Agriculture

Grippe aviaire : le gouvernement ouvre un guichet d’aide économique pour les éleveurs sinistrés

Une nouvelle épizootie touche les éleveurs de volailles.

Grippe aviaire : le gouvernement ouvre un guichet d’aide économique pour les éleveurs sinistrés

Annoncée à l’occasion du Salon international de l’Agriculture, une aide économique est mise en place pour soutenir les éleveurs de volailles frappés par l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) qui sévit depuis l’automne 2025.

Une épizootie dévastatrice

Avant d’entrer dans le détail du dispositif d’aide, il convient de comprendre ce à quoi font face les éleveurs français. Une épizootie — l’équivalent d’une épidémie, mais chez les animaux — d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), communément appelée grippe aviaire, frappe actuellement le territoire national avec une intensité particulière.

La grippe aviaire est une maladie infectieuse causée par des virus influenza de type A, qui circulent naturellement dans les populations d’oiseaux sauvages, notamment les oiseaux migrateurs aquatiques. Lorsqu’elle touche les élevages, les conséquences sont redoutables : le virus, extrêmement contagieux entre volailles, provoque une mortalité massive et foudroyante.

Les autorités sanitaires sont alors contraintes d’ordonner l’abattage préventif de l’ensemble des troupeaux des exploitations touchées, mais aussi d’imposer des zones réglementées (zones de protection et zones de surveillance) autour des foyers, paralysant les mouvements et les mises en place de nouveaux animaux dans un large périmètre.

Cette saison 2025-2026 a été marquée par une pression virale exceptionnellement forte dans l’avifaune sauvage, servant de réservoir au virus. À ce jour, plus de 140 foyers ont été recensés en France, plongeant de nombreuses filières — poulets, canards, dindes, pintades — dans une grave crise économique.

Un soutien financier en deux temps

Face à l’ampleur des dégâts, le gouvernement avait déjà déployé un dispositif d’indemnisation sanitaire, couvrant notamment les pertes liées aux abattages obligatoires. Mais Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, est allée plus loin lors du Salon de l’Agriculture en annonçant l’ouverture prochaine d’un guichet d’indemnisation économique, dont les demandes pourront être déposées d’ici début avril.

Ce second volet vise à compenser les pertes économiques indirectes, c’est-à-dire celles subies par les éleveurs qui, sans nécessairement avoir été touchés par le virus dans leur propre exploitation, se sont retrouvés bloqués dans leurs activités en raison des interdictions imposées dans les zones réglementées. Les vides sanitaires prolongés — ces périodes pendant lesquelles les bâtiments d’élevage doivent rester vides — seront ainsi indemnisés à hauteur de 90 % des pertes constatées.

Qui peut en bénéficier ?

Le dispositif s’adresse aux exploitations remplissant les conditions suivantes :

– Exercer une activité d’élevage de volailles à vocation commerciale ou d’engraissement (les activités de reproduction en sont exclues).
– Être situées dans une zone réglementée (zone de protection ou zone de surveillance) durant la saison épizootique 2025-2026.
– Avoir subi des pertes économiques imputables aux mesures sanitaires.

Les demandes d’avance seront à déposer via un téléservice géré par FranceAgriMer, l’établissement public chargé de la gestion des aides agricoles en France.

Un signal fort envoyé aux éleveurs

En choisissant le Salon international de l’Agriculture pour faire cette annonce, Annie Genevard a voulu envoyer un message clair : le gouvernement ne souhaite pas attendre la fin de l’épizootie pour agir. La mise en place d’un dispositif d’avance avant même que la crise ne soit terminée témoigne d’une volonté de ne pas laisser les éleveurs seuls face aux difficultés de trésorerie qui accompagnent inévitablement ce type de crise sanitaire.

Pour les filières volailles, durement éprouvées ces dernières années par des vagues successives de grippe aviaire, ce soutien est attendu comme une bouée de sauvetage indispensable à leur survie économique.

Pour toute information complémentaire, les éleveurs concernés peuvent contacter le service de presse du ministère de l’Agriculture au 01 49 55 60 11 ou consulter le site [www.agriculture.gouv.fr](http://www.agriculture.gouv.fr).

Visuel de Une : Nikolay Tchaouchev.