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Nantes 2026 : une liste recomposée, entre absences pesantes et nouveaux équilibres

Soixante-neuf noms, plusieurs familles politiques, et quelques absences qui en disent long. La liste « Gauche unie pour Nantes » portée par Johanna Rolland pour le second tour des municipales du 22 mars a été déposée ce mardi en préfecture. Entre accord technique inédit avec LFI, retrait du PRG et repositionnements internes, cette liste se lit autant en creux qu'en plein.

Nantes 2026 : une liste recomposée, entre absences pesantes et nouveaux équilibres.

La liste « Gauche unie pour Nantes » second tour. Ce mardi 17 mars 2026, les listes étaient déposées en préfecture de Nantes comme le veut la loi. Les candidats avaient jusqu’à 18 h.

Pour la Gauche unie, voici dans l’ordre les candidats :
01 Johanna Rolland, attachée territoriale, Parti socialiste, 02 Olivier Chateau, secrétaire général du PS44, Parti socialiste, 03 Marie Vitoux, urbaniste, Les Écologistes, 04 Simon Citeau, chargé de mission transports, Les Écologistes, 05 Mahaut Bertu, chargée d’enseignement, Parti socialiste, 06 Franckie Trichet, enseignant-chercheur, Société civile, 07 Edith James, secrétaire, Société civile, 08 Elhadi Azzi, référent plan de mobilité entreprise, Génération Écologie, 09 Aïcha Bassal, chargée de mission, Société civile, 10 Robin Salecroix, secrétaire départemental du PCF, PCF, 11 Aziliz Gouez, chercheuse, Territoires 44, 12 William Aucant, urbaniste, LFI, 13 Delphine Bonamy, vidéaste urbaniste, Société civile, 14 Guillaume Bénet, comptable, Les Écologistes, 15 Marlène Collineau, chargée de mission, L’Après, 16 Mathieu Declercq, pharmacien, LFI, 17 Erika Cadersah, militante antiraciste, LFI, 18 Aurélien Boulé Fournier, technicien audiovisuel, UDB, 19 Cécile Bir, sans emploi, Société civile, 20 Romain Boutholeau, professeur des écoles, Parti socialiste, 21 Anaïs Besse-Renard, responsable administrative, LFI, 22 Adam Brassart, fonctionnaire au ministère de l’Agriculture, Les Écologistes, 23 Mahel Coppey, chargée de projet solidarité internationale, Les Écologistes, 24 Ronan Dantec, auteur, Territoires 44, 25 Myriam Naël, dirigeante associative, Parti socialiste, 26 Ibrahim Nidal Mahmoud, agent territorial, LFI, 27 Pauline Langlois, étudiante, Parti socialiste, 28 Aymeric Seassau, fonctionnaire territorial, PCF, 29 Anne-Lise Céran, professeure certifiée, Société civile, 30 Christophe Jouin, brocanteur, Société civile, 31 Mélissa Hélary, juriste acheteuse, PCF, 32 Gildas Salaün, attaché territorial de conservation du patrimoine, Société civile, 33 Radia Essassi, coordinatrice du GIP CDAD44, juriste, Société civile, 34 Thomas Quéro, consultant, Parti socialiste, 35 Cécilia Blumental, directrice de projet à la retraite, PCF, 36 Denis Tallédec, directeur général d’une fédération nationale de lieux culturels, Société civile, 37 Cassandra Chaluleau, freelance en communication digitale, Les Écologistes, 38 Gaspard Florin-Camagna, étudiant, Debout !, 39 Nadine Lucas, salariée des industries électriques et gazières, Parti socialiste, 40 Patrice Boutin, comédien, LFI, 41 Karine Nevers, aide-soignante, Société civile, 42 Mathias Mary, directeur associatif, Société civile, 43 Marie-Astrid Leray, entrepreneuse, LFI, 44 Thibaut Guiné, sans emploi, Parti socialiste, 45 Irina Yahi, lycéenne, LFI, 46 Yannick Glémarec, directeur de recherche, Société civile, 47 Noémie Clautour, chargée de mission, LFI, 48 Geoffroy Verdier, directeur d’une entreprise de l’économie sociale et solidaire, Parti socialiste, 49 Chloé Girardot-Moitié, conseil en stratégie et plaidoyer, Les Écologistes, 50 Corentin Gautrault, gestionnaire applicatifs en transports urbains, Les Écologistes, 51 Laurence Brosseau, chargée de formation, Parti socialiste, 52 Philippe Legrand, professeur du secondaire à la retraite, PCF, 53 Valérie Coussinet-Ndiaye, formatrice indépendante, UDB, 54 Thomas Boutigny, ingénieur, LFI, 55 Séverine Figuls, gérante de restaurant, Parti animaliste, 56 Jamal Ouggourni, conseiller emploi handicap, Société civile, 57 Émilie Bourdon, sans emploi, Parti socialiste, 58 Gaëtan Laot, agent territorial, Les Écologistes, 59 Nadège Boisramé, proviseure adjointe, L’Après, 60 Jérôme Caillé, gérant de salons de coiffure, Société civile, 61 Yseult Arnal, avocate, Société civile, 62 Cyril Roussel, chargé de mission à l’Office français de la biodiversité, Les Écologistes, 63 Jade Aït Ouakli-Dechaume, étudiante, Parti socialiste, 64 Clément Deixonne, étudiant, Parti socialiste, 65 Anouck Juraver, avocate, Parti socialiste, 66 Antonin Rambault, ingénieur, Les Écologistes, 67 Pauline Roy, régisseuse, Société civile, 68 Michel Cocotier, retraité de l’Éducation nationale, Société civile, 69 Marie-Hélène Nivollet, retraitée, Société civile.

C’est une liste qui se lit autant en creux qu’en plein. Dévoilée ce mardi 17 mars, la liste « Gauche unie pour Nantes » portée par Johanna Rolland pour le second tour des municipales est le produit d’un accord technique inédit — et douloureux — entre le Parti socialiste, les Écologistes, La France insoumise, le PCF et plusieurs formations de la société civile. Soixante-neuf noms. Et quelques absences qui parlent plus fort que bien des présences.

Ce que la liste dit par ses absences

Le premier nom que l’on cherche, et que l’on ne trouve pas, c’est celui de Bassem Asseh. L’ancien premier adjoint, figure tutélaire de la sécurité municipale depuis des années, a été écarté des négociations — ou a choisi de s’effacer, selon la version que l’on retient. Sa place de numéro deux est occupée par Olivier Château, secrétaire général du PS 44, repositionnement symbolique qui dit beaucoup sur les rapports de force internes au sein de la majorité socialiste.

Autre absence remarquée : Séverine Papot, candidate du PRG, qui a choisi de respecter la ligne de son parti et de quitter la liste après que le Parti radical de gauche a officiellement rompu avec l’accord technique conclu avec LFI. Gildas Salaün, lui, reste — mais il figure désormais en 32e position sous l’étiquette « société civile », sa mise en retrait du PRG l’ayant, de fait, changé de case.

Une liste à plusieurs vitesses politiques

Ce qui frappe à la lecture de cette liste, c’est sa diversité revendiquée, et ses tensions implicites. On y trouve côte à côte des socialistes de longue date comme Romain Boutholeau ou Nadine Lucas, des écologistes comme Marie Vitoux ou Simon Citeau, des insoumis comme William Aucant, placé en 12e position, seuil symbolique d’une entrée quasi garantie au conseil municipal, Mathieu Declercq, Erika Cadersah, Anaïs Besse-Renard ou Patrice Boutin, des communistes comme Robin Salecroix ou Aymeric Seassau, et une constellation de profils estampillés « société civile » qui constituent le liant apparent.

Ronan Dantec, figure historique de l’écologie politique nantaise et nationale, fait son retour en 24e position sous l’étiquette Territoires 44. Sa présence n’est pas anodine : elle ancre la liste dans une tradition écologiste crédible, au moment où l’accord avec LFI pouvait faire craindre un glissement de curseur.

L’arithmétique du rassemblement

Derrière chaque position sur cette liste, il y a une négociation, un équilibre, une concession. Le PS tient la tête de liste et les premières places. Les Écologistes sont bien représentés dans le premier tiers. LFI obtient des positions éligibles, en contrepartie de son soutien et de l’accord technique qui lui permet de faire entrer ses candidats au conseil municipal sans fusion officielle des listes. Le PCF, lui, occupe des positions intermédiaires, fidèle à une alliance de gauche dont il est l’un des piliers historiques à Nantes.

Ce fragile équilibre est le résultat de semaines de tractations, de renoncements et d’ajustements. Il a coûté un premier adjoint, fragilisé un partenaire radical, et mis en tension des sensibilités qui devront pourtant cohabiter pendant six ans si la liste l’emporte dimanche.

Dimanche, l’heure de vérité

La liste est là. Les équilibres sont posés, pour le meilleur et pour le reste. Il appartient désormais aux 69 candidats de convaincre les Nantaises et les Nantais que cette union, aussi compliquée soit-elle à regarder de l’intérieur, vaut mieux que l’alternative.

Dimanche 22 mars, les urnes diront si le rassemblement, même imparfait, reste la meilleure réponse à une droite nantaise plus déterminée qu’elle ne l’a jamais été.

Visuel : © Alain Moreau.