
Saint-Nazaire s’apprête à vivre quatre jours entièrement consacrés à son patrimoine.
Du jeudi 17 au dimanche 20 septembre 2026, les Journées européennes du patrimoine à Saint-Nazaire proposent plus de trente rendez-vous gratuits pour la plupart, répartis entre visites commentées, expositions, conférences, ateliers, jeux de piste et balades en bateau. Un programme pensé pour tous les publics, familles comprises, avec plusieurs propositions accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Cette édition 2026 s’inscrit dans le thème national retenu par le ministère de la Culture, celui du patrimoine de la photographie. À Saint-Nazaire, cette thématique prend un relief particulier : la ville dispose d’un fonds iconographique conséquent, tirages anciens, cartes postales et clichés de chantiers navals qui racontent près de deux siècles de transformations urbaines et portuaires.
Un thème 2026 tourné vers l’image
La programmation nazairienne fait la part belle à la photographie sous toutes ses formes. L’exposition Normandie, dans l’œil des photographes des chantiers navals et de Roger Schall, visible tous les jours avec des visites-flash, retrace la construction du paquebot à travers le regard de photographes professionnels de l’époque. Le parcours ludique Roman-photo, un jour en ville permet lui de déambuler dans la cité en suivant une trame narrative construite autour de clichés d’archives.

Samedi 19 septembre, l’atelier Navires : à vous de cadrer ! propose une approche plus pratique de la prise de vue, tandis que dimanche 20 septembre, l’Écomusée consacre une journée entière à La photographie, un patrimoine qui vaut le coup d’œil, avec studio photo, jeux et visites-flash pour petits et grands.
Un écho à la future vocation du Grand Café
Cette focale photographique fait aussi écho à un dossier plus large : le Grand Café, actuel centre d’art contemporain d’intérêt national, fermera ses portes au printemps 2027 avant une réouverture prévue en 2029, entièrement réorienté vers la photographie sous forme de délégation de service public.
Le maire David Samzun avait alors évoqué un futur espace de création et d’exposition destiné à valoriser la diversité des regards et des expressions photographiques, professionnelles ou amateurs.
Les Journées du patrimoine 2026, avec leur thème national consacré à la photographie, offrent ainsi un avant-goût de cette réorientation encore contestée par une partie du monde culturel et de l’opposition municipale.
Le patrimoine industriel et maritime à l’honneur
Ville façonnée par la construction navale, Saint-Nazaire ne pouvait pas faire l’impasse sur son identité portuaire. Le week-end des samedi 19 et dimanche 20 septembre concentre l’essentiel des propositions consacrées à la mer : visites du sémaphore de Chemoulin par la Marine nationale, visite autonome du trois-mâts Belem, ou encore rencontre avec les savoir-faire de la charpente maritime lors de la visite Skol Ar Mor.

L’association Les Vieux Gréements propose sur les deux jours une immersion complète autour de la passion nautique, avec exposition, conférence et surtout des balades en bateau pour hisser les voiles sur l’estuaire. Une autre embarcation classée monument historique, le Va pas trop vite, complète l’offre nautique dimanche avec une sortie organisée par la maison de quartier de Kerlédé.
Des lieux habituellement fermés au public
L’un des attraits traditionnels des Journées du patrimoine reste l’ouverture exceptionnelle de bâtiments peu accessibles au reste de l’année. À Saint-Nazaire, cette édition permet de pousser les portes du palais de justice, qualifié d’édifice citoyen lors d’une visite commentée samedi, du temple maçonnique de la loge de Saint-Nazaire ouvert samedi et dimanche, ou encore de l’école des Beaux-Arts avec deux visites samedi.
La base sous-marine n’est pas en reste, avec la visite Une forteresse dans la ville proposée dimanche. Les Archives municipales, de leur côté, invitent à un jeu de piste dans le centre-ville avec Les Archives font les boutiques, sur les deux jours du week-end.
Le tumulus de Dissignac, témoin d’un patrimoine bien plus ancien que celui du port, se visite dimanche avec le Groupe archéologique de Saint-Nazaire, preuve que l’histoire nazairienne ne se limite pas au vingtième siècle industriel.
Rencontres, mémoire et vie de quartier
Plusieurs rendez-vous misent sur la transmission orale et la mémoire collective. Un siècle de sport à l’Union Méan-Penhoët revient samedi et dimanche sur l’histoire du club sportif du quartier. La classe des années 1950, proposée dimanche par l’association CREA 50, reconstitue une salle de classe d’époque.
Les patrimoines de Mémoire et savoir nazairiens tiennent également plusieurs rencontres sur l’ensemble du week-end, en parallèle d’une conférence sur les moulins en région nazairienne vendredi et samedi.
Jeudi 17 septembre, jour d’ouverture, un concert de veuze donné par la Mission des patrimoines de la ville marque le lancement de l’événement, avant une conférence sur la naissance d’un paquebot et une visite commentée consacrée à l’artiste Madeleine Massonneau, vendredi 18 septembre.
Informations pratiques
L’accès à l’Écomusée est gratuit pendant toute la durée de l’événement. Escal’Atlantic, le sous-marin Espadon et Eol Centre éolien proposent des visites à demi-tarif pour les adultes et gratuites pour les enfants jusqu’à 17 ans. Certaines animations nécessitent une réservation, d’autres sont simplement conseillées : mieux vaut vérifier au cas par cas avant de se déplacer.
Le programme complet, les horaires détaillés et les modalités de réservation sont disponibles sur saint-nazaire-musees.com ou par téléphone au 02 28 540 640.
Visuels : © Jakob Owens/Raj Rana/ Maison de quartier de Kerlédé




