Nantes

Nantes : la Ville et les acteurs économiques au chevet des commerçants pillés

Après les dégradations et les pillages de samedi soir en marge de la manifestation, Johanna Rolland et les représentants du commerce nantais sont allés dimanche à la rencontre des commerçants touchés du centre-ville.

Au lendemain des dégradations et des pillages survenus samedi soir en marge de la manifestation du 17 octobre, Johanna Rolland est allée dimanche matin à la rencontre des commerçants du centre-ville de Nantes.

La maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole, était accompagnée de Mahaut Bertu, première adjointe, de Gildas Salaün, adjoint en charge des commerces, et de Christophe Jouin, conseiller municipal. Les acteurs économiques nantais avaient fait le déplacement : Chambre de commerce et d’industrie de Nantes Saint-Nazaire, Chambre de métiers et de l’artisanat, Plein Centre, Unacod, GHR Grand Ouest et Umih 44.

Tous ont condamné les violences, en particulier les dégradations et les pillages. Tous ont aussi insisté sur la nécessité de faire front commun.

Priorité au nettoyage

Dans l’immédiat, il faut nettoyer, remettre en état la voirie et les espaces publics, sécuriser les commerces touchés. Dès samedi soir, une fois les conditions de sécurité réunies, 45 agents des équipes techniques de la Ville ont travaillé jusqu’à 3 h du matin. Ils ont repris dimanche à partir de 7 h. Partenaires économiques et collectifs de commerçants accompagnent de leur côté, au cas par cas, ceux qui ont été les plus durement touchés.

« Dès hier soir, j’ai condamné de la manière la plus ferme qui soit, et sans aucune ambiguïté, l’ensemble des actes de violence », déclare Johanna Rolland.

La maire dit avoir demandé au préfet de Loire-Atlantique de recevoir les représentants des commerçants, « afin de comprendre ce qui s’est passé hier ». Elle demande aussi au Gouvernement de se mettre en lien avec les compagnies d’assurance pour faciliter les démarches des commerçants. La Ville étudiera, avec ses partenaires économiques, des possibilités spécifiques de soutien.

Les représentants du commerce en appui

« La liberté de manifester ne doit pas empêcher la liberté de travailler et de circuler », estime Hugues Frioux, vice-président de la CCI Nantes Saint-Nazaire en charge du commerce. Pour lui, alors que certains commerçants traversent déjà une période économique compliquée, « ce n’est sûrement pas le moment de les pénaliser ».

Frédéric Brangeon, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Loire-Atlantique, rappelle que des commerces et des ateliers ont été saccagés. « Derrière chaque vitrine brisée, chaque magasin dégradé, chaque atelier détruit, il y a des femmes et des hommes qui travaillent dur chaque jour pour faire vivre leur entreprise, leur famille et notre économie locale. »

Carine Martin, présidente de Plein Centre, parle d’un choc. « Derrière chaque commerce, il y a des années de travail, parfois une vie entière, aujourd’hui fragilisées. » Elle réclame un accompagnement rapide et concret des institutions et de l’État, notamment pour permettre aux commerces contraints de fermer de recourir au chômage partiel et de préserver les emplois.

Dans le quartier de la Chaussée de la Madeleine, trois commerçants ont subi des dégradations. Florence Frangeul, présidente de l’Unacod, annonce que l’association sera sur le terrain pour leur venir en aide.

Le ton est plus sec chez Matthieu de Montferrand, président du GHR Grand Ouest : « Aucune tolérance, aucune justification à ceux qui se croient permis de détruire l’outil de travail, l’investissement d’une vie, de commerçants qui aiment Nantes, eux. »

Olivier Dardé, président de l’Umih 44, condamne lui aussi les violences et rappelle qu’au-delà des dégâts matériels, certains établissements doivent parfois interrompre leur exploitation. Sa priorité : identifier les difficultés de chacun et accompagner les professionnels dans leurs démarches, notamment auprès des assurances.

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