Loire-Atlantique

Quel avenir pour le terminal de Montoir-de-Bretagne ?

Le sénateur de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet alerte le Premier ministre Sébastien Lecornu sur la situation critique du Terminal du Grand-Ouest de Montoir-de-Bretagne, qui cumule plus de 10 millions d'euros de pertes en cinq ans malgré un potentiel de développement considérable.

Le sénateur de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet a adressé le 12 juin 2026 un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu pour l’alerter sur la situation du Terminal du Grand-Ouest (TGO) de Montoir-de-Bretagne, infrastructure qui gère l’intégralité des escales des navires porte-conteneurs du port de Nantes-Saint-Nazaire.

Une situation de plus en plus inquiétante

Le parlementaire tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il décrit comme une situation « de plus en plus inquiétante ». Le déclencheur immédiat est le désengagement de CMA-CGM, qui a supprimé en janvier 2026 l’escale de la ligne « Antilles », laquelle approvisionnait depuis la métropole les Antilles françaises en produits à date limite de consommation. Ce retrait a entraîné la suppression de 20 emplois à temps plein sur « des postes qualifiés », ainsi qu’une « perte considérable de l’activité du terminal ».

Philippe Grosvalet pointe également les conséquences en cascade sur l’ensemble du territoire régional : la redirection des flux de transport sur les produits frais « entraînant la mise sur les routes d’environ 12 000 à 15 000 camions en direction du port du Havre », un risque à long terme de délocalisation des distributeurs de produits frais hors des territoires de l’Ouest, et une empreinte environnementale alourdie par un tracé maritime plus long, « donc plus consommateur de carburant ».

Quel avenir pour le terminal de Montoir-de-Bretagne ?
Philippe Grosvalet rencontre les conseillers du Premier Ministre en novembre 2025 au sujet du TGO de Montoir de Bretagne.

Ces difficultés conjoncturelles s’ajoutent à une fragilité structurelle préexistante : le TGO cumule « plus de 10 millions d’euros de pertes sur les cinq dernières années », ce qui menace selon le sénateur la pérennité d’une infrastructure « pourtant structurante pour toute la façade Atlantique ».

Pourtant, le courrier ne se limite pas au constat d’échec

Le sénateur Grosvalet rappelle que le terminal de Montoir -de-Bretagne conserve « un potentiel de développement économique considérable ».

Les études du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire montrent que l’hinterland du Grand Ouest est capable de générer plus de 300 000 conteneurs pour le port, alors qu’il n’en traite que 80 000 aujourd’hui. Des projets de lignes maritimes, de développement logistique et de solutions multimodales permettraient de viser « un gisement de 130 000 conteneurs potentiels supplémentaires ».

L’État tiendra-t’il ses engagements financiers ?

Mais pour le sénateur, cet avenir ne se concrétisera qu’à condition que l’État honore ses engagements financiers : « les investissements sur lesquels il s’est engagé pour la modernisation du terminal et sa montée en capacité peinent aujourd’hui à arriver », écrit-il, dénonçant un « brouillard opaque sur le devenir d’une plateforme portuaire déjà trop fragilisée ».

Philippe Grosvalet demande au Premier ministre de préciser « les solutions envisagées par le Gouvernement pour garantir la continuité de l’activité du terminal de Montoir-de-Bretagne », rappelant que la stratégie nationale portuaire adoptée en 2021 avait fixé un objectif clair de « reconquête des parts de marché, de développement du report modal et de renforcement de la souveraineté nationale ».

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