de l’équipe municipale.
Le Bignon n’avait jamais connu ça
Le mercredi 26 août 2026, entre 50 et 60 caravanes se sont installées sans autorisation à la sortie du bourg, sur un terrain communal sous bail agricole, en direction de Montbert.
Comme à chaque fois, le maire du Bignon, Fabrice Chamard a aussitôt enclenché la mécanique administrative pour obtenir un arrêté d’expulsion auprès de la préfecture : dépôt de plainte, constat d’huissier et lettre de cadrage. Puis il ne reste plus qu’à patienter.
« Maintenant, on attend », résume-t-il sobrement. Une phrase qui, à elle seule, dit beaucoup de l’impuissance ressentie sur le terrain.
Car c’est bien là que le bât blesse
L’édile ne cache pas son désarroi face à une situation qui se répète sans que les communes disposent des moyens d’y répondre efficacement. « Nous sommes démunis. Nous avons beau activer les procédures au plus vite, la loi ne nous est pas favorable et nous rend complètement dépendants des décisions préfectorales. Chaque procédure engendre des coûts. Et dans le meilleur des cas, elles prennent une dizaine de jours et ne sont pas toujours respectées par les voyageurs. »
Un sentiment d’impuissance
À mesure que les installations se succèdent, le sentiment d’impuissance gagne aussi les équipes municipales. Fabrice Chamard tient toutefois à poser un cadre clair à son propos : il ne s’agit pas de juger un mode de vie, chaque installation ayant sa propre réalité.
Ce qu’il pointe, c’est un système à bout de souffle. “Il ne s’agit pas de remettre en cause le mode de vie des gens du voyage, et il y autant de situations que d’installations. Mais le système actuel ne fonctionne pas : les aires d’accueil de Grand Lieu Communauté ne peuvent pas – et n’ont pas à absorber les grands groupes estivaux. Mais les aires de grand passage de Nantes Métropole sont fermées cet été !
Or, on le voit bien, expulser au cas par cas n’est pas une solution : quand un campement quitte une commune, il atterrit sur la commune voisine ! Une gestion et des solutions coordonnées au niveau du Département sont indispensables. Tout comme une évolution du cadre légal.”
Pour le maire du Bignon, la réponse ne peut plus se jouer commune par commune. Il appelle à une gestion coordonnée à l’échelle du Département, doublée d’une évolution du cadre légal, seule façon selon lui de sortir de ce cercle où chaque territoire se retrouve, tour à tour, livré à lui-même.




